Cartier, Dior, Van Cleef & Arpels : les pierres dures signent le grand retour du chic seventies en haute joaillerie

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Depuis la haute Antiquité, certains minéraux colorés fascinent autant qu’ils protègent. En 2026, les pierres dures reviennent avec force au cœur des collections de haute joaillerie, portées par des maisons aussi exigeantes que Cartier, Van Cleef & Arpels ou Dior Joaillerie.

Des symboles chargés d’histoire, des vertus reconnues depuis toujours

Bien avant de devenir des objets de désir joaillier, les minéraux ornementaux portaient des significations profondes. Ainsi, la malachite, adulée par les Égyptiens, symbolisait la jeunesse éternelle et la renaissance. Le jade, de son côté, occupe une place particulièrement importante en Chine et en Amérique – pierre de l’Empereur pour le pays du Milieu, il aurait des vertus de protection.

De plus, l’œil de tigre, la cornaline, l’œil de taureau, l’agate rouge ou verte, le lapis-lazuli, la sodalite, la calcédoine, la pyrite, le jaspe et la turquoise sont chargés de vertus apaisantes, protectrices, stimulantes et régénérantes. Ces symboliques fortes font partie intégrante de leur attrait. Nora Bordjah, créatrice de Collection Privée, choisit d’ailleurs ses pierres dures autant pour leur beauté que pour leurs pouvoirs sur le corps et l’esprit.

Pourquoi la tendance rétro relance les pierres ornementales

La raison principale de ce retour tient à la tendance rétro années 60 et 70, qui bat son plein en joaillerie. Car durant ces deux décennies, les grands noms de la place Vendôme n’hésitaient pas à assembler pierres dures, or jaune, diamants, rubis et émeraudes. Ces parures portaient alors l’influence des esthétiques du Moyen-Orient, de l’Égypte ou de la Perse, mêlées au courant libertaire hippie.

Désormais, les joailliers réactivent cet héritage avec une liberté nouvelle. Les minéraux ornementaux sont striés, veinés de poudre d’or, lisses, taillés bruts, en pain de sucre, en galet ou en perles. Ainsi montés, ils diffusent de la couleur plus qu’ils ne renvoient la lumière – une sensation visuelle propre à ces matières.

Ce que les grandes maisons ont imaginé cette saison

Cartier signe avec Le Chœur des Pierres un opus de haute joaillerie qui met en scène des gemmes rares d’une beauté époustouflante. Le collier Olorra associe cinq émeraudes hexagonales totalisant 40,67 carats, turquoise, lapis-lazuli et diamants tailles carré, baguette et brillant, le tout serti dans de l’or gris. Cette approche technicolor traduit le glissement majeur du secteur: les pierres dures ne se portent plus en monochrome, elles se combinent désormais entre elles et avec saphirs, émeraudes ou diamants colorés.

Piaget, de son côté, dévoile le chapitre final de sa trilogie de haute joaillerie consacrée à son art de « l’Extraleganza ». Les boucles d’oreilles Flamboyant Links en or rose associent l’œil de tigre à deux grenats mandarin de 3,04 carats chacun. Chez Bvlgari, la collection Eclettica porte la signature de la maison romaine en matière d’associations audacieuses: un collier en or rose réunit turquoise, bois de padouk, un grenat mandarin taille cabochon de 49,47 carats et des émeraudes taille baguette.

Tiffany & Co. réinterprète son emblématique Bird on a Rock au travers d’une nouvelle collection. La broche de haute joaillerie associe platine, or, rubis, diamants et turquoise, dont une taille cabochon de 24 carats. Par conséquent, la turquoise s’impose comme la pierre phare de cette saison, présente dans presque chaque grande collection.

Des créateurs indépendants qui portent aussi ce mouvement

Les maisons patrimoniales ne sont pas seules sur ce terrain. Elie Top imagine un pendentif en forme de croix à partir de huit turquoises taille pain de sucre provenant d’Iran, complétées d’une opale et de saphirs blancs. Marie-Hélène de Taillac, elle, joue avec les pierres dures aux couleurs affirmées pour des créations poétiques et contemporaines – sa bague Hortensia en or jaune associe un quartz citron à des billes de turquoise.

Statement, maison de joaillerie fondée par Amélie Huynh, dévoile de nouvelles variations colorées de ses créations My Way, dont un pendentif My Way Origin en or jaune, diamants et malachite. Ces voix créatives indépendantes participent aussi à la légitimation de ces minéraux ornementaux au sein de la joaillerie de prestige.

Quand les pierres colorées s’invitent dans des codes inattendus

Van Cleef & Arpels puise dans l’Égypte antique pour sa collection Fascination d’Égypte. Le clip Vénus égyptienne réunit ors jaune et blanc, un diamant rond de 1,51 carat, lapis-lazuli et turquoise. Ce geste rappelle que le royaume du Nil occupe une place à part dans l’histoire et le style de la maison.

Chez Dior Joaillerie, Victoire de Castellane aborde les pierres dures par le prisme végétal avec la collection Diorissima. Elle joue d’aplats d’opale, d’onyx, de turquoise, de chrysoprase et de nacre peinte à l’aérographe – matériau inédit – dans de séduisants dégradés. Le collier Diorissima Lucky Flowers rassemble or jaune, diamants, grenats tsavorites, émeraudes, turquoises et doublets d’opale.

Fred, qui fête ses 90 ans, revisite son emblématique bague Pain de Sucre avec des tables plates modulables, disponibles en lapis-lazuli, turquoise et diamants. Boucheron, quant à lui, choisit l’onyx pour sa collection Serpent Bohème, jouant sur un bicolore noir et or aux formes épurées et en volume. Repossi, maison réputée pour ses joyaux monochromes, surprend avec huit nouvelles pièces Antifer – quatre pendentifs et quatre puces d’oreilles en or rose, diamants et minéraux ornementaux comme l’onyx, la malachite ou la turquoise. Louis Vuitton Joaillerie enrichit sa collection Color Blossom de nouvelles déclinaisons mêlant or rose, diamants et malachite, réenchantant ainsi les Fleurs de Monogram du motif iconique de la maison. Chopard intègre pour sa part la malachite à son pendant Happy Hearts en or rose éthique et diamants, preuve que les pierres dures gagnent aussi les lignes iconiques les plus accessibles du marché.

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