Nouvelle exposition au Palais Galliera « Un vestiaire à soi « ou quand les femmes ont fait de leur garde-robe une déclaration
Et si un pantalon, une cravate ou un costume pouvait être bien plus qu’un vêtement ? Avec Un vestiaire à soi. Féminités dissidentes au 19e siècle, le Palais Galliera propose une exposition passionnante sur ces femmes qui, dès le XIXe siècle, ont utilisé leur apparence pour s’affranchir des codes, revendiquer une liberté, affirmer leur statut ou simplement inventer une autre manière d’être au monde. Une plongée fascinante dans une époque où s’habiller pouvait déjà être un acte profondément politique et social.
Quand le vêtement devient une prise de position

Ce qui frappe immédiatement dans cette exposition, c’est de comprendre à quel point la silhouette féminine était alors surveillée, codifiée, commentée. Porter un pantalon, adopter un costume masculin, choisir une cravate ou un haut-de-forme ne relevait donc pas seulement d’une préférence esthétique. Ces choix pouvaient bouleverser la perception sociale d’une femme.
Le Palais Galliera montre ainsi comment l’appropriation progressive des codes du vestiaire masculin accompagne une transformation de la place des femmes dans la société du XIXe siècle. Amazones, femmes actives en tailleur et bottines, artistes, femmes du monde ou figures des milieux lesbiens de la Belle Époque composent un portrait beaucoup plus complexe de la féminité.
George Sand, Rosa Bonheur et toutes les autres
L’exposition devient particulièrement captivante lorsqu’elle fait dialoguer des personnalités célèbres avec des femmes anonymes. George Sand, Rosa Bonheur, Natalie Clifford Barney apparaissent ainsi aux côtés de nombreuses silhouettes révélées par la photographie amateur.

La garde-robe de Rosa Bonheur constitue notamment l’un des trésors du parcours : elle est présentée dans son intégralité pour la première fois. Au total, près de 500 œuvres sont réunies, entre vêtements, accessoires, peintures, affiches et photographies, dont 150 photographies amateurs inédites.
Une histoire de mode, mais surtout une histoire de liberté

C’est probablement ce qui rend cette exposition si actuelle. Un vestiaire à soi ne raconte pas uniquement l’évolution de la mode féminine. Elle raconte la façon dont une silhouette peut devenir une manière de prendre sa place, de déplacer les frontières, de questionner les rôles sociaux et les identités.
Le parcours invite ainsi à regarder autrement ces femmes qui ont choisi de sortir du vestiaire qui leur était assigné. Une veste, une paire de bottines, une cravate ou un pantalon prennent alors une toute autre dimension. La mode cesse d’être décorative : elle devient langage.
À voir aussi : Tisser, broder, sublimer
Et puisqu’une visite au Palais Galliera mérite largement de prendre son temps, il faut profiter de cette période pour découvrir également Tisser, broder, sublimer. Les savoir-faire de la mode, présentée jusqu’au 18 octobre 2026. Cette exposition explore les métiers et techniques d’ornementation de la mode, de la broderie à la dentelle en passant par les fleurs artificielles, en faisant dialoguer silhouettes historiques, maisons de couture et jeunes créateurs.
Le Palais Galliera propose d’ailleurs un billet combiné à 17 €, permettant de découvrir les deux expositions.
Infos pratiques
Un vestiaire à soi. Féminités dissidentes au 19e siècle
Du 26 septembre 2026 au 14 février 2027
Palais Galliera, 10 avenue Pierre-Ier-de-Serbie, 75116 Paris
Du mardi au dimanche, 10h à 18h, nocturne le vendredi jusqu’à 21h.
Tarif : 14 €, réduit 12 €. Billet combiné avec Tisser, broder, sublimer : 17 €.
Tisser, broder, sublimer. Les savoir-faire de la mode
Jusqu’au 18 octobre 2026
Palais Galliera, 10 avenue Pierre-Ier-de-Serbie, 75116 Paris.