Simon Porte Jacquemus et Céline Dion réunis après dix-sept ans
Il y a des rêves que l’on porte si longtemps qu’ils finissent par définir celui qui les porte. Pour Simon Porte Jacquemus, fondateur de la maison Jacquemus, cette rencontre avec Céline Dion n’était pas un simple moment de mode : c’était l’accomplissement d’une attente de dix-sept ans.
L’enfant moqué devenu le créateur qui habille son idole
Avant les défilés et les publications qui font le tour des réseaux sociaux, il y a eu un adolescent de quatorze ans qui se faisait railler chaque jour à l’école. Simon Porte Jacquemus n’en cache rien : c’est précisément à cet âge-là que Céline Dion s’est imposée comme son artiste de référence, celle dont la musique tenait compagnie à un gamin que ses camarades ne comprenaient pas. Ce détail, qu’il choisit de rendre public, dit beaucoup sur la charge émotionnelle que porte cet événement.
Car derrière la photo d’une chanteuse habillée en Jacquemus, il y a une trajectoire personnelle d’une cohérence rare. Le créateur n’a pas attendu la consécration pour admirer Céline Dion : il l’admirait bien avant d’avoir une maison à son nom, bien avant que quiconque s’intéresse à ses créations.
Une première rencontre, un geste manqué
Ce que Simon Porte Jacquemus raconte avec une franchise désarmante, c’est qu’il avait déjà croisé Céline Dion il y a près de dix ans. Les deux avaient même dansé ensemble lors de cette occasion. Pourtant, face à celle qu’il considère comme son artiste préférée depuis toujours, il n’avait pas trouvé les mots pour se présenter. Il n’avait pas osé.
Ce silence, ce recul presque instinctif devant quelqu’un que l’on admire trop pour improviser, est un sentiment que beaucoup reconnaîtront. Mais pour le fondateur de Jacquemus, cette première rencontre inachevée a dû peser différemment : il savait exactement ce que cette femme représentait dans son histoire.
Dix-sept ans plus tard, Céline Dion en Jacquemus
La publication que Simon Porte Jacquemus a partagée sur ses réseaux sociaux marque donc bien plus qu’une collaboration de vestiaire. On y voit Céline Dion habillée par la maison, et le créateur y raconte lui-même l’arc entier de cette histoire, de l’enfance difficile jusqu’à ce moment présent. Le chiffre de dix-sept ans qu’il avance n’est pas rhétorique : il désigne l’intervalle exact entre l’adolescent moqué qui s’accrochait à cette voix, et le designer dont cette même voix porte aujourd’hui les vêtements.
Ce que cette image révèle sur Jacquemus, c’est aussi une capacité à laisser le personnel traverser le professionnel sans pudeur excessive. Simon Porte Jacquemus ne joue pas au designer détaché : il dit l’émotion, il nomme l’attente, il assume la part d’enfance qui persiste dans le travail d’adulte. C’est précisément ce registre, à mi-chemin entre la confidence et la déclaration, qui donne à cette publication une résonance bien au-delà du cercle de la mode.
Que Céline Dion apparaisse en Jacquemus après dix-sept ans de rêve porté en silence, cela transforme une image de mode en quelque chose de plus difficile à classer : la preuve qu’une admiration d’enfant peut, parfois, devenir une réalité.
Source : la publication de Jacquemus sur Instagram