5 livres captivants à offrir pour la fête des Pères

Vintage toned portrait of a young man sitting at the table in the bright and beautiful apartment on the high floor in Belgrade, Serbia. He is wearing casual, everyday clothes, a brown shirt, reading a book and having a cup of coffee as well.

La chronique littéraire de Marie-Laure Vallée.

La fête des pères est le moment idéal pour renouveler l’amour que nous portons à notre héros du quotidien en lui offrant un livre personnalisé. Paris Select vous propose une sélection de 5 ouvrages dont le fil conducteur est le souvenir. Ce peut être un passé retrouvé, un auteur bien aimé ou des voyages inoubliables. De beaux moments d’évasion à partager !

UN ÉTÉ EN TOSCANE 

« Septembre noir », Sandro Veronesi, traduit de l’italien par Dominique Vittoz, éditions Grasset

Luigi Bellandi se remémore l’été 1972.

Il a alors douze ans. C’est le temps des vacances en bord de mer, comme tous les ans, sur la côte toscane. C’est le temps encore de l’enfance mais des amours naissantes. Les journées s’écoulent paisiblement.

 À Fiumetto, Luigi que l’on surnomme « Gigio » navigue avec son père, un brillant avocat qu’il admire. Puis, paré de toutes les certitudes il réinvente le monde en compagnie d’Astel, sa voisine de plage, dont il est amoureux. Ensemble, ils écoutent du rock’n’roll sur un vieux pick-up en rêvant de liberté. À la demande de la jeune fille, Gigio, qui est bilingue, traduit les chansons de David Bowie. Puisque Madame Bellandi est irlandaise.

En s’initiant à l’interprétation des textes anglophones le jeune garçon découvre les vers du poète W.H. Auden ; s’intéresse au cinéma hollywoodien, fasciné par le charisme des acteurs. 

Il est bien loin de penser q’une tragédie au coeur de sa famille se mêlerait aux conflits de l’actualité. Car même les Jeux olympiques d’été de Munich, que le narrateur suit avec assiduité, sont troublés par un fait divers sanglant. Un meurtre commis par l’organisation terroriste Septembre noir. 

Ainsi, Luigi va-t-il brutalement se soustraire à l’enfance devant la sombre réalité des évènements qui se déroulent sous ses yeux. À l’orée de l’automne, sa vie va basculer irrémédiablement. 

Au gré de ce roman initiatique où le mystère demeure jusqu’à la chute, se profile une écriture sensible et nostalgique, fidèle à l’œuvre de Sandro Veronesi. Une certaine fébrilité s’installe dès lors que l’instant qui fera vaciller la jeunesse du héros se rapproche. 

Une force narrative captivante !

ON THE ROAD AGAIN

« Ecrire sur place », Bernard Lavilliers, éditions des Equateurs 

À la suite de son album symphonique Bernard Lavilliers publie un élégant carnet de voyage né de ses échanges avec la journaliste Véronique Mortaigne. Depuis la Lorraine dont il est originaire jusqu’à l’Argentine, en passant par la Jamaïque couleur reggae, le chanteur nous entraîne sur  les chemins de traverses qui ont inspiré ses plus beaux textes. Toujours à fleur de peau, il témoigne de la mélodie fragile, de la violence aussi de ces villes rythmées par diverses influences, celles des racines souvent. Chanter comme on peut, s’imprégner des vibrations. Vivre et voir New-York, l’ impatiente, jusqu’à palpiter au son du « Spanish Harlem ». Partir pour témoigner.  Chanter pour transmettre, rapporter les déchirures et l’amour. La  révolte et l’espoir…tout en poésie.

Un parcours fascinant ! 

LE PASSÉ RETROUVÉ… 

« Même le bruit de la nuit a changé », Violette d’Urso, éditions Flammarion 

Comment apprendre de son père trop tôt disparu ?

Anna n’a que 6 ans lorsque son père décède, foudroyé par une crise cardiaque. Elle sait finalement si peu de lui. Elle garde enfoui à jamais leurs moments heureux de jeux et d’éclats de rires, des bribes d’instants partagés. Cependant, les années passant Anna aimerait en connaître davantage sur le passé mystérieux de cet homme, charismatique marchand d’art italien. Pour ce ce faire, dix

ans après sa mort elle va commencer ses recherches, revenir aux origines. Refaire le parcours de son paternel depuis Rome en passant par la Suisse où elle rencontre ses meilleurs amis.

 Ils lui apprennent ses dépendances, son addiction à la drogue, ses rebellions estudiantines.

  La narratrice passe d’un état à un autre. Parfois sidérée. Parfois en colère, elle comprend à quoi sont dues ses propres douleurs.

 Mais émerveillée quand elle a connaissance qu’il côtoyait le marhadjah de Jodpurh et autres personnalités fascinantes. Sa vie semblait si romanesque !

 Au fil des pages se dessine un cheminement nécessaire pour Anna devenue femme afin de mieux appréhender son destin et construire sa propre histoire.

 « Même le bruit de la nuit a changé » est un livre touchant écrit avec beaucoup de maîtrise par la toute jeune Violette d’Urso, fille d’Inès de la Fressange et de Luigi d’Urso . Un premier roman lumineux qui souligne cet héritage extraordinaire qui nous lie irrémédiablement à nos racines.

Un message d’amour filial. Une réussite !

LA PASSION DE CHARLES DICKENS 

 » Le suicide exalté de Charles Dickens « , Philippe Delerm, éditions du Seuil

On sait peu de détails sur la vie de Charles Dickens, l’un des plus grands écrivains du XIXe siècle qui nous renvoie à l’enfance. Ses contes souvent sombres aux personnages attachants sont devenus cultes. Rappelons-nous « Oliver Twist  » ou les « Grandes Espérances » dont les deux héros sont orphelins.

Dans son dernier ouvrage, Philippe Delerm s’est intéressé aux dix dernières années du parcours rocambolesque de l’auteur. Période où il sillonne l’Angleterre mais également les États-Unis pour des lectures vivantes de ses oeuvres. Il y joue tous les protagonistes et séduit son auditoire. 

Peu disposé aux échanges avec sa famille c’est la reconnaissance de son public qui le galvanise. Il se livre pleinement sur scène jusqu’à mettre en péril sa santé.

 Exténué mais adulé, Charles Dickens meurt en 1870 à l’âge de 58 ans pour avoir tout donné au feu des clameurs. 

Que cache cette quête effrénée d’applaudissements ? 

En révélant le caractère exalté de Charles Dickens, Philippe Delerm y confie aussi toute l’admiration du lecteur qu’il est pour le conteur de « David Copperfield », non sans une pointe d’humour, toujours.

On est conquis !  

TANT QUE VIVRA MOBY DICK 

« Si le soleil s’en souvient », Jean-Paul Enthoven, éditions Grasset

Mascara, 1960. Dans son autobiographie romancée Jean-Paul Enthoven met en scène son adolescence romanesque en Algérie où sourd une guerre imminente.

On y croise une pléiade de personnages inquiétants, des écrivains engagés, des parents aimants. Une foule de souvenirs affluent soudain pour le philosophe lorsque lui revient en mémoire la première projection de « Moby Dick » au cinéma le Vox , une soirée funeste. Edmond, le père de Jean, en est le propriétaire. C’est un homme charismatique encensé par son épouse Gilberte qui lui trouve une ressemblance avec l’acteur Grégory Peck. Jean, admire son patriarche. Quant à ses amis, ils ne tarissent pas d’éloges à son sujet. Puis arrive le drame, ce fameux jour d’ouverture : un attentat sanglant au Vox. l’Algérie ne sera plus la même.

En se confiant sur sa jeunesse Jean -Paul Enthoven évoque une des pages les plus sombres de l’Histoire : le début de la guerre d’Algérie avec ses événements annonciateurs. Une ambiance pesante dans laquelle se côtoient trahisons, inégalités, antisémitisme dont il est témoin, parfois victime sous un soleil idyllique. Mais le narrateur sait jouer aussi d’ironie en relatant sa prime enfance ou ses premières amours de don juan maladroit. Par la suite, sa passion à l’égard de la littérature dont une fascination pour Hermann Melville le poussera même à aborder les homonymes du romancier comme le cinéaste Jean -Pierre Melville. Qui sait, ils pourraient être apparentés. ?

Un roman dans lequel Jean-Paul Enthoven réussit à nous transmettre son exaltation pour ses écrivains préférés, pour le cinéma américain…enfin pour Gregory Peck qu’ il rencontrera bien plus tard.

Passionnant ! Gros coup de coeur !

Rédigé par , le
Partager sur