Dolce & Gabbana taille l’Italie en plusieurs matières autour du MySicily
Un sac qui traverse toute une garde-robe : c’est le pari que fait Dolce & Gabbana avec sa collection Sartoriale, en plaçant le MySicily au cœur d’un vestiaire construit autour du geste artisanal et de la multiplicité des matières.
Le MySicily, décliné jusqu’au bout de la matière
Rarement un accessoire aura joué un rôle aussi structurant au sein d’une collection. Le sac MySicily existe ici en quatre versions distinctes : daim avec bordures en veau, cuir brillant, cuir verni et veau fendu. Chaque déclinaison engage une relation différente avec la lumière et la texture, du mat profond du daim au reflet tendu du verni.
Ce choix de multiplier les finitions plutôt que les silhouettes révèle quelque chose de la logique de cette collection. Dolce & Gabbana ne cherche pas à renouveler la forme du sac mais à faire varier ce qu’il dit selon la matière dans laquelle il s’exprime. Le même objet, porté en cuir verni, accompagne une robe en laine à rayures diplomatiques. En daim, il rejoint des silhouettes plus décontractées.
La palette générale de la collection suit une direction cohérente : des tons chauds et terreux d’un côté, des nuances profondes de l’autre. Ces teintes permettent au MySicily de circuler d’un look à l’autre sans rupture.
Le tailleur et la robe : deux façons d’habiller la rigueur
Parmi les silhouettes présentées, le tailleur à rayures diplomatiques en laine occupe une place centrale. Composé d’une veste et d’un pantalon, il incarne la veine la plus formelle de la collection Sartoriale. La rayure diplomatique, fine et régulière, est un classique de la sartorie italienne que Dolce & Gabbana réinterprète ici dans un ensemble deux pièces aux lignes nettes.
La robe en laine à rayures diplomatiques prolonge ce même tissu dans un registre différent. Portée avec des slingbacks et le MySicily en cuir brillant, elle illustre comment la collection fait tourner ses matières entre elles : un seul textile, deux silhouettes, deux atmosphères. Le choix du cuir brillant pour le sac crée un contrepoint lumineux face à la surface matte de la laine.
Chaussures : trois propositions, un même fil conducteur
Les chaussures de la collection articulent elles aussi plusieurs registres de matière. Les slingbacks en cuir verni, reconnaissables à leur ouverture en forme d’amande, répondent aux déclinaisons vernies du MySicily. Les slingbacks en daim occupent un registre plus posé, en écho aux versions mates de la collection.
À ces deux modèles s’ajoutent des bottes hautes combinant daim et cuir, agrémentées d’accessoires métalliques mats. Ce détail métallique mat tranche avec le brillant du verni présent ailleurs : la collection joue ainsi sur des contrastes maîtrisés plutôt que sur une uniformité de surface.
Ce dialogue entre matières, du daim au métal en passant par le verni, constitue l’un des principes les plus lisibles de la collection Sartoriale.
L’artisanat comme méthode, pas comme argument
La collection est produite en Italie selon un processus de fabrication à la main, comme l’indiquent les mentions DGFattoAMano et MadeInItaly qui l’accompagnent. Ce positionnement n’est pas anecdotique : il conditionne directement le type de finitions proposées, notamment les bordures en veau sur le MySicily en daim ou l’assemblage des bottes combinant deux matières distinctes.
La jupe en denim portée avec un manteau à texture douce vient introduire un écart dans cet ensemble très construit. C’est le seul moment où la collection s’autorise un mélange de registres, associant un tissu ordinaire à une pièce de dessus à main. Ce contraste délibéré donne de la respiration à une collection qui, sans cela, resterait entièrement dans la rigueur.
Avec la collection Sartoriale, Dolce & Gabbana pose une question simple : jusqu’où une même matière peut-elle voyager d’une pièce à l’autre ? La réponse traverse le tailleur, la robe, le sac et les chaussures, et c’est précisément dans cette cohérence que la collection trouve sa force.
Source : la publication de Dolce & Gabbana sur Instagram