Piaget sculpte la couleur en or dans sa Haute Joaillerie des années 70
Cinq pierres, une seule pièce, et une question posée sans détour : et si la couleur était, à elle seule, un matériau de construction ? Avec la collection Colours of Extraleganza, Piaget fait de ce postulat une réalité portée au poignet, sous la forme d’un bracelet-montre en or à la silhouette sculpturale.
L’or comme armature, la couleur comme sujet
Ce qui frappe d’abord dans cette pièce de Haute Joaillerie, c’est le refus de la symétrie. Le bracelet-montre en or adopte des lignes asymétriques qui brisent d’entrée la logique de la bijouterie classique. L’or n’est pas ici un fond neutre destiné à mettre en valeur une pierre centrale. Il est taillé, sculpté, orienté de façon à créer un volume qui dialogue à parts égales avec les pierres ornementales qui le peuplent.
Car c’est bien de dialogue qu’il s’agit. La malachite, la turquoise, la tanzanite, la tourmaline et l’opale cohabitent dans une même composition, sans que l’une écrase les autres. Chacune apporte une gamme distincte : le vert profond, le bleu-vert chaleureux, le violet électrique, les multiples facettes de la tourmaline, la lumière irisée de l’opale. Ensemble, elles forment une palette que Piaget revendique ouvertement comme le cœur expressif de la pièce.
C’est précisément ce renversement de hiérarchie qui donne à cette création sa cohérence : la couleur n’illustre pas le bijou, elle le constitue.
Une décennie comme boussole créative
La référence aux années 70 n’est pas anecdotique dans cette démarche. Cette période marque, dans l’histoire des arts décoratifs et de la joaillerie, un moment où l’audace formelle prend le dessus sur la convention. Les volumes s’affirment, les couleurs s’imposent sans s’excuser, et le bijou sort du cadre purement ornemental pour devenir une déclaration.
C’est cette liberté-là que Piaget réactive. Le bracelet-montre de la collection Colours of Extraleganza ne cite pas les années 70 par nostalgie. Il en extrait une posture, celle d’une joaillerie qui considère la forme et la couleur comme des arguments suffisants, sans recourir à la rareté d’une pierre unique pour légitimer l’ensemble.
La maison inscrit ainsi cette création dans une continuité qu’elle nomme elle-même « Art of Colour », une exploration des pierres ornementales menée dans des configurations formellement ambitieuses. Ce bracelet-montre en est une illustration concrète : la couleur y fonctionne comme un langage structurel, pas comme un ornement de surface.
Ce que cette pièce change dans la lecture du bracelet-montre
Un bracelet-montre de Haute Joaillerie répond habituellement à des attentes précises : la montre occupe le centre, le bracelet l’encadre, et le regard va naturellement vers le cadran. Ici, la hiérarchie visuelle est redistribuée. La forme sculpturale de l’or et la densité chromatique des cinq pierres font du bracelet tout entier un objet à regarder dans sa globalité, pas seulement à lire à son poignet.
Ce déplacement du regard n’est pas un détail. Il dit quelque chose de la façon dont Piaget conçoit la Haute Joaillerie : non pas comme un écrin sophistiqué autour d’une fonction, mais comme une construction à part entière, où chaque élément, métal, pierre, ligne, volume, participe à un résultat qui ne serait pas le même sans lui.
Porter cette pièce, c’est accepter que ce soit elle qui occupe l’espace, avec ses cinq couleurs, ses angles délibérément irréguliers et son or travaillé comme une matière vivante. La collection Colours of Extraleganza place la barre à cet endroit précis, là où la joaillerie cesse d’être discrète pour devenir, pleinement, une prise de position.
Source : la publication de Piaget sur Instagram