Au Grand Palais, Chanel transforme ses escarpins en contes de fees avec des talons sculptes en poule, papillon et œuf d’or
Au Grand Palais de Paris, lors de la fashion week de juillet 2026, Matthieu Blazy a présenté sa deuxième collection haute couture pour Chanel. Les chaussures du défilé ont retenu tous les regards, car elles racontent à elles seules une histoire bien plus grande que la mode.
Des talons comme des sculptures de conte
Chaque paire de chaussures présentée ce soir-là ressemble à une pièce d’artisan plutôt qu’à un accessoire de mode. Matthieu Blazy a joué avec les proportions du célèbre style cap-toe de la maison, une esthétique née en 1957, pour y glisser des détails d’une précision étonnante.
Ainsi, une paire de pumps en cuir croco vert vif et bout rouge présente des talons asymétriques sculptés à la main. D’un côté, un jardin en miniature avec un papillon, un colibri et un petit personnage en bottes et manteau jaune. De l’autre, un second talon tout aussi travaillé. Ces deux talons ne se ressemblent pas : c’est voulu, et c’est là toute la force du geste.
D’autres modèles de slingback cap-toe proposent, eux, un poulet sculpté sur un talon et un oeuf sur l’autre. Certaines paires portent des talons entièrement recouverts de paille beige, ornés de motifs floraux. De plus, la collection présente une grande diversité de pumps en color-block, avec des matières comme l’imprimé animal, les métallisés, la fourrure et le mesh.
La philosophie du détail précieux
« La couture Chanel ne cherche pas le grand « wow ». Elle cherche le détail. Si la couture ressemble à une grande peinture, chez Chanel, c’est plutôt une miniature, quelque chose de précieux que l’on peut aussi mettre dans sa poche. »
Cette déclaration de Matthieu Blazy résume son approche pour la maison. Car il ne s’agit pas d’effets spectaculaires, mais de petits trésors que l’on découvre au fil du regard. En ce sens, les chaussures deviennent le coeur du propos.
Dès sa première apparition pour Chanel, avec la collection prêt-à-porter printemps 2026, Blazy avait déjà commencé à revisiter le cap-toe. Sa deuxième couture va, pourtant, bien plus loin dans l’ornement et la narration visuelle.
Un vieux livre retrouvé dans l’appartement de Coco
Pour comprendre l’origine de cette collection, il faut remonter à un objet concret. Backstage, Matthieu Blazy tenait un vieux livre relié en cuir, rempli de contes classiques. Il l’avait trouvé dans l’appartement parisien de Gabrielle « Coco » Chanel.
Ce livre l’a conduit à une question personnelle : la vie de Gabrielle était-elle elle-même un conte ? Avait-elle, elle aussi, gravi son échelle pour trouver son oeuf d’or ? Des contes comme Jack et le Haricot Magique ou Boucle d’Or et les Trois Ours ont ainsi guidé les choix créatifs de toute la collection.
- Pumps cap-toe à talons sculptés de scènes de jardin avec papillon et colibri
- Slingback cap-toe avec un poulet sculpté d’un côté, un oeuf de l’autre
- Talons entièrement recouverts de paille beige et ornés de fleurs
- Pumps en color-block déclinés en imprimé animal, métallisé, fourrure et mesh
- Minaudières en forme de poulets ou d’ours endormis, également au programme
Par conséquent, les chaussures ne sont pas de simples accessoires. Elles portent une narration complète, du bout pointu jusqu’au talon sculpté. Chaque paire devient ainsi un objet à regarder, à raconter, à collectionner.
Des pièces qui attirent déjà les clientes
La critique Joelle Diderich, qui a signé la revue du défilé pour WWD, pense que ces créations vont faire courir les clientes. Elle pointe notamment les minaudières en forme d’animaux et les chaussures aux talons sculptés comme des oeufs d’or ou des papillons.
En effet, ces objets sortent du registre habituel du luxe sobre. Ils proposent, en revanche, une joie visuelle rare dans la haute couture, souvent plus portée vers la retenue que la fantaisie assumée.
Matthieu Blazy installe sa vision pour la maison
Avec cette deuxième couture, Blazy confirme une direction claire pour Chanel : la grandeur se cache dans les petites choses. Car cette vision n’est pas nouvelle pour lui, mais elle trouve au sein de la maison un terrain particulièrement fertile.
D’abord, il travaille sur l’héritage du cap-toe, une signature que Chanel a lancée en 1957. Ensuite, il en modifie les proportions, puis y ajoute une couche de récit. Le résultat est un vestiaire de couture qui parle à la fois au coeur et aux yeux.
La collection présentée au Grand Palais le 7 juillet 2026 marque donc une étape nette dans la construction de ce chapitre. Blazy ne cherche pas à réécrire l’histoire de la maison, mais à y ajouter une nouvelle page, précieuse et pleine de vie.