Christine Nagel a mis 5 ans à extraire l’odeur du ginseng pour ce nouveau parfum Hermès
Cinq ans de travail pour capturer une odeur qui n’existait pas encore. Le nouveau parfum Hermès baptisé Ginseng Biloba est peut-être la création olfactive la plus longue à naître dans l’histoire récente de la maison.
Une racine sacrée au cœur du parfum Hermès Ginseng Biloba
Le ginseng fascine l’Asie depuis des siècles. Pourtant, aucun extrait naturel de cette racine n’avait jamais rejoint la palette des parfumeurs.
Christine Nagel, directrice de la création et du patrimoine olfactif d’Hermès Parfums, a fait de cette absence un défi personnel. Elle a parcouru le Japon, la Corée, la Chine et Taïwan pour comprendre pourquoi cette racine restait hors de portée.
Dans chaque herboristerie visitée, dans chaque échange avec des médecins de médecine traditionnelle, un même constat s’imposait. Le ginseng circulait partout comme référence de vitalité et de force, mais restait introuvable sous forme d’extrait.
La maison Albert Vieille, partenaire de longue date d’Hermès, a reçu des kilos de racines pour tenter l’extraction. Les premiers essais ont déçu, les rendements sont restés insuffisants pendant des années.
Le résultat, obtenu après cinq ans de recherche, est une première mondiale. Cet extrait naturel de ginseng enrichit désormais la palette disponible pour l’ensemble des parfumeurs.
Ce que la racine dégage vraiment
Décrire l’odeur du ginseng demande un détour par le toucher. Christine Nagel l’a comparé à la main qui caresse un daim dans deux sens opposés.
Dans un sens, la matière est très douce. Dans l’autre, elle reste douce mais offre davantage de texture. C’est exactement cette dualité que le nouveau parfum Hermès cherche à traduire.
L’amertume est présente, mais elle n’écrase jamais le reste. Tout l’enjeu du travail de composition consistait à effleurer cette amertume sans jamais y basculer franchement.
Ce profil boisé, profond et doux-amer place Ginseng Biloba dans une catégorie à part parmi les Hermessences. Il ne s’impose pas immédiatement à celui qui le porte. Il se révèle sur la peau, par couches successives, comme une racine qu’on dégage lentement de la terre.
Le ginkgo, un arbre parisien au service d’un parfum Hermès
Chaque Hermessence naît de la rencontre entre deux matières. Au ginseng, Christine Nagel a associé le ginkgo biloba.
Ces arbres bordent les Champs-Élysées à Paris et se transforment chaque automne en colonnes d’or. Leurs feuilles en éventail évoquent visuellement les lignes ondulantes des radicelles du ginseng.
Le ginkgo porte aussi un surnom botanique rare. On l’appelle « l’arbre aux cheveux de Vénus », car les arbres mâles et femelles sont distincts l’un de l’autre, contrairement à la plupart des espèces végétales.
C’est le souvenir olfactif de feuilles froissées d’un ginkgo mâle qui a guidé Christine Nagel. Or la feuille de ginkgo ne se laisse pas extraire directement.
La parfumeuse a donc recomposé cette note végétale par d’autres voies. Thé vert, maté et matcha dessinent ensemble un végétal gorgé de sève, fidèle à l’impression première des feuilles fraîches.
- Cinq ans de recherche pour produire le premier extrait naturel de ginseng en parfumerie
- Des voyages au Japon, en Corée, en Chine et à Taïwan pour comprendre la racine
- Un partenariat avec la maison Albert Vieille pour l’extraction
- Une note de ginkgo reconstituée à partir de thé vert, de maté et de matcha
- Un profil olfactif boisé, profond et doux-amer, sans jamais basculer dans l’amertume franche
Un flacon qui prolonge l’expérience sensorielle
Le flacon de Ginseng Biloba adopte une forme de lanterne. Sa couleur jaune éclatante rappelle directement les feuilles de ginkgo en plein automne parisien.
Ce choix n’est pas décoratif au sens superficiel du terme. Il ancre visuellement le parfum Hermès dans la saison qui a inspiré Christine Nagel, celle où les arbres des Champs-Élysées virent au doré.
Par ailleurs, cette Hermessence s’inscrit dans une collection qui joue toujours sur la rareté des matières premières. Ici, la rareté n’est pas un argument marketing. Elle découle d’un fait technique concret : personne n’avait réussi à extraire le ginseng avant ces cinq années de travail.
Le parfum ne se livre pas à la première respiration. Il demande du temps, de l’attention, comme la racine elle-même en demandait pour être apprivoisée. C’est peut-être là sa nature la plus fidèle.