Criterion Collection : pourquoi les Parisiens dépensent 50 euros dans un Blu-ray
On est en 2026. Le prix du cafe a encore augmente. Le métro est a 2,50 euros le ticket. Les soldes de janvier étaient décevants, et tout le monde dans votre entourage a commence l’année avec la même phrase : cette fois je fais vraiment attention. Et pourtant, ce week-end, Theo a dépensé 54 euros chez Gibert Joseph pour une édition Criterion de Le Samouraï qu’il possède déjà en numérique sur deux plateformes différentes.
Theo n’est pas irresponsable. Theo est juste cinéphile. Et a Paris, c’est presque une condition médicale.
C’est quoi exactement la Criterion Collection ?
Pour ceux qui ont une vie sociale normale, la Critérion Collection est un label américain qui réédite des classiques du cinema comme Godard, Kurosawa, Bergman, mais aussi des films contemporains pointus dans des éditions collector ultra-soignées. Image restaurée en 4K, livrets avec des essais critiques, entretiens de réalisateurs, supplémentaires qui durent plus longtemps que certains films. L’emballage est sobre, la tranche est noire, l’ensemble est beau.
A Paris, ces disques sont devenus une forme de signal culturel. On les voit chez les journalistes, les graphistes, les profs de fac, les gens qui commandent du vin nature sans regarder la carte. Pas exhibes, juste la. Sur l’étagère. Comme une évidence.
Dans le contexte actuel, ce hobby n’a aucun sens. Et pourtant.
Il faut être honnête : entre l’inflation qui ne redescend pas vraiment, les charges qui grimpent et les fins de mois qui arrivent plus vite qu’avant, beaucoup de Parisiens ont revu leurs habitudes de consommation. On mange moins souvent au restaurant. On repousse les vacances. On compare avant d’acheter – les applis de cashback n’ont jamais eu autant d’utilisateurs actifs a Paris intra-muros.
Et pourtant, la Criterion Collection résiste. Mieux : elle progresse. Parce qu’elle s’inscrit dans une logique de dépense réfléchie, pas impulsive. On n’achète pas un Criterion par hasard. On le choisit, on l’attend parfois, on compare les prix sur les plateformes – certains passent par des marchés numériques tel que Flepixin pour trouver les meilleures offres avant de commander. Ce n’est pas de la dépense compulsive. C’est presque de l’investissement patrimonial, version cinéphile.
Le physique comme resistance au tout-numerique
Il y a quelque chose de profondément parisien dans cette résistance au tout-numérique. La ville qui garde ses bouquinistes, ses disquaires, ses librairies indépendantes n’allait pas capituler devant le streaming sans broncher. Le Blu-ray Criterion, c’est un peu le vinyle du cinéphile : pas plus pratique, pas moins cher, mais infiniment plus satisfaisant a posséder.
Le streaming decoit aussi, concretement. Les films disparaissent des catalogues. Les sous-titres sont parfois approximatifs. La qualite image varie selon la connexion. L’édition Criterion, elle, est la. Elle ne sera pas retiree pour des questions de droits. Elle ne bufferisera pas au moment du climax du film. Elle vous appartient vraiment.
Une collection, une identité
Soyons francs : une etagere de Criterion, ca dit quelque chose. Pas de facon pretentieuse – enfin, un peu quand meme – mais surtout de facon sincere. Ca dit que vous avez un rapport actif au cinema, que vous cherchez des oeuvres plutot que du contenu, que vous etes le genre de personne qui lit les livrets inclus dans les boitiers. A Paris ou l’identite culturelle est une monnaie sociale a part entiere, c’est loin d’etre anodin.
Et si votre lecteur Blu-ray prend la poussiere depuis 2022 ? C’est un detail. L’essentiel, c’est l’intention.
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