Nigo réinvente les motifs géométriques de Kenzo en pièces du quotidien
Rayures denses, imprimés géométriques, denim travaillé : la nouvelle collection Kenzo posée par Nigo dit d’emblée ce qu’elle est, sans détour. Ce qui mérite attention, c’est la façon dont ces choix de matières et de motifs dessinent un fil direct entre le fondateur de la maison et celui qui en tient aujourd’hui les rênes créatives.
Un hommage qui se porte, pas qui se contemple
La collection s’articule autour d’une déclaration claire : rendre hommage à l’amour de Kenzo Takada pour les motifs géométriques. Ce n’est pas un exercice d’archive. Les rayures, les imprimés et le denim constituent ici les matières et motifs centraux de la saison, choisis précisément parce qu’ils s’intègrent au quotidien. La géométrie n’est pas traitée comme un patrimoine à mettre sous verre, mais comme un vocabulaire vivant, traduit dans des pièces que l’on porte.
Ce positionnement dit quelque chose sur la lecture que Nigo fait de l’héritage de la maison. Depuis son arrivée à la direction artistique de Kenzo en septembre 2021, il a constamment cherché à ancrer sa proposition dans le vêtement porté plutôt que dans le spectacle. Cette collection prolonge cette orientation : les pièces phares comprennent des vêtements d’extérieur, des accessoires et des essentiels du quotidien. Rien dans cette liste n’est gratuit ni purement démonstratif.
Rayures, imprimés, denim : trois matières pour une cohérence
Choisir les rayures comme axe central d’une saison, c’est accepter une contrainte formelle forte. La rayure est une géométrie par définition, répétée, cadencée, qui exige de la précision dans la coupe pour ne pas déformer. Chez Kenzo, ce choix renvoie directement aux motifs dont Kenzo Takada avait fait une marque de fabrique dès les premières années de la maison, fondée à Paris en 1970.
Le denim, lui, ancre la proposition dans une logique différente. C’est une matière de quotidien, associée à la durée et à l’usage réel. Le faire coexister avec des imprimés géométriques, c’est affirmer que la recherche formelle n’appartient pas qu’aux pièces d’apparat. Ainsi, la collection évite le piège d’un hommage purement nostalgique : les motifs géométriques s’appliquent à des vêtements que l’on sort, que l’on use, que l’on lave.
Les imprimés complètent ce triptyque en introduisant une dimension plus libre, moins régulière que la rayure stricte. Ensemble, ces trois registres créent une cohérence sans monotonie. C’est précisément cette mixité qui constitue l’une des continuités les plus nettes entre le geste de Takada et celui de Nigo : chez Kenzo, la polychromie et la superposition de motifs ne sont pas un accident, mais une méthode.
Ce que la continuité créative révèle
La notion de continuité entre un fondateur et un directeur artistique est souvent invoquée, rarement concrète. Ici, elle prend une forme précise. Nigo ne réplique pas le style de Kenzo Takada : il choisit un élément structurant de son répertoire, la géométrie, et le déplace vers des silhouettes et des matières qui correspondent à sa propre lecture du vêtement contemporain.
La maison, qui revendique depuis cinquante ans une mode sans frontière, polychrome et ancrée dans une créativité exubérante, trouve dans cette collection une traduction cohérente de ses propres ambitions. Les vêtements d’extérieur, les accessoires et les essentiels du quotidien forment un vestiaire complet, pas une sélection de pièces éparses. C’est un programme, pas une humeur de saison.
La collection est disponible dès maintenant en boutiques et sur Kenzo.com. Pour qui suit la maison depuis l’arrivée de Nigo, cette saison confirme une direction : faire de la rigueur géométrique quelque chose que l’on a envie de porter tous les jours.
Source : la publication de Kenzo sur Instagram