McCollough et Hernandez bâtissent une garde-robe Loewe entre deux mondes

ParisSelectBook - McCollough et Hernandez bâtissent une garde-robe Loewe entre deux mondes
ParisSelectBook - McCollough et Hernandez bâtissent une garde-robe Loewe entre deux mondes
Suivre Paris Select Book sur Nous suivre

Quand deux créateurs décident de fouiller leur propre mémoire pour habiller les autres, le résultat dépasse le simple exercice de style. C’est exactement le pari que Jack McCollough et Lazaro Hernandez relèvent avec cette nouvelle collection Loewe, construite autour d’une question simple : comment composer un vestiaire cohérent, personnel, habitable ?

Une garde-robe comme point de départ

La collection ne se présente pas comme un défilé de silhouettes isolées. Elle s’envisage d’abord comme une proposition de dressing, une réflexion sur la façon d’assembler des pièces qui tiennent ensemble dans la durée. Ce glissement de perspective change profondément la lecture du travail : il ne s’agit plus d’admirer une pièce en particulier, mais de comprendre comment elle s’articule avec les autres.

Ce cadre implique une proximité assumée avec le quotidien. McCollough et Hernandez revendiquent une démarche ancrée dans le vêtement tel qu’on le porte vraiment, dans la sensibilité personnelle, jusqu’à l’autobiographie. C’est un geste rare dans un secteur où la collection sert souvent de vitrine avant de servir de garde-robe.

McCollough et Hernandez bâtissent une garde-robe Loewe entre deux mondes

Nouvelle-Angleterre contre Andalousie : la tension comme moteur

Au cœur de cette collection, deux géographies s’affrontent et se complètent. D’un côté, la Nouvelle-Angleterre côtière, avec ce qu’elle évoque de rigueur, de couleurs franches et d’économie de moyens. De l’autre, l’Andalousie ensoleillée, qui apporte le geste ample, la chaleur, le goût du drama.

Ce dialogue entre références américaines et espagnoles n’est pas une simple affaire de décor. Il structure l’esthétique même de la collection, en opposant des aplats de couleurs hérités du modernisme à des gestes proprement baroques. La tension entre pragmatisme et exubérance ne se résout pas : elle s’assume, et c’est précisément là que réside l’intérêt.

Pour Loewe, cette double appartenance culturelle fait aussi écho à une histoire de maison fondée à Madrid en 1846, depuis laquelle la maison n’a cessé de conjuguer tradition et regard contemporain. L’Espagne n’est donc pas ici un prétexte décoratif : elle est une résonance profonde.

McCollough et Hernandez bâtissent une garde-robe Loewe entre deux mondes

Modernisme et baroque : deux langages, un même vestiaire

Ce que la collection rend visible, c’est la capacité de Loewe à tenir ensemble des esthétiques que tout oppose en apparence. Les aplats de couleurs modernistes supposent une discipline du tracé, une forme de retenue. Le baroque espagnol, lui, déborde, dramatise, occupe l’espace.

Pourtant, dans le langage que construisent McCollough et Hernandez, ces deux registres coexistent sans se neutraliser. L’un donne la structure, l’autre donne le souffle. C’est cette cohabitation qui définit la proposition de Loewe : ni austérité absolue, ni excès gratuit.

On retrouve dans cette démarche quelque chose de cohérent avec ce que la maison porte depuis près de deux siècles : l’idée que l’artisanat et l’art ne sont pas séparables. Chez Loewe, le travail de la matière a toujours été indissociable d’une ambition créative plus large, nourrie par des références qui vont des maîtres du mouvement Arts & Crafts au Royaume-Uni aux univers les plus inattendus de la culture contemporaine.

L’autobiographie comme outil de création

Ce qui distingue peut-être le plus cette collection, c’est la place accordée à l’histoire personnelle des deux directeurs créatifs. Puiser dans sa propre biographie pour alimenter un vestiaire destiné à d’autres, c’est un choix éditorial qui engage. Cela suppose que l’intime puisse devenir universel, ou du moins partageable.

McCollough et Hernandez bâtissent une garde-robe Loewe entre deux mondes

La Nouvelle-Angleterre et l’Andalousie ne sont pas seulement deux territoires esthétiques : ce sont deux façons d’être au monde, deux mémoires que McCollough et Hernandez mettent en jeu dans chaque pièce. Le résultat n’est pas nostalgique pour autant. Ce vestiaire regarde vers l’avant, avec la conviction que le vêtement le plus juste est celui qui dit quelque chose de vrai sur celui qui l’a conçu, avant même de parler de celui qui le portera. C’est précisément ce pari, assumé sans détour, qui donne à cette collection Loewe sa force propre.

Source : la publication de Loewe sur Instagram

Rédigé par , le
Partager sur
Suivre Paris Select Book sur Nous suivre