Elle transforme sa collection privée en musée du maquillage avec 1500 pièces cultes
Et si un tube de rouge à lèvres pouvait raconter Hollywood, les femmes et les normes de beauté d’une époque entière ? C’est le pari que relève Erin Parsons avec son musée du maquillage en ligne, musée du maquillage, lancé en août dernier et déjà fort de plus de 1 500 pièces rares et vintage.
Une maquilleuse devenue gardienne de la mémoire cosmétique
Avant de devenir Global Makeup Artist pour Maybelline ou de travailler aux côtés de Pat McGrath, Erin Parsons a passé dix ans dans le retail, notamment chez M.A.C., avant de rejoindre New York à 28 ans. C’est une fascination pour la transformation par le maquillage qui l’anime depuis l’adolescence. Elle raconte avoir d’abord vu Marilyn Monroe, puis avoir cherché à comprendre ce qu’il y avait avant elle, avant Norma Jean. Ce regard sur la métamorphose a nourri toute sa carrière.
Parmi ses influences majeures figure Kevyn Aucoin, dont les livres, et notamment Making Faces publié en 1997, lui ont appris à observer le visage autrement. Ce maquilleur avait contribué à faire du maquillage un savoir à comprendre et à transmettre, bien au-delà d’une simple succession de tendances. Parsons prolonge aujourd’hui cette idée, mais avec les objets eux-mêmes comme matière première.
Ce que contient ce musée du maquillage numérique
La collection rassemblée par Erin Parsons depuis une dizaine d’années couvre un spectre large. On y trouve des poudriers Art déco, des rouges à lèvres, des faux cils, des cosmétiques datant des premières décennies du XXe siècle, ainsi que des pièces associées à des figures d’Hollywood comme Marilyn Monroe, Mae West ou Elizabeth Taylor. Parmi les trésors documentés figurent aussi des formules et des archives liées à Kevyn Aucoin.
- Plus de 1 500 pièces rares et vintage réunies en une décennie
- Une documentation menée pendant plus de trois ans avec l’archiviste Holly McGraw
- Des objets associés à Marilyn Monroe, Mae West et Elizabeth Taylor
- Des formules et archives liées à Kevyn Aucoin
- Une première exposition numérique, The Beauty of Archive, photographiée par Vanessa Granda et mise en scène par Mat Cullen
Chaque pièce est photographiée, documentée et replacée dans son contexte. Ce travail a été mené pendant plus de trois ans avec l’archiviste Holly McGraw, sous l’égide de la MUA Foundation. Ce qui distingue cette démarche, c’est l’attention portée non pas à la rareté seule d’un objet, mais à ce qu’il permet de raconter : une technique, un idéal de beauté, une industrie entière.
Du produit périssable à l’objet patrimonial
Le maquillage a longtemps été pensé comme un bien de consommation, aussitôt lancé qu’oublié. Ce musée du maquillage renverse cette logique. Un poudrier ne vaut plus seulement pour ce qu’il contenait autrefois, mais pour la silhouette, la décennie ou les gestes de beauté auxquels il permet de remonter. Un rouge à lèvres hollywoodien Max Factor des années 1960 ayant appartenu à Marilyn Monroe devient ainsi un document à part entière.
Cette approche patrimoniale donne au maquillage le statut d’objet culturel digne d’être conservé et étudié. Ce qui était hier destiné à être jeté après usage devient aujourd’hui matière à conserver. La MUA Foundation porte ce projet avec l’ambition d’en faire une ressource de référence consacrée à l’histoire de la beauté.
Comment accéder à ce musée du maquillage et le soutenir
Pour l’instant, ce musée du maquillage n’a pas encore d’adresse physique à New York, même si la MUA Foundation prépare un futur lieu dans la ville. En attendant, la collection est accessible en ligne, avec ses fiches documentaires et sa première exposition numérique, The Beauty of Archive. Ce projet de musée du maquillage ne repose d’ailleurs pas uniquement sur la collection personnelle de Parsons.
La fondation invite le public à contribuer par des dons, dans l’objectif de constituer progressivement une collection suffisamment importante pour devenir une véritable ressource sur l’histoire de la beauté. The Makeup Archive possède donc déjà ses collections, ses cartels et son premier espace d’exposition, même sans murs. Ce musée du maquillage prouve qu’un tube de rouge à lèvres peut, lui aussi, devenir un objet de mémoire.