Mellerio pose ses diamants sur les ongles, une idée brevetée dès 1951
Et si vos ongles devenaient le prochain écrin pour des diamants ? C’est exactement ce que propose Mellerio en 2026, avec une collection de bijoux précieux conçus pour se poser directement sur la manucure. Derrière cette idée qui semble surgir de nulle part se cache pourtant une histoire vieille de plus de 70 ans.
Un brevet des années 1950 ressuscité par Mellerio
Tout commence dans les archives de la Maison. C’est en les explorant que Laure-Isabelle Mellerio, directrice artistique et représentante de la 14e génération de la famille, tombe sur un brevet déposé en 1951 ainsi que sur plusieurs prototypes en métal. Des pièces qu’elle décrit comme particulièrement audacieuses pour l’époque.
L’idée de relancer ces ornements lui trottait dans la tête depuis longtemps. Pourtant, un obstacle technique bloquait le projet : comment fixer un bijou précieux sur un ongle sans le rendre inconfortable, et sans obliger la cliente à passer chez une manucuriste pour le retirer ? Le système d’origine, basé sur un petit caoutchouc entourant l’ongle, ne répondait pas à ces exigences.
La solution est venue d’une source inattendue. Après avoir consulté des ingénieurs et des orthodontistes, c’est finalement la manucuriste de Laure-Isabelle Mellerio qui suggère d’utiliser les adhésifs employés pour les faux-cils. Le principe est désormais simple : un adhésif adapté à la taille de l’ongle, puis le bijou par-dessus. Pour une tenue prolongée, de la colle peut compléter le dispositif.
Comment composer sa propre manucure joaillière
La collection se décline en trois versions distinctes, pensées pour des styles très différents. La première, en or blanc et diamants, s’inscrit dans l’esprit du modèle historique. La deuxième joue la carte rock avec des diamants noirs. La troisième, en or jaune avec des pierres précieuses et des pierres fines multicolores, reflète davantage l’identité de la Maison, dont l’une des signatures est précisément la couleur.
- Or blanc et diamants, dans la continuité du modèle breveté en 1951
- Diamants noirs pour un esprit plus rock et contemporain
- Or jaune multicolore avec pierres précieuses et pierres fines
- Déclinaison en plusieurs tailles pour chaque version
- Port possible seul ou combiné sur plusieurs ongles
Chaque bijou existe en différentes tailles, ce qui permet de les porter seuls ou de les associer librement. L’idée centrale n’est pas de reproduire une manucure classique, mais de laisser chaque cliente composer sa propre main joaillière : un ongle ici, un autre là, en mélangeant les couleurs et les styles. Laure-Isabelle Mellerio compare cet esprit à celui de la ligne Cabinet de curiosités, où chacun assemble son bijou à partir d’une chaîne et de charms.
Le patrimoine comme point de départ, pas comme limite
Derrière cette collection, il y a une réflexion plus large sur la manière dont une maison fondée il y a plusieurs siècles peut rester pleinement ancrée dans le présent. Pour la directrice artistique, le patrimoine n’est pas un carcan. C’est au contraire une matière première à transformer, en conservant l’ADN de la Maison tout en restant attentive à ce qui se passe autour d’elle.
La couleur, la forme ovoïde ou certaines techniques tombées dans l’oubli deviennent ainsi des points de départ pour de nouvelles créations. Car Mellerio est aussi la plus ancienne maison de joaillerie indépendante au monde, et ce poids historique nourrit directement l’innovation plutôt que de la freiner.
La directrice artistique évoque d’ailleurs des ambitions géographiques précises pour la suite : conquérir deux nouveaux marchés, les États-Unis et le Moyen-Orient. Cette collection de bijoux pour ongles s’inscrit donc dans une dynamique plus large de rayonnement international.
Et après les ongles, quels nouveaux territoires pour la joaillerie ?
La question se pose naturellement : si les ongles ont attendu plus de soixante-dix ans avant de trouver leur moment, quelles autres parties du corps pourraient être revisitées ? Laure-Isabelle Mellerio ne ferme pas la porte à de nouvelles explorations. Elle cite les oreilles comme un territoire déjà largement investi, et évoque plus largement la tête comme un espace de création encore ouvert.
Pour l’heure, elle continue de fouiller les archives de la Maison, avec l’idée qu’une trouvaille inattendue pourrait un jour déboucher sur une nouvelle catégorie de bijoux, même si toutes les découvertes ne sont pas forcément destinées à être commercialisées. C’est d’ailleurs ce qu’elle décrit comme l’une des dimensions les plus stimulantes de ce travail de mémoire.
Pour l’instant, Mellerio se concentre sur cette nouvelle catégorie qui, plus de sept décennies après son invention, semble enfin avoir trouvé son époque et son public.