« On peut s’en servir un an après » : ce repère sur le tube de qui dit si votre crème solaire de l’été dernier est encore sûre

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Vous venez de retrouver un tube de crème solaire au fond de votre sac de plage. Il date de l’été dernier, il est à moitié plein, et vous hésitez à le jeter. Bonne nouvelle : il existe des repères précis pour savoir si votre protection solaire est encore fiable, et un signe sur le tube dit presque tout.

Le pictogramme qui change tout sur votre tube de crème solaire

Sur chaque emballage cosmétique, un petit dessin en forme de pot ouvert indique la Période Après Ouverture, souvent suivie de « 12M » ou « 18M ». La majorité des produits solaires affichent 12M : cela signifie que, une fois entamé, le soin doit être utilisé dans l’année. Passé ce délai, les filtres UV se dégradent et le SPF réel chute.

Ainsi, si vous avez ouvert le tube en juin de l’année passée, la limite théorique tombe en juin 2026. En revanche, la mention « à utiliser de préférence avant » concerne uniquement les tubes jamais ouverts. Tant que cette date de durabilité minimale n’est pas dépassée, un solaire fermé reste en principe utilisable.

De plus, le stockage joue un rôle direct. Un produit gardé dans une voiture surchauffée ou exposé au soleil se dégrade plus vite qu’un tube rangé à l’abri de la chaleur.

Ce que dit l’étude de l’UFC-Que Choisir

Pour tester ces limites, l’UFC-Que Choisir a suivi pendant 14 mois huit références soumises à des alternances de froid, de forte chaleur et d’UV artificiels. Au terme du protocole, six produits sur huit étaient restés stables.

« On peut donc se servir d’une crème qui a l’air normale un an après. Par contre, s’en servir trois étés de suite serait probablement exagéré. » – UFC-Que Choisir

Ces résultats rassurants ont pourtant une limite claire. Les formules contenant de l’octocrylène ne sont pas concernées par cette stabilité rassurante.

L’octocrylène, le filtre qui inquiète les experts

Laurence Coiffard, enseignante chercheuse en formulation cosmétique à l’Université de Nantes, tire la sonnette d’alarme sur ce filtre chimique. Selon elle, l’octocrylène « devient cancérigène quand il se décompose sur le long terme » et « cette altération est complètement invisible – le consommateur n’a aucun indice pour s’en rendre compte ».

Par conséquent, même un tube qui semble visuellement intact peut poser problème si sa formule contient cet ingrédient. Il suffit de consulter la liste INCI au dos du produit pour vérifier sa présence.

De plus, les crèmes solaires bio à filtres minéraux n’ont pas été incluses dans l’étude de l’UFC-Que Choisir. Cela incite à rester particulièrement vigilante avec ces formules, faute de données disponibles sur leur stabilité dans le temps.

  • Vérifier le pictogramme pot ouvert et la durée indiquée (12M ou 18M).
  • Contrôler la date de durabilité minimale pour les tubes non ouverts.
  • Identifier la présence d’octocrylène dans la liste des ingrédients.
  • Observer la texture : toute séparation, grumeau ou déphasage est un signal d’alerte.
  • Sentir le produit : une odeur rance ou suspecte impose de le jeter sans hésiter.

Texture, odeur, couleur : les trois tests à faire chez soi sur sa crème solaire

Une fois les dates passées en revue, il reste à examiner le produit lui-même. L’UFC-Que Choisir recommande de traquer « la présence d’indices de dégradation ». Une protection solaire saine conserve une texture homogène : si de l’huile sort avant la crème ou si des grumeaux apparaissent, le produit est à jeter.

L’odeur est aussi un indicateur fiable. « Si le produit sent le rance ou toute autre odeur suspecte : à la poubelle ! », avertit l’association. Aucune hésitation n’est de mise face à ce signal.

Pour la couleur, un jaunissement ou un brunissement inhabituel, surtout sur les formules blanches, traduit une altération chimique des filtres. Dans ce cas, la protection devient imprévisible.

Pourquoi une protection défaillante est un vrai risque pour la peau

Utiliser un solaire dégradé, c’est exposer sa peau à bien plus d’UVA et d’UVB qu’on ne le croit. Or, l’OMS souligne que les coups de soleil répétés augmentent fortement le risque de mélanome.

Ainsi, le geste le plus protecteur reste de vérifier son tube avant chaque saison, et non de le conserver d’année en année par souci d’économie. Un produit qui a traversé plusieurs étés sans contrôle ne mérite pas d’être appliqué sur la peau.

En revanche, un tube ouvert depuis moins d’un an, correctement stocké, à l’aspect et à l’odeur normaux, et dont la formule ne contient pas d’octocrylène, peut tout à fait être réutilisé cet été en toute sécurité.

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