Ces 8 additifs alimentaires courants présents dans nos placards font grimper le risque d’hypertension de 29%
Vous lisez les étiquettes, vous faites attention au sel, et pourtant certains additifs présents dans vos aliments du quotidien pourraient agir en silence sur votre tension artérielle. Une étude française récente, publiée dans l’European Heart Journal, pointe des conservateurs courants comme facteurs de risque d’hypertension et de maladies cardiovasculaires.
Des conservateurs présents partout dans notre alimentation
Les aliments ultra-transformés sont souvent décriés pour leur composition. Parmi leurs ingrédients, les conservateurs jouent un rôle précis : empêcher la nourriture de se détériorer. Pourtant, certains d’entre eux seraient associés à des effets négatifs sur la santé cardiovasculaire.
Il faut distinguer deux grandes familles. D’un côté, des conservateurs naturellement présents dans les aliments, comme l’acide ascorbique (vitamine C) ou l’alpha-tocophérol (vitamine E), qui agiraient positivement sur le cœur. De l’autre, des conservateurs non antioxydants, dont les effets semblent bien différents.
Ainsi, ce n’est pas l’ensemble des additifs qui pose problème. La nature du conservateur, et surtout la quantité consommée, semble jouer un rôle clé dans les résultats observés.
Une étude menée sur plus de 112 000 personnes
Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs ont analysé les données de 112 395 individus. Les deux tiers étaient des femmes, avec un âge moyen de 42,8 ans.
Sur une période de huit années d’observation, ils ont identifié 58 conservateurs différents consommés par les participants. Parmi eux, 17 étaient avalés par au moins 10 % du groupe. Les chercheurs ont aussi pris en compte des variables comme l’âge, le sexe, l’IMC ou l’activité physique.
De plus, leur analyse a intégré les habitudes alimentaires globales des participants, afin d’isoler au mieux l’effet propre des conservateurs sur la santé cardiaque.
Les 8 conservateurs associés à un risque accru de tension artérielle élevée
Les résultats sont clairs sur un point : des apports plus élevés en conservateurs non antioxydants sont associés à une incidence plus élevée de maladies cardiovasculaires, de maladies coronariennes et d’hypertension. Les participants qui en consommaient le plus présentaient un risque d’hypertension supérieur de 29 % par rapport à ceux qui en consommaient le moins.
Par ailleurs, leur risque de maladie cardiovasculaire était, quant à lui, supérieur de 16 %. Ces chiffres concernent des conservateurs que l’on retrouve fréquemment sur les étiquettes des produits transformés.
« Cette étude apporte de nouvelles perspectives pour réexaminer l’évaluation de l’innocuité de ces additifs alimentaires, qui devrait prendre en compte le rapport bénéfice/risque entre la conservation des aliments grâce à ces additifs et leur impact potentiel sur la santé cardiovasculaire. »
Les conservateurs identifiés dans cette étude sont au nombre de huit. On retrouve dans cette liste des noms parfois familiers, parfois techniques, mais tous présents dans nos rayons.
- Sorbate de potassium – conservateur très répandu dans les produits laitiers et les boissons
- Acide citrique – utilisé comme acidifiant dans de nombreuses boissons et plats préparés
- Métabisulfite de potassium – présent notamment dans les vins et certains fruits secs
- Nitrite de sodium – utilisé pour la conservation des charcuteries
- Érythorbate de sodium, ascorbate de sodium et acide ascorbique – des formes de vitamine C synthétique utilisées comme antioxydants industriels
- Extrait de romarin – conservateur d’origine naturelle, mais aussi concerné par les résultats
Une étude observationnelle, des limites à connaître
Cette recherche ne prouve pas que ces conservateurs causent directement l’hypertension ou les maladies cardiaques. Elle est uniquement observationnelle et n’établit pas de lien de causalité. D’autres facteurs pourraient en effet expliquer une partie des résultats.
En revanche, la communauté scientifique juge cette étude utile. Elle ouvre une réflexion sur l’évaluation de la sécurité de ces additifs, en tenant compte non seulement de leur rôle de conservation, mais aussi de leur impact potentiel sur la santé.
Ce que ces résultats changent concrètement pour nous
Lire les étiquettes devient, par conséquent, un réflexe de plus en plus précieux. Ces conservateurs sont légaux et présents dans des produits validés par les autorités sanitaires. Pourtant, leur consommation régulière et en grande quantité pourrait peser sur la tension artérielle au fil du temps.
L’enjeu est aussi collectif. Les auteurs de l’étude appellent à revoir l’évaluation des additifs alimentaires en intégrant leur impact cardiovasculaire potentiel, et pas seulement leur efficacité comme conservateurs.
De nombreux aliments du quotidien – plats préparés, charcuteries, boissons industrielles, produits laitiers aromatisés – contiennent plusieurs de ces composés à la fois. Ainsi, la question n’est pas tant un seul produit, mais l’accumulation progressive dans une alimentation ultra-transformée.
En revanche, les conservateurs naturellement présents dans les aliments, comme la vitamine C ou la vitamine E sous leur forme naturelle, semblent avoir un effet différent, voire favorable, sur la santé cardiovasculaire