« Enlevez votre pince à cheveux » : ce réflexe en voiture qui peut sauver une vie

« Enlevez votre pince à cheveux » : ce réflexe en voiture qui peut sauver une vie
« Enlevez votre pince à cheveux » : ce réflexe en voiture qui peut sauver une vie
Suivre Paris Select Book sur Nous suivre

Une entaille de 30 centimètres courant du sourcil jusqu’à la nuque : c’est la blessure que Jeena Panesar, étudiante britannique, a rapportée d’un accident de voiture en 2023. En cause, un accessoire que des millions de conductrices portent chaque jour sans y penser. Ce drame remet en lumière un risque concret, relancé en 2026 par une vidéo virale d’une créatrice de contenu espagnole.

Ce que l’accident de Jeena Panesar révèle sur la pince à cheveux au volant

En 2023, Jeena Panesar quitte son travail par une nuit de brouillard dense au Royaume-Uni. Son pneu s’enfonce dans ce qu’elle croit être un nid-de-poule, mais la police établira ensuite qu’il s’agissait d’un fossé. La voiture dérape, percute un arbre, se retourne et glisse sur 50 mètres avant de s’immobiliser. La jeune femme est éjectée par une vitre brisée.

Les médecins du Queen’s Medical Centre de Nottingham constatent alors une plaie impressionnante : 30 centimètres de long, du sourcil gauche jusqu’à la nuque. L’accessoire qu’elle portait ce jour-là a agi comme un corps étranger tranchant lors du choc. Depuis sa convalescence, Jeena Panesar alerte publiquement les autres conducteurs : elle demande à chacun de retirer sa pince avant de prendre le volant, car elle estime avoir eu beaucoup de chance et ne veut pas que d’autres courent ce risque.

Ce témoignage n’est pas un cas isolé dans les discussions médicales. Des urgentistes et chirurgiens, dont le Dr Gérald Kierzek et le chirurgien Alexandre Mensier en France, ainsi que des spécialistes étrangers relayés sur les réseaux sociaux, déconseillent fortement tout accessoire volumineux placé à l’arrière du crâne, surtout au volant.

Pourquoi l’appuie-tête ne supporte pas de compromis

Pour comprendre le danger, il faut d’abord saisir le rôle réel de l’appuie-tête. Ce dispositif n’est pas conçu pour le confort : il s’agit d’un équipement de sécurité passive, dont la mission est de retenir la tête lors d’une collision afin de protéger les vertèbres cervicales et la moelle épinière.

En Espagne, environ 20 000 personnes souffrent chaque année d’un coup du lapin, et près de 70 % des occupants ont leur appuie-tête mal réglé. Ces chiffres montrent que la plupart des conducteurs sous-estiment déjà cet équipement. Or, lors d’une collision arrière, la tête part brutalement vers l’arrière. Si un accessoire rigide se trouve coincé entre le crâne et l’appuie-tête, il se comporte comme un objet tranchant, provoquant une plaie large et très hémorragique qui nécessite souvent un rasage de la nuque puis une chirurgie lourde.

Percer un trou dans l’appuie-tête, comme le propose la vidéo virale, réduirait la surface de contact avec le crâne et créerait un bord plus dur. Les experts en sécurité routière s’inquiètent précisément de cette conséquence.

La vidéo d’Helena et le débat qu’elle a déclenché

Helena, créatrice de contenu espagnole connue sous le pseudo « Mami de Tres », a mis le sujet sur le devant de la scène avec une vidéo relayée par le média espagnol El País. Elle y montre l’inconfort que provoque une pince crabe rigide lorsqu’on tente de poser la nuque contre l’appuie-tête. Sa solution proposée : intégrer une petite ouverture dans le repose-tête, fonctionnant comme le couvercle qui masque le miroir sur certains pare-soleil, pour y loger chignons et pinces sans renoncer au confort.

De nombreuses abonnées se sont reconnues dans cette situation. Pourtant, les commentaires les plus partagés ont rapidement déplacé le débat du confort vers la sécurité. Une internaute a résumé la crainte collective en avertissant Helena qu’une pince peut s’incruster dans la tête lors d’un accident et laisser des séquelles graves. C’est précisément ce mécanisme que les médecins urgentistes décrivent : la pince crabe, coincée entre le crâne et l’appuie-tête, se transforme en projectile interne au moment du choc.

Ce que médecins et secouristes recommandent concrètement

Face à ce risque, la réponse des professionnels de santé et des secours est unanime et simple. Voici les points clés qu’ils mettent en avant :

  • Retirer la pince à cheveux avant de s’installer au volant, sans exception.
  • La remplacer par un simple élastique souple, qui ne présente pas de partie rigide susceptible de blesser.
  • Vérifier que l’appuie-tête est bien réglé à la bonne hauteur, car près de 70 % des conducteurs l’ont mal positionné.
  • Conserver l’appuie-tête intact, sans modification, pour préserver sa surface de contact maximale avec le crâne.
  • Ranger la pince dans le sac avant de boucler la ceinture, un réflexe qui commence à peine à entrer dans les habitudes des automobilistes.

Ce réflexe paraît anodin, mais il change radicalement le scénario en cas de collision. Un appuie-tête plein et bien réglé remplit sa fonction de protection. Dès qu’un objet rigide s’interpose, cette protection disparaît et le risque de blessure grave augmente fortement. La solution n’est donc pas de repenser la conception des sièges, mais d’adopter un geste simple avant chaque départ.

Rédigé par , le
Partager sur
Suivre Paris Select Book sur Nous suivre