« J’ai des rides mais elles ne décrivent pas qui je suis » : le manifeste des mannequins seniors qui bouleverse la mode en 2026

ParisSelect - « J'ai des rides mais elles ne décrivent pas qui je suis » : le manifeste des mannequins seniors qui bouleverse la mode en 2026
ParisSelect - « J'ai des rides mais elles ne décrivent pas qui je suis » : le manifeste des mannequins seniors qui bouleverse la mode en 2026

En 2026, les mannequins seniors occupent le devant de la scène mode. Rides assumées, cheveux gris sans retouche : ces femmes de plus de 40 ans incarnent désormais l’élégance sur les podiums et dans les campagnes de luxe. Ce mouvement reflète un vrai changement dans une industrie longtemps obsédée par la jeunesse.

Chanel ouvre le bal avec des visages matures

Le 27 janvier 2026, Stephanie Cavalli, 50 ans, aux cheveux grisonnants, ouvre le défilé haute couture Chanel signé Matthieu Blazy. Cette ex-mannequin italienne avait pourtant arrêté sa carrière à 38 ans, car elle se jugeait trop « vieille ». Quelques semaines plus tard, elle inaugure aussi le prêt-à-porter automne-hiver 2026-2027 lors de la Fashion Week parisienne de mars.

Les réseaux sociaux s’emballent alors pour cette femme aux mèches argentées. Elle devient la nouvelle star des podiums. De plus, une dizaine de mannequins de plus de 40 ans défilent cette saison sous la verrière du Grand Palais pour Chanel.

Selon le rapport Tagwalk, 100 % du top 20 des marques de luxe ont inclus au moins un mannequin plus âgé dans leurs collections cette saison. On en compte neuf chez Bottega Veneta, huit chez Givenchy, cinq chez Gucci. Louis Vuitton, Balenciaga et Saint Laurent en présentent quatre chacun.

« Elles affichent leurs rides, leurs cheveux gris, sans filtre ni retouche. Elles ont été choisies non pas pour le nombre de leurs followers sur Instagram, mais parce qu’elles incarnent une certaine idée de la beauté liée à l’âge. » — Alexandra Van Houtte, fondatrice de Tagwalk

Des célébrités quinquagénaires au premier rang

Les podiums ne sont pas les seuls à célébrer cette beauté mature. Au premier rang, Philippine Leroy-Beaulieu (63 ans) et Kelly Rutherford (57 ans) fascinent la Gen Z depuis plusieurs saisons. Chacune de leurs apparitions agite la toile digitale.

Chez Celine, Michael Rider a invité l’iconique Joan Juliet Buck (77 ans), ex-rédactrice en chef de Vogue Paris de 1994 à 2001. À ses côtés : Tracee Ellis Ross, Sarah Paulson et Naomi Watts. Andie MacDowell (68 ans) brillait avec son chignon gris chez Giorgio Armani.

  • Gillian Anderson (57 ans) défile chez Miu Miu
  • Kate Moss (52 ans) et Cindy Crawford (60 ans) clôturent les shows Gucci
  • Kristen McMenamy (61 ans) bouscule le podium chez Tom Ford
  • Twiggy (76 ans) incarne la campagne printemps-été de Burberry
  • Malgosia Bella (48 ans) représente le parfum Barenia d’Hermès depuis 2024

Paulina Porizkova, porte-voix des mannequins seniors

La top-modèle Paulina Porizkova, 61 ans, incarne ce plaidoyer pour la maturité. Nouvelle ambassadrice Estée Lauder, elle affiche sur Instagram ses ridules et sa chevelure argentée avec fierté. Ses 1,4 million de followers suivent son discours décomplexé sur le vieillissement.

« J’ai des rides, mais elles ne décrivent pas qui je suis. Car ce que je suis n’a pas honte de mes rides », déclare-t-elle face caméra. Son message résonne auprès de nombreuses femmes. Cette prise de parole contribue ainsi à changer le regard sur l’âge dans la mode.

Pour Cyril Brulé, fondateur de l’agence Viva Model et président du Syndicat national des agences de mannequins, cette tendance répond à une logique économique. Les baby-boomers détiennent le pouvoir d’achat le plus élevé. En revanche, les représenter via des jeunes femmes de 20 ans ne fonctionne plus.

Une stratégie portée par la silver économie

La « silver économie », qui regroupe les marchés liés aux plus de 60 ans, atteint des records de croissance. Les marques de luxe adaptent donc leur image. À l’automne dernier, Moncler choisissait Robert De Niro (82 ans) et Al Pacino (86 ans) pour sa collection Warmer Together.

Liline, la grand-mère de Simon Porte Jacquemus, est devenue la première ambassadrice de la marque de son petit-fils. Elle a aussi foulé le tapis rouge du Met Gala. Bad Bunny y a fait sensation dans une version de lui-même octogénaire, sculptée à la main.

Des valeurs qui séduisent à une époque incertaine

Nathalie Cros-Coitton, présidente de l’agence Women Management et de la Fédération française des agents de mannequins, se réjouit de cette évolution. Les femmes de 50 ans et plus sont belles, en forme, et prennent soin d’elles. Elles incarnent des valeurs fortes pour le luxe.

Durabilité, héritage, authenticité, expérience, transmission : ces mots définissent désormais le langage des grandes maisons. Dans une époque dominée par l’intelligence artificielle et les réseaux sociaux, ces valeurs rassurent. Les mannequins seniors portent ce message avec élégance.

Les rides et les cheveux gris ne sont plus des freins à une carrière sur les podiums. Cette saison 2026 confirme un tournant majeur. Les modèles de plus de 40 ans inspirent autant qu’elles vendent. L’industrie de la mode semble enfin célébrer la beauté à tout âge.

Rédigé par , le
Partager sur