Treize parfums des archives de Christian Dior dans un flacon de 1948
Un flacon ovale datant de 1948, treize fragrances exhumées des archives, et un geste éditorial qui dit beaucoup sur la façon dont Parfums Christian Dior choisit d’habiter son propre passé. La collection Dioriginals remet au centre de la conversation des signatures olfactives que la maison n’avait plus exposées sous les projecteurs depuis longtemps.
Treize fragrances que les archives avaient gardées pour elles
Ce n’est pas une nouveauté de laboratoire que propose cette collection. C’est un acte de fouille, patient et délibéré, dans les fonds de Parfums Christian Dior. Au total, treize signatures patrimoniales ressortent de ces archives pour composer les Dioriginals, un ensemble construit sur des fragrances qui avaient déjà existé, qui avaient déjà été portées, et que la maison a choisi de replacer dans la lumière.
Ce choix dit quelque chose de concret : certains parfums ne disparaissent pas vraiment, ils attendent. Rassemblées sous un même nom, ces treize propositions forment moins une collection nouvelle qu’un inventaire assumé, une façon de rendre accessible ce qui relevait jusqu’alors du souvenir ou de la curiosité de l’amateur averti.
Pour Parfums Christian Dior, l’exercice est aussi une prise de position. Ressortir des archives suppose de considérer que ce qu’elles contiennent mérite d’être revisité, et non simplement conservé.

Le flacon de 1948, choisi pour ce qu’il représente
La décision de contenant est aussi importante que celle de contenu. Les Dioriginals sont présentées dans le flacon ovale de 1948, celui-là même qui avait accueilli les toutes premières fragrances de la maison. Ce n’est pas un flacon redessiné pour évoquer l’époque : c’est la forme d’origine, réactivée dans sa fonction première.
Poser une fragrance patrimoniale dans le contenant qui avait servi à ses premières icônes olfactives, c’est créer une cohérence physique entre le fond et la forme. Celui ou celle qui tient le flacon entre les mains tient quelque chose dont la silhouette a près de huit décennies. Ce détail change l’expérience du parfum : avant même d’ouvrir le bouchon, le rapport au temps est déjà présent.
Pour Parfums Christian Dior, ce choix formel est aussi une manière de montrer que le flacon ovale ne relevait pas du détail décoratif. Il était le contenant pensé pour les premières expressions olfactives de la maison, et il redevient ici ce qu’il était : un écrin de référence.
Ce que les Dioriginals révèlent de la maison
Parfums Christian Dior se définit, depuis sa fondation en 1946, comme une maison couturière-parfumeuse. Le parfum n’y a jamais été un accessoire secondaire : il fait partie de la conception même de l’élégance que la maison a toujours défendue. Cette collection vient rappeler que cet engagement olfactif s’est construit sur des décennies, avec des créations qui méritent d’être connues au-delà des grandes figures du catalogue.
Aujourd’hui, c’est Francis Kurkdjian, Directeur de la Création Parfum, qui porte l’exigence créative de la maison en matière de fragrance. Les Dioriginals ne sont pas sa collection au sens d’une création originale : elles sont le territoire patrimonial dont il est, avec la maison, le gardien. Ce positionnement est rare dans le secteur. Il suppose une confiance dans des formules qui n’ont pas été reformulées pour plaire à un marché contemporain, mais proposées telles qu’elles appartiennent à l’histoire de Parfums Christian Dior.
Quant aux visages qui portent aujourd’hui la maison, la matière le précise clairement : Rihanna, Natalie Portman, Johnny Depp et Robert Pattinson sont les égéries des parfums, aux côtés d’une constellation d’ambassadrices pour le maquillage et le soin. Cette présence internationale donne une mesure de la portée que peut avoir une collection comme les Dioriginals : des fragrances nées dans les archives d’une maison parisienne, désormais portées dans le monde entier par des visages que ce même monde reconnaît.
Ce que les Dioriginals offrent, en définitive, c’est une façon différente d’entrer dans Parfums Christian Dior : non par les portes les plus connues, mais par celles que la maison avait laissées entrebâillées, en attendant que quelqu’un prenne le temps de les rouvrir.
Source : la publication de Parfums Christian Dior sur Instagram