Chaumet fond l’or en perles pour réinventer le diadème en collier
Un collier qui commence là où le diadème s’arrête : Chaumet déplace vers le cou l’un des gestes les plus ancrés dans son histoire joaillière, celui de couronner le front. La pièce s’appelle Joséphine, elle est en or rose et diamants, et sa fabrication dit autant que sa forme.
Du front au cou : un déplacement qui change tout
Le diadème est au cœur de ce que la maison construit depuis près de 250 ans. Plutôt que d’en concevoir un nouveau, Chaumet l’a transposé, en faisant glisser sa logique formelle depuis la tête jusqu’au cou. Le collier Joséphine reprend la structure d’une aigrette en V, dessinée en diamants, et l’installe là où repose habituellement un bijou de gorge.
Ce glissement n’est pas qu’une variation stylistique. Il redéfinit la relation entre la pièce et celle qui la porte : le regard porté sur une parure haute, habituellement vertical et frontal, devient ici plus enveloppant. Le V en diamants structure la descente sur le buste, et c’est précisément le long de ce V que vient s’inscrire le travail le plus singulier du collier.

L’or conduit au point de fusion, puis posé à la main
Pour réaliser ce collier, les artisans de l’atelier de Haute Joaillerie portent l’or rose à son point de fusion. À cette température, le métal se transforme en sphères parfaites. Ces perles d’or ne sont pas coulées dans un moule ni alignées mécaniquement : chacune est disposée une à une le long du V en diamants de l’aigrette.
Ce geste répété, minutieux, fait de la régularité une performance. La perle d’or obtenue par fusion n’est pas un matériau brut simplement retravaillé, c’est une forme aboutie dès sa naissance, que le joaillier installe ensuite avec précision dans la composition d’ensemble. La technique ancre la pièce dans un registre artisanal où rien n’est automatisé, rien n’est interchangeable.
Chaumet revendique ce savoir-faire transmis de génération en génération depuis près de 250 ans. Ce n’est pas une déclaration abstraite : sur cette pièce, elle se lit dans la texture du métal et dans la densité de l’ensemble.

Joséphine, un nom qui relie deux époques
Le choix du prénom n’est pas neutre. Chaumet ancre ses collections emblématiques dans la personnalité de l’impératrice Joséphine, première grande cliente de la maison, qui en avait fait son joaillier officiel. Nommer ce collier Joséphine, c’est convoquer cette histoire sans la répéter : la pièce ne reconstitue pas un bijou d’époque, elle engage un dialogue entre un geste transmis et une forme réinventée.
La maison a ouvert au 12 place Vendôme dès 1812, faisant de cette adresse son cœur. C’est là, dans l’atelier de Haute Joaillerie, que le collier Joséphine a été conçu et fabriqué. Ce lieu, rénové en 2020 à l’occasion des 240 ans de la maison, abrite à la fois les ateliers où ces gestes se perpétuent et les salons où les créations prennent sens face aux clients.
Ce que révèle finalement ce collier, c’est la manière dont Chaumet fait travailler sa propre continuité : non pas en la conservant figée, mais en la déplaçant, en la soumettant à une question nouvelle. Faire descendre le diadème sur le cou, c’est prouver qu’un vocabulaire joaillier de deux siècles et demi peut encore trouver un territoire qu’il n’avait pas encore exploré.
Source : la publication de Chaumet sur Instagram