Guadagnino couronné à Venise par la panthère de Cartier

Guadagnino couronné à Venise par la panthère de Cartier
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Une tête de panthère sculptée dans les ateliers parisiens de Cartier, remise à l’un des cinéastes les plus discutés du moment : c’est l’image qui résume la soirée vénitienne où Luca Guadagnino a reçu le Cartier Glory to the Filmmaker Award, en marge de la Biennale Cinéma 2026. Derrière ce geste, deux mondes que tout semble a priori séparer trouvent un point de convergence rare.

Un trophée qui parle avant même d’être décerné

Le prix ne ressemble pas aux statuettes standardisées qui circulent de festival en festival. Le trophée prend la forme d’une tête de panthère, fabriquée dans les ateliers parisiens de la maison. Ce choix formel n’est pas anodin : la panthère est l’une des figures les plus travaillées dans le répertoire de Cartier, et lui confier ce rôle d’objet cérémoniel dit quelque chose sur la façon dont la maison entend peser dans cet espace culturel.

Le prix lui-même est décerné conjointement par Cartier et le Festival international du film de Venise. Cette coorganisation place la joaillerie au même niveau d’autorité que l’institution cinématographique, ce qui constitue une position assez singulière dans le paysage des partenariats culturels. Il ne s’agit pas d’un simple sponsoring, mais d’une co-décision sur le choix du lauréat.

Guadagnino primé pour une contribution jugée originale

Le Cartier Glory to the Filmmaker Award récompense une contribution jugée particulièrement originale au cinéma contemporain. C’est sous cet angle que Luca Guadagnino a été distingué lors de cette édition Venezia 83. La formulation retenue par les organisateurs insiste sur l’originalité plutôt que sur la carrière globale, ce qui oriente la lecture du prix vers une œuvre ou une démarche spécifique plutôt que vers un palmarès cumulatif.

Venise comme terrain d’un dialogue entre joaillerie et cinéma d’auteur

La Biennale Cinéma 2026 offre à Cartier un cadre où la notion de création prime sur celle de commercialisation. Pour une maison qui revendique, dans son positionnement, une culture du design et une curiosité créative, s’associer à un festival de cette envergure est cohérent avec ce qu’elle affirme être. Le choix de Venise, plutôt que d’une autre scène internationale, situe aussi l’événement dans une tradition du cinéma d’auteur européen.

Ce qui frappe, dans la mécanique de ce prix, c’est la matérialité du geste. Là où d’autres récompenses se résument à un certificat ou à une distinction honorifique, Cartier engage ses propres ateliers dans la fabrication du trophée. Le travail de la matière, la panthère façonnée à Paris, transportée jusqu’au Lido, remise à un cinéaste italien qui documente un autre cinéaste italien : il y a dans cette chaîne quelque chose qui dépasse le simple partenariat de prestige.

Ce que ce prix révèle de la maison

Cartier affiche, dans ses engagements publics, un soutien à la création culturelle et artistique. Le Glory to the Filmmaker Award en est une traduction concrète, observable et datée. La maison ne se contente pas d’apposer son nom sur un événement : elle produit l’objet central de la cérémonie, celui que le lauréat emportera. Ce degré d’implication dans la fabrication distingue ce partenariat de la plupart des associations entre luxe et culture.

Pour Guadagnino, le prix arrive au moment où il présente un travail tourné vers la transmission et le regard porté sur un aîné. Ce double mouvement, recevoir une distinction tout en célébrant une figure tutélaire, donne à la soirée vénitienne une densité que le trophée en forme de panthère, à lui seul, ne suffit pas à résumer.

Source : la publication de Cartier sur Instagram

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