Colorations de supermarché : ce que contiennent vraiment les formules à petit prix

ParisSelect - Colorations de supermarché : ce que contiennent vraiment les formules à petit prix
ParisSelect - Colorations de supermarché : ce que contiennent vraiment les formules à petit prix

Pratiques, économiques et disponibles partout, les colorations capillaires de supermarché séduisent des millions de Françaises. Pourtant, derrière les promesses de reflets éclatants se cachent des substances chimiques puissantes qui soulèvent des interrogations légitimes sur leur innocuité.

En France, près de 64 % des femmes utilisent des colorations capillaires. À l’échelle européenne, plus d’une femme sur deux y a recours, et environ 60 % en font usage régulièrement, selon les estimations de la Commission européenne. Ces produits d’oxydation, les plus courants en grande surface, reposent sur une réaction chimique qui modifie durablement la couleur du cheveu.

Pour fonctionner, ces formules nécessitent l’usage de molécules actives puissantes. Ainsi, c’est précisément la nature de ces composés qui pose question et mérite un examen attentif.

Que contiennent vraiment les colorations de supermarché ?

Derrière les packagings prometteurs, les colorations capillaires reposent sur une combinaison d’ingrédients bien identifiés. La paraphénylènediamine (PPD) constitue un colorant particulièrement efficace, notamment pour les teintes foncées. Le résorcinol sert d’agent de couplage pour fixer la couleur.

L’ammoniaque ou ses dérivés permettent d’ouvrir les écailles du cheveu, tandis que le peroxyde d’hydrogène décolore le pigment naturel. Ces substances ont été évaluées par les autorités sanitaires européennes et font l’objet de restrictions précises.

Selon le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs (CSSC) de la Commission européenne, plusieurs de ces composés sont autorisés uniquement à des concentrations limitées, après évaluation de leur sécurité. Par conséquent, leur présence est encadrée, mais non interdite.

« Les colorations capillaires sont considérées comme sûres dans des conditions d’usage standard, basées sur quelques applications par an, selon le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs. »

Des risques cutanés à court terme bien documentés

Selon l’ANSM, la PPD peut provoquer des réactions cutanées parfois sévères : démangeaisons, œdèmes, voire, dans de rares cas, des réactions généralisées. Un test allergique est recommandé 48 heures avant toute utilisation, mais cette consigne reste le plus souvent négligée.

D’autres effets à court terme sont régulièrement observés. Les irritations du cuir chevelu, les sensations de brûlure et la fragilisation du cheveu témoignent du caractère actif, voire agressif, de ces produits. Heureusement, ces effets restent généralement réversibles.

Coloration et cancers : que disent vraiment les études ?

Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), rattaché à l’OMS, classe l’exposition professionnelle des coiffeurs comme « probablement cancérogène » (groupe 2A). Ce classement concerne des professionnels exposés de façon répétée et prolongée, souvent pendant des années.

Pour le grand public, le tableau est beaucoup plus flou. Les autorités sanitaires s’accordent sur plusieurs constats : les études disponibles donnent des résultats contradictoires, certaines suggèrent un lien possible tandis que d’autres n’en trouvent aucun.

  • Le CIRC considère que les données sont insuffisantes pour conclure à un risque chez les utilisateurs classiques
  • L’ANSES souligne que les études sont trop hétérogènes pour trancher
  • Il demeure difficile d’isoler l’effet des colorations parmi d’autres facteurs de mode de vie
  • Les coiffeurs restent les plus exposés par manipulation quotidienne
  • Les personnes allergiques ou ayant une peau sensible présentent un risque plus élevé de réaction

Chez les femmes enceintes, par principe de précaution, certaines autorités recommandent de limiter l’usage de colorations chimiques. Cela dit, aucun effet spécifique n’a été formellement démontré.

Une réglementation européenne de plus en plus stricte

En Europe, les produits cosmétiques, y compris les colorations capillaires, sont soumis à une réglementation particulièrement encadrée. Le règlement (CE) n°1223/2009 impose une évaluation de sécurité préalable pour chaque ingrédient, des limites de concentration strictes et l’interdiction de certaines substances jugées trop dangereuses.

Les fabricants doivent fournir un dossier complet prouvant la sécurité du produit avant sa mise sur le marché. Selon la Commission européenne, plus de 150 substances utilisées autrefois dans les colorations ont été interdites ou restreintes ces dernières années.

Les alternatives « naturelles » sont-elles vraiment plus sûres ?

Face aux inquiétudes, l’industrie cosmétique a développé des alternatives : colorations « sans ammoniaque », « végétales » ou « naturelles ». Pourtant, attention aux raccourcis trompeurs.

Une formule dite « sans ammoniaque » utilise souvent d’autres agents alcalins, comme la monoéthanolamine, dont les effets ne sont pas nécessairement plus doux. Quant aux colorations végétales à base de henné, elles peuvent constituer une alternative intéressante, mais uniquement si elles sont pures.

En effet, certains produits dits « naturels » contiennent en réalité des additifs chimiques. De plus, certaines habitudes d’usage s’écartent des conditions standard, avec des retouches mensuelles voire plus rapprochées et des temps de pose parfois prolongés.

Rédigé par , le

Aucun commentaire

Publier un commentaire

Participez toujours dans le respect de la loi et des personnes.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Partager sur