Les Angels du Victoria’s Secret Fashion Show 2026 photographiées en coulisses à Los Angeles par Corey Tenold
Derrière les paillettes et les ailes de plumes, le Victoria’s Secret Fashion Show 2026 révèle une ambition bien plus grande qu’un simple défilé de lingerie. Cette édition pose une question que peu de marques osent soulever au grand jour : peut-on être sexy, drôle et profondément respectueux des femmes, tout à la fois ?
Victoria’s Secret 2026 choisit Los Angeles comme nouveau terrain de jeu
Pour cette édition, la marque quitte ses habituels terrains d’expression et installe son show sur le site des studios Sony, à Los Angeles. Ce décor hollywoodien n’est pas anodin : il renforce l’idée d’un spectacle total, pensé autant comme événement télévisé que comme défilé de mode.
Les chiffres parlent d’ailleurs d’eux-mêmes. L’an dernier, environ 2,9 millions de téléspectateurs ont suivi le show, et la marque a enregistré 6,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires, en hausse de 5 % sur un an.
Ces résultats replacent Victoria’s Secret dans une catégorie à part. Là où Ralph Lauren ou Calvin Klein incarnent une certaine idée du style américain, cette marque touche un public bien plus large, avec une offre concentrée sur la lingerie, les soutiens-gorge et les pièces de sous-vêtements.
Un casting qui reflète la diversité du moment
Le plateau de mannequins réuni pour ce show donne une idée précise des intentions de la marque. Gigi Hadid, Adriana Lima, Paloma Elsesser, Candice Swanepoel, Ashley Graham, Joan Smalls et bien d’autres ont foulé le podium lors de cette soirée.
Ce mélange de générations et de morphologies témoigne d’un repositionnement réel. La marque ne cherche plus à imposer un seul modèle de féminité, mais à en embrasser plusieurs.
Du côté des performances musicales, la programmation réunit Tate McRae, KATSEYE, Megan Moroney et Megan Thee Stallion. Ces choix traduisent une volonté claire de rester ancrée dans la culture pop actuelle, pas seulement dans l’univers de la lingerie.
- Gigi Hadid, figure de proue d’une nouvelle génération de top models
- Adriana Lima, vétérante du show revenue pour cette édition
- Paloma Elsesser et Ashley Graham, symboles d’une représentation élargie
- Joan Smalls et Candice Swanepoel, présences fidèles à l’univers de la marque
- Le grand retour du Fantasy Bra, sertie de diamants, portée par une mannequin choisie avec soin
Adam Selman redessine l’ADN de Victoria’s Secret 2026
Depuis environ un an et demi, Adam Selman occupe le poste de vice-président exécutif et directeur de la création. Sa trajectoire est singulière : il a grandi dans la région de Waco, au Texas, et sa propre mère détournait le regard devant les boutiques Victoria’s Secret.
Avant de rejoindre la marque, Selman a notamment travaillé avec le créateur de costumes Zaldy et collaboré avec Rihanna sur sa ligne de lingerie Fenty. Cette double expérience – entre spectacle et lingerie – lui confère une lecture particulière du show.
Il a décidé de placer ce qu’il appelle « la joie de la marque » au centre de son approche créative. Cela suppose de préserver l’humour et la théâtralité qui ont toujours existé dans l’univers de Victoria’s Secret, sans jamais verser dans la caricature.
Séduction, camp et respect, un équilibre difficile à tenir
La tension créative que Selman gère au quotidien est bien réelle. La marque doit rester désirable sans être condescendante, ludique sans devenir kitsch, sexy sans frôler la provocation gratuite.
Sa réponse à ce défi prend la forme d’une esthétique camp, assumée et délibérément théâtrale. Loin de chercher à habiller les femmes comme des poupées – c’est lui-même qui formule ce refus – il vise un équilibre entre plaisir visuel et dignité.
Il affirme par ailleurs que la marque n’a pas besoin de renoncer à ce qui la définit fondamentalement pour proposer une version moderne et inclusive de son imaginaire. Ces deux dimensions peuvent, selon lui, coexister sans se contredire.
C’est peut-être là que réside la vraie nouveauté de ce défilé Victoria’s Secret 2026 : non pas dans l’ajout d’éléments spectaculaires, mais dans la conviction que le glamour et le respect ne s’excluent plus.