Armani et Kith signent un troisième chapitre dans les tons désert
Quand le désert s’invite dans le vocabulaire du tailleur, quelque chose de singulier se produit : la rigueur cède sans capituler, et la forme trouve une respiration nouvelle. C’est précisément ce que propose le troisième chapitre de la collaboration entre Giorgio Armani et Kith, une collection homme qui approfondit un dialogue entamé sur plusieurs saisons.
Une trilogie qui gagne en cohérence
Deux premiers volets suffisent rarement à établir un langage. Le troisième, lui, confirme une direction. Avec ce nouvel opus, Giorgio Armani et l’enseigne new-yorkaise Kith ne repartent pas de zéro : ils consolident une grammaire visuelle commune, construite sur la tension entre la sobriété sartoriale milanaise et l’esthétique du sportswear haut de gamme américain. Le résultat n’est ni la fusion des deux ni le compromis, mais un territoire partagé où chaque maison reste reconnaissable.
Ce territoire, la collection le nomme clairement : le désert. L’image n’est pas anodine. Elle convoque à la fois l’étendue, le dépouillement et une certaine lumière, celle qui brûle les couleurs jusqu’à les réduire à leur essence. C’est autour de cette référence que l’ensemble de la collection s’organise, des choix chromatiques aux matières, en passant par la coupe.
Le désert comme principe de style
La palette qui traverse la collection dit tout de cette intention. Des tons terreux, des nuances délavées par le soleil : aucune couleur ne cherche à s’imposer, toutes semblent avoir été filtrées par la même lumière rasante. Ce travail chromatique n’est pas décoratif, il est structurant. Il donne à l’ensemble une unité visuelle immédiate, identifiable à distance.
Les matières naturelles raffinées prolongent cette cohérence. Leur traitement privilégie le toucher et la respiration plutôt que l’ostentation. Les silhouettes, fluides, laissent le corps exister sans le contraindre. Quant au tailleur, Giorgio Armani y applique le principe de déconstruction qui traverse son œuvre depuis ses débuts : la veste garde sa tenue sans imposer sa rigidité, le costume respire sans se déformer. Ce geste, ici, dialogue directement avec l’exigence de confort propre au sportswear que Kith représente.
La campagne visuelle prolonge l’atmosphère de la collection, et la musique qui l’accompagne est signée Carlita. Ce choix de bande-son n’est pas annexe : il participe à la construction d’un univers sensoriel cohérent, où chaque élément renforce les autres.
Prêt-à-porter, accessoires, chaussure : une collection complète
La collaboration ne se limite pas aux vêtements. Cette collection Giorgio Armani x Kith couvre le prêt-à-porter masculin dans son ensemble, mais s’étend aussi aux accessoires et à la chaussure. Cette amplitude est significative : elle permet de construire un vestiaire complet autour du même fil conducteur, sans rupture d’esprit entre une veste et une paire de chaussures.
Pour un homme qui cherche à habiller une garde-robe entière à partir d’un seul référentiel visuel, c’est une proposition cohérente. Chaque pièce peut fonctionner seule, mais l’ensemble gagne en sens lorsqu’il est assemblé selon la logique désertique qui structure la collection.
Où et comment se la procurer
La mise en vente se fait via une sélection de boutiques Giorgio Armani et de points de vente Kith dans le monde, ainsi qu’en ligne sur les deux plateformes. Cette distribution internationale reflète la nature de la collaboration : elle ne s’adresse pas à un seul marché, mais à une clientèle qui navigue entre les deux univers, celui de la maison milanaise et celui de l’enseigne américaine.
Giorgio Armani a construit, depuis la fondation de sa maison en 1975, une réputation fondée sur la maîtrise du vêtement déconstruit et des silhouettes qui redéfinissent l’élégance masculine sans la figer. Cette collaboration avec Kith n’est pas un écart de parcours : c’est une façon de mesurer jusqu’où ce vocabulaire peut voyager, et ce qu’il conserve de lui-même lorsqu’il rencontre une autre culture vestimentaire. Le désert, terrain sans aspérités et sans artifices, était peut-être le seul décor assez neutre pour que les deux langages se parlent vraiment.
Source : la publication de Giorgio Armani sur Instagram