Vingt et une Paraïba asymétriques signent le style libre de Pomellato

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Vingt et une tourmalines Paraïba taillées en poire, disposées sans axe de symétrie : le collier Drops of Paraíba de Pomellato dit quelque chose de précis sur la direction qu’emprunte aujourd’hui la haute joaillerie. Ce n’est pas un bijou qui cherche l’équilibre là où on l’attend.

Une composition qui refuse le miroir

Dans la joaillerie de prestige, la symétrie a longtemps fonctionné comme une garantie visuelle, un signe de maîtrise. Le collier Drops of Paraíba prend le contrepied de cette convention. Sa composition est décrite comme asymétrique, ce qui signifie concrètement que les vingt et une tourmalines ne se répondent pas d’un côté à l’autre du cou, elles se déploient selon une logique propre, plus proche d’un mouvement que d’une construction.

Ce choix formel n’est pas anodin. Il place la couleur au centre du dispositif, puisque c’est elle qui crée la cohérence là où la géométrie ne le fait plus. Sans axe de symétrie pour structurer le regard, c’est l’intensité du bleu-vert des Paraïba qui tient la composition ensemble. La couleur cesse d’être un ornement pour devenir une architecture à part entière.

C’est précisément ce que revendique la collection Pomellato Stile Libero High Jewelry, dont ce collier est issu. L’intitulé lui-même pose un programme : un style libre, c’est-à-dire affranchi des contraintes formelles qui régissent habituellement les pièces de cette catégorie.

La tourmaline Paraïba, matière première du propos

Tout repose ici sur le choix de la pierre. La tourmaline Paraïba, avec sa teinte bleue à verte d’une saturation rare, n’est pas une gemme neutre. Sa couleur est suffisamment présente pour porter une composition à elle seule. C’est sans doute pourquoi Pomellato l’a choisie pour construire un bijou qui mise précisément sur la force chromatique plutôt que sur la régularité de la forme.

Les vingt et une pierres sont taillées en poire, une coupe qui allonge et oriente le regard. Associée à une disposition asymétrique, cette taille accentue l’impression de mouvement, comme si les gouttes étaient en train de tomber, chacune à son propre rythme. Le pavé de diamants et de Paraïba qui complète la monture joue un rôle différent : il apporte une densité lumineuse qui soutient les pierres principales sans les concurrencer.

Ce dialogue entre le pavé et les pierres taillées en poire crée deux régimes visuels distincts au sein d’un même collier. D’un côté, une lumière diffuse et continue ; de l’autre, des points de couleur individualisés. C’est dans cet écart que réside une grande partie de l’intérêt de la pièce.

Septembre 2026 : une mise en lumière éditoriale

Le collier est photographié par Yuji Ono pour le magazine Richesse, dans un numéro daté du 28 septembre 2026. Le choix du photographe n’est pas sans importance dans la lecture d’une telle pièce : la façon dont la lumière est traitée conditionne directement la manière dont les Paraïba restituent leur couleur à l’image.

Cette parution place le collier Drops of Paraíba dans un contexte éditorial haut de gamme, celui d’un magazine dont la ligne est précisément tournée vers la joaillerie et le luxe. Pour Pomellato, c’est une façon de faire exister la pièce dans un espace de lecture attentif, où le lecteur prend le temps de regarder.

Ce que cette pièce dit de la haute joaillerie aujourd’hui

Le collier Drops of Paraíba pose une question simple à la haute joaillerie : est-ce que l’équilibre doit nécessairement être symétrique ? La réponse que formule Pomellato à travers cette pièce est non. L’équilibre peut être chromatique, il peut naître de la répétition d’une même pierre sous des angles différents, il peut tenir à la coexistence de deux textures visuelles bien distinctes.

Ce glissement est cohérent avec une évolution plus large dans la façon dont les maisons de joaillerie pensent leurs collections de prestige. La rigueur formelle reste présente, mais elle se déplace : elle ne gouverne plus la disposition des pierres, elle gouverne les choix de matières et la qualité des finitions. Pour qui porte ce collier, cela change concrètement l’expérience du bijou. Une composition asymétrique ne tombe pas de la même manière sur le décolleté, elle ne se lit pas non plus de la même manière par l’autre. Elle impose son propre rythme, et c’est précisément ce que Pomellato semble avoir cherché.

Source : la publication de Pomellato sur Instagram

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