Björk en archive Mugler 1997 pour clore un défilé hors norme
Quand Mugler confie l’âme sonore et visuelle d’un défilé à Björk, le résultat déborde largement du cadre d’une simple saison de mode. La collection Naturalia X, printemps-été 2027, signée Miguel Castro Freitas, place la chanteuse islandaise au cœur d’une expérience qui se prolonge bien au-delà du podium.
Une ouverture et une clôture confiées à une seule voix
Le défilé commence par elle, et c’est encore elle qui le referme. La voix de Björk, associée à ses visuels, structure le show comme un cycle, une référence directe à la nature répétitive et continue de l’existence. Ce choix dramaturgique n’est pas anecdotique : il dit quelque chose sur la façon dont Miguel Castro Freitas a conçu cette collection, moins comme une succession de looks que comme un récit à part entière.
La musique qui accompagne le défilé est une composition originale de Teho Teardo, intitulée A Different Nature, sur laquelle la voix de Björk vient se poser. Parallèlement, les installations vidéo ont été confiées au Casper Sejersen Studio, qui a aussi revisité deux clips existants de l’artiste, Possibly Maybe et Venus As a Boy, dans des versions remixées créées spécifiquement pour l’occasion. Le stylisme, quant à lui, est assuré par Eddagud.

Ce dispositif à plusieurs niveaux, son, image, scénographie, place Björk dans une position bien différente de celle d’un visage de campagne. Elle co-signe l’atmosphère du show autant que le créateur en signe les vêtements.
La thématique Naturalia X : tension entre instinct et technologie
La collection explore une ligne de friction entre la nature et la technologie, et ce que les instincts animaux ont encore à dire dans un monde saturé d’artifice. Cette tension traverse les choix formels de Mugler pour cette saison, et l’association avec Björk, dont le travail artistique a toujours navigué entre l’organique et le synthétique, n’est pas fortuite.
Le titre même, Naturalia X, porte cette ambivalence : un mot latin ancré dans le vivant, accolé à un signe qui renvoie à l’inconnu ou au croisement. C’est dans cet espace entre deux logiques que la collection trouve son territoire.
Sur scène en Pologne, Björk porte une archive de 1997
La collaboration ne s’arrête pas au défilé. Lors d’une performance donnée en Pologne, Björk a porté plusieurs pièces issues directement de la collection. Son look associait un top seconde peau à imprimé papillon violet et une jupe taille haute en cuir noir corsetée, deux silhouettes qui condensent la tension animale et structurée propre à Naturalia X.

Ce qui frappe dans cet ensemble, c’est le troisième élément : une coiffe à franges et plumes issue de la collection Haute Couture Les Insectes, printemps-été 1997 de Mugler. Une pièce d’archive qui remonte à près de trente ans et que Björk porte sur scène, en pleine performance. L’archive ne sert pas de citation nostalgique. Elle dialogue avec les pièces contemporaines du défilé, comme si les insectes de 1997 avaient toujours anticipé la nature X de 2027.
Ce glissement entre les époques, rendu possible par le port effectif des vêtements dans un contexte de concert, transforme la collaboration en quelque chose de plus rare : une continuité vivante entre deux moments de la maison, portée par une artiste qui en fait elle-même le lien.
Une collaboration qui redéfinit le périmètre d’un défilé
Ce que la saison printemps-été 2027 de Mugler met en place avec Björk, c’est un modèle où le défilé n’est plus le seul espace de diffusion d’une collection. La musique originale, les vidéos remixées, la performance en Pologne, tout cela construit une expérience sensorielle qui se déploie sur plusieurs scènes à la fois, littéralement et symboliquement.
Pour Miguel Castro Freitas, cette approche semble cohérente avec une vision du vêtement comme objet vivant, fait pour être porté dans des contextes forts. Björk, en portant Naturalia X sur scène et une archive de la maison datant de 1997 sur la tête, n’illustre pas une collection. Elle l’active.
Source : la publication de Mugler sur Instagram