« La peau a une mémoire » : ce dermatologue alerte, se protéger du soleil uniquement à la plage est l’erreur qui coûte cher

« La peau a une mémoire » : ce dermatologue alerte, se protéger du soleil uniquement à la plage est l'erreur qui coûte cher
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Un trajet à vélo, un déjeuner en terrasse, une file d’attente en plein soleil : ces moments du quotidien estival semblent anodins. Pourtant, se protéger du soleil dans ces situations précises reste l’un des réflexes les plus négligés par les Français. Un dermatologue tire la sonnette d’alarme sur une habitude très répandue, et ses arguments méritent vraiment attention.

La peau garde tout en mémoire : ce que les UV font sans qu’on le voie

Les rayons ultraviolets ne sont pas tous visibles, et leurs effets ne sont pas tous immédiats. Les UVB causent les coups de soleil, tandis que les UVA pénètrent plus profondément dans la peau, traversent même les vitres, et participent au vieillissement cutané ainsi qu’au risque de cancer de la peau. Ainsi, conduire avec le bras à la fenêtre expose autant qu’une heure allongée sur le sable.

Le dermatologue Miguel Recio, de la Clínica ABDerma, l’a rappelé dans un article publié le 6 juillet 2025 : « La peau a une mémoire et ce que nous faisons en été peut nous coûter cher avec le temps. » Ce constat prend tout son sens quand on sait que 55 % des adultes ont déjà eu au moins une fois dans leur vie un coup de soleil avec ampoules.

Par conséquent, chaque exposition non protégée s’accumule. La chaleur, la sueur, le chlore des piscines, le sel de la mer et les climatiseurs fragilisent en plus la peau, car ils peuvent la dessécher, l’irriter ou altérer son équilibre naturel, comme le souligne le spécialiste.

« Ne pas utiliser de protection solaire reste l’une des erreurs les plus graves. » – Dr Miguel Recio, Clínica ABDerma

L’indice UV, seul vrai repère pour décider de sa protection

Beaucoup pensent que se protéger du soleil dépend du lieu où l’on se trouve. En réalité, selon Santé publique France, le bon repère est l’indice UV, qui mesure l’intensité des rayonnements. En dessous de 3, des vêtements couvrants et l’ombre suffisent généralement pour un adulte en bonne santé.

Dès que l’indice UV atteint 3 à 7, la DGCCRF recommande un SPF 30 minimum, en ville comme à la mer. Au-delà de 8, un SPF 50 s’impose, et l’Afssaps conseille d’éviter autant que possible l’exposition entre 12 h et 16 h. Ce repère s’applique donc à la terrasse d’un café parisien autant qu’à une plage normande.

De plus, aucune crème ne filtre 100 % des UV. L’ombre, le chapeau et les lunettes restent des compléments indispensables pour se protéger du soleil de façon vraiment efficace.

Les gestes concrets pour une protection solaire réelle au quotidien

L’erreur la plus fréquente n’est pas seulement d’oublier la crème : c’est aussi de ne pas la renouveler. Le Dr Miguel Recio insiste sur ce point précis, car ne pas réappliquer la protection reste un problème aussi grave que de ne pas en mettre. La bonne pratique consiste à intégrer un écran solaire à large spectre, UVA et UVB, dès la routine du matin, puis à le remettre toutes les deux heures dès que l’on reste dehors, surtout si l’on transpire ou que l’on se baigne.

L’Académie Espagnole de Dermatologie et Vénéréologie (AEDV) conseille une protection élevée avec un FPS d’au moins 30. En pratique, se protéger du soleil en ville demande donc la même rigueur qu’à la piscine. Une seule application le matin ne suffit pas, surtout si l’on déjeune en terrasse, si l’on fait du sport ou si l’on marche longtemps.

Pour choisir le bon produit, le Dr Recio recommande une routine simple et constante : utiliser un protecteur solaire chaque jour, bien hydrater la peau après l’exposition, boire suffisamment d’eau et privilégier des produits doux, sans alcool ni parfums forts. Ces quelques gestes changent vraiment les choses sur le long terme.

  • Appliquer une couche généreuse sur tout le visage et le corps exposé dès le matin
  • Renouveler la protection toutes les deux heures en extérieur
  • Choisir un produit large spectre (UVA et UVB) avec un FPS minimum de 30
  • Opter pour un SPF 50 si l’indice UV dépasse 8
  • Compléter par le port d’un chapeau, de lunettes et de vêtements couvrants

Les zones du corps qu’on oublie presque toujours

Certaines parties du corps trahissent vite une protection insuffisante. L’Afssaps pointe les oreilles, la nuque, le cou, les tempes et le dos des mains comme des zones souvent négligées. Le décolleté mérite aussi une attention particulière, car sa peau est fine et peu riche en glandes sébacées.

Les lèvres, elles aussi, souffrent rapidement : elles sont fragiles et se déshydratent vite. Un baume avec filtre solaire leur offre donc une vraie protection. Ainsi, se protéger du soleil ne se limite pas à étaler de la crème sur les bras et le nez.

Des vêtements anti-UV portant un indice UPF conforme à la norme EN 13758-2 apportent par ailleurs un complément utile, surtout pour les personnes exposées longtemps en extérieur.

Pourquoi la ville expose autant que la plage, et comment changer ses réflexes

Le réflexe « pas de plage, pas de crème » est précisément ce que le Dr Recio cherche à corriger. Car les expositions les plus courantes et les plus oubliées se produisent dans des contextes banals : un footing de fin de journée, un trajet à vélo, une file d’attente en plein soleil. Ces moments suffisent pourtant à activer les rayons UV sur la peau.

L’Académie Espagnole de Dermatologie et Vénéréologie rappelle d’ailleurs que la peau cumule, en été, chaleur, frottements de vêtements, piqûres d’insectes et rayonnements ultraviolets. Se contenter de se protéger du soleil uniquement lors des vacances à la mer expose donc la peau à des dommages réguliers et invisibles tout au long de la saison.

En ville, sous un ciel voilé, les UV restent actifs. Les rayons UVB provoquent des brûlures même sans sensation de chaleur forte. Aussi, adapter sa protection à l’indice UV du jour, quel que soit l’endroit où l’on se trouve, constitue le geste le plus simple pour prendre vraiment soin de sa peau au quotidien.

Adopter l’habitude de se protéger du soleil chaque matin, en ville comme ailleurs, revient à faire un choix pour sa santé cutanée aujourd’hui et pour les années à venir. La peau accumule chaque exposition, protégée ou non, et ce capital mérite d’être préservé avec constance, pas seulement pendant les vacances.

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