IBASHO à Anvers ouvre une exposition qui redéfinit l’entre-deux en 3 séries

IBASHO à Anvers ouvre une exposition qui redéfinit l'entre-deux en 3 séries
© 荻野NAO之 / Naoyuki OGINO
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La galerie IBASHO, à Anvers, présente du 6 septembre au 25 octobre 2026 une exposition qui touche à quelque chose de rare : l’espace qui n’appartient ni à l’un ni à l’autre. HAZAMA, second solo du photographe japonais Naoyuki Ogino, vous entraîne dans trois séries où lumière, céramique et corps se rencontrent sans jamais tout à fait se rejoindre.

HAZAMA : ce que l’«entre-deux» signifie vraiment pour Ogino

En japonais, hazama désigne le seuil — non pas les choses elles-mêmes, mais l’endroit exact où elles se frôlent. Pour Naoyuki Ogino, né à Tokyo en 1975 et élevé entre le Japon et le Mexique, cette notion structure son travail depuis des années. Sa trajectoire est atypique : études de physique à l’université de Nagoya, carrière dans la publicité, puis saut vers la photographie à plein temps en 2006, année où il reçoit le Grand Prix de l’Union des photographes japonais.

Ce bagage scientifique se lit dans son rapport à la lumière et à la matière. Ainsi, IBASHO ne présente pas une simple rétrospective : l’exposition construit un territoire mental où chaque série répond aux deux autres.

Le résultat est une invitation à habiter l’incertitude plutôt qu’à la résoudre. Pour vous, lecteur parisien amateur d’art japonais contemporain, le déplacement jusqu’à Anvers prend ici tout son sens.

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La pénombre comme paysage : Penumbras Everywhere

La première série naît d’une observation faite lors de la Biennale de Venise 2024. Ogino y photographie les ombres portées par les œuvres et les visiteurs — ces zones de pénombre qui ne sont ni lumière ni ombre franche, mais la superposition des deux. Ces images abstraites évoquent une Terre des hommes en mutation, métaphore d’un monde multipolaire où cultures et identités s’entrecroisent.

Les tirages qui en résultent ressemblent à des paysages extraterrestres, flottants et instables. De plus, leur dimension méditative invite à ralentir le regard plutôt qu’à chercher un sujet identifiable.

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Interwork GOJO : quand le photographe fait de la céramique

La seconde série est sans doute la plus surprenante de l’exposition IBASHO. Pour Interwork GOJO, créé à Kyoto plus tôt en 2026, Ogino s’est associé à trois céramistes — Hiroaki Kiyomizu, Shinya Taniguchi et Akira Matsuda. Le principe : chacun investit la discipline de l’autre. Ogino façonne des pièces en céramique avec les argiles et glaçures de chaque artiste ; en retour, les céramistes procèdent à la cuisson selon ses intentions.

Par conséquent, la question de l’auteur devient floue, et c’est précisément là que réside l’intérêt. Les œuvres révèlent ce qui se crée dans l’espace entre deux pratiques, deux mains, deux gestes.

Ce dialogue inédit entre photographie et céramique traditionnelle japonaise dépasse le simple exercice de style. Il pose une question plus profonde : une œuvre peut-elle appartenir à personne, et à tout le monde à la fois ?

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Skin et Womb : le corps comme premier paysage

La troisième série, Skin, s’appuie sur des tirages au sel — une technique ancienne qui confère aux surfaces une texture presque tactile. Ogino y photographie le corps féminin de manière anonyme, transformant les formes en paysages intimes. La peau devient ainsi le premier territoire du sens : celui par lequel on ressent, on reconnaît, on se souvient.

Quelques petits tirages de la série Womb complètent l’ensemble. Ils prolongent cette exploration du corps féminin comme espace mythique, à mi-chemin entre le personnel et l’universel.

Dans l’espace de la galerie IBASHO, ces trois séries se répondent avec une cohérence qui rend la visite difficile à résumer mais facile à ressentir.

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Shashin Zadan-ten : l’exposition qui se prolonge autour du thé

Au-delà des œuvres accrochées, IBASHO propose deux moments forts pour vous impliquer davantage. Le vernissage, le dimanche 6 septembre de 14h à 18h, marque l’ouverture en présence de l’artiste. C’est l’occasion idéale pour saisir les intentions d’Ogino avant que le public ne s’approprie l’exposition.

Le 25 octobre, jour du finissage, Ogino animera le Shashin Zadan-ten — littéralement « Photo-Discussion-Exposition » —, un rassemblement intime qu’il a initié en 2013. Un petit groupe de participants s’installe au cœur de l’espace d’exposition. Assis parmi les œuvres, ils partagent du sencha, thé vert japonais préparé par un maître certifié, et échangent librement.

Ce format rare transforme la contemplation en conversation. Pour vous inscrire, il faut écrire à [email protected] : les places sont limitées et l’expérience vaut le voyage.

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Pourquoi faire le trajet depuis Paris

Anvers est à moins de 2h30 de Paris en Thalys. La galerie IBASHO, rue Tolstraat, est l’une des rares adresses européennes spécialisées dans la photographie japonaise contemporaine. En revanche, les expositions à ce niveau de cohérence formelle et conceptuelle restent rares, même dans les capitales.

Ogino a exposé au festival de Pingyao en Chine, à Tashkentale en Ouzbékistan et à Taiwan Photo. Sa présence à Anvers s’inscrit dans un parcours international solide, loin des circuits habituels. Ainsi, HAZAMA offre un point de vue que vous ne trouverez pas ailleurs en Europe cet automne.

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Infos pratiques

Naoyuki Ogino — HAZAMA
Du 6 septembre au 25 octobre 2026
IBASHO Gallery, Tolstraat 67, Anvers
Ouverture : jeudi au dimanche, 14h–18h, ou sur rendez-vous
Vernissage : dimanche 6 septembre, 14h–18h
Finissage avec l’artiste : dimanche 25 octobre, 14h–18h

Inscription au Shashin Zadan-ten (25 octobre) : [email protected]

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