Nigo ressort la signature manuscrite de Kenzo pour en faire un motif

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Une écriture manuscrite glissée sur un tissu, tracée une première fois dans les années 1970 sur un carton d’invitation, et qui revient aujourd’hui comme motif à part entière : c’est par ce geste que Nigo signe sa nouvelle collection pour Kenzo. Derrière ce choix, une intention précise, celle de faire de l’archive la plus intime de la maison un matériau de création à part entière.

L’écriture comme point de départ

Tout commence avec une signature. Celle de Kenzo Takada, fondateur de la maison, telle qu’elle apparaissait sur les cartons d’invitation originaux qu’il envoyait à ses invités dans les années 1970. Ce n’est pas une typographie reconstituée, ni une interprétation libre : Nigo est retourné directement aux documents d’époque, à ces petits objets de papier qui précédaient les défilés, et en a extrait la trace manuscrite du fondateur dans sa forme la plus brute.

Ce retour aux sources dit quelque chose de précis sur la démarche de Nigo depuis qu’il a pris la direction artistique de Kenzo en septembre 2021. Plutôt que d’effacer ce qui précède, il cherche dans les couches les plus profondes de la maison ce qui peut encore signifier quelque chose aujourd’hui. Une signature n’est pas un logo. Elle porte l’irrégularité du geste humain, la pression du stylo, l’hésitation ou l’assurance de la main qui l’a tracée.

C’est précisément cette imperfection que la collection fait exister sur les pièces.

Nigo ressort la signature manuscrite de Kenzo pour en faire un motif

Du papier au tissu : la translation matérielle

La signature de Kenzo Takada se retrouve désormais sur le prêt-à-porter et les accessoires de la collection, sous deux formes distinctes. La première, brodée, donne au trait une épaisseur, une présence tactile que l’œil peut suivre comme on suit une ligne tracée à la main. La seconde, imprimée, joue sur la répétition et la surface, transformant ce qui était un geste unique en un motif qui se déploie sur l’étoffe.

Ces deux traitements ne produisent pas le même effet sur celui ou celle qui porte la pièce. La broderie localise la signature, la met en avant comme un détail à trouver, presque à lire. L’imprimé, lui, enveloppe. Il fait du nom du fondateur une texture à part entière, quelque chose que l’on porte contre soi sans forcément le voir en entier.

Dans les deux cas, Kenzo transforme un document d’archive en expérience vestimentaire. Ce qui était destiné à être lu une fois, puis oublié dans une pochette ou jeté après la saison, traverse le temps et change de support.

Ce que ce choix dit de la maison aujourd’hui

Depuis sa fondation à Paris en 1970, Kenzo s’est construit sur une créativité exubérante, la mixité des imprimés et une liberté revendiquée dans l’accord des couleurs. La maison a toujours célébré la diversité culturelle et la nature avec une énergie qui refuse le conformisme. C’est dans cet esprit que Nigo inscrit cette collection : non pas comme un exercice nostalgique, mais comme une affirmation que les fondations de Kenzo restent une matière vivante.

Réintroduire la signature manuscrite du fondateur, c’est aussi poser une question à l’ensemble du vestiaire actuel. Qu’est-ce qui fait qu’une maison reste elle-même au fil des décennies ? Ici, la réponse ne passe ni par un logo répété à l’excès, ni par une référence muséale distante. Elle passe par un geste humain, prélevé dans les archives les plus discrètes, et remis en circulation sous une forme nouvelle.

Nigo ressort la signature manuscrite de Kenzo pour en faire un motif

La collection est disponible en boutiques et sur Kenzo.com. Les pièces brodées comme celles en imprimé font partie du prêt-à-porter et des accessoires de la collection signée par Nigo. Pour la maison, ce motif né d’un carton d’invitation n’est pas un hommage figé : c’est une manière de montrer que l’écriture d’un fondateur peut encore, cinquante ans plus tard, avoir quelque chose à dire sur un col, une manche ou la surface d’un accessoire que l’on glisse sous son bras.

Source : la publication de Kenzo sur Instagram

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