L’interview Select de Sarah Poniatowski. Rdv dans son écrin parisien, Maison Sarah Lavoine, place des Victoires

Dans sa boutique Maison Sarah Lavoine, place des Victoires, Sarah Poniatowski nous reçoit avec cette énergie solaire et déterminée qui caractérise son parcours. Architecte d’intérieur, entrepreneure accomplie, autrice et bientôt podcasteuse, elle incarne une vision du design à la fois instinctive, exigeante et profondément humaine.

Pour Paris Select, elle revient sans filtre sur son amour de Paris, ses adresses fétiches, ses inspirations, mais aussi sur les réalités de l’entrepreneuriat : les doutes, le syndrome de l’imposteur, l’importance des équipes, et cette discipline intérieure qui consiste à cultiver le positif dans un monde parfois anxiogène.

De ses projets hôteliers à venir à son admiration pour Philippe Starck, en passant par son désir de transmettre aux jeunes créatifs, Sarah Poniatowski dessine le portrait d’une femme en mouvement, guidée par la curiosité, l’audace et la quête d’équilibre. Une rencontre inspirante avec une créatrice qui n’a jamais cessé de rêver et surtout, d’oser !

Paris Select : Avez-vous toujours su que le design ferait partie de votre vie ?

Sarah Poniatowski : Non, pas au départ. J’ai grandi dans cet univers parce que ma mère était décoratrice, et inconsciemment elle m’a transmis ce goût. Mais je voulais être comédienne, j’ai fait de la psycho, de la philo, du théâtre. Et un matin, je me suis dit que j’allais appeler ma mère pour travailler avec elle! J’ai appris comme ça.

PS : Y a-t-il un projet qui a particulièrement marqué votre identité de créatrice ?

SP : Oui, plusieurs. Mon premier restaurant, le Victoria avec Benjamin Patou, place de l’Étoile. Ensuite le concours remporté pour L’Oréal Luxe, un immense bâtiment tertiaire de 40 000 m². Avant, je faisais surtout du résidentiel. Ce projet m’a ouvert à d’autres secteurs et à une nouvelle dimension.

PS : Préférez-vous concevoir des appartements, des hôtels ou des restaurants ?

SP :Je n’aime pas choisir. J’ai la chance de travailler sur des appartements, des hôtels, des restaurants, des bureaux, des parties communes… Et j’aimerais que cela continue ainsi.

PS : Qu’est-ce qui nourrit votre créativité en dehors de la décoration ?

SP :Je suis extrêmement curieuse. Je regarde comment les gens s’habillent, les façades, la nature, les expositions… Tout nourrit ma créativité en permanence. C’est un travail continu.

PS : Si vous pouviez imaginer un projet n’importe où dans le monde ?

SP :Je n’ai jamais fait de resort. Ce serait formidable. Une grande maison sur une île, à grande échelle.

PS : Y a-t-il une rencontre ou une collaboration qui a profondément influencé votre parcours ?

SP :Il y a des gens que j’ai rencontrés dans ma vie que j’admire énormément et qui influencent mon parcours quoi qu’il arrive. Par exemple Philippe Starck. C’est quelqu’un qui me fascine, que je trouve absolument génial. J’adorerais avoir son parcours, sa vie. Je dis souvent que j’aimerais être dans son cerveau parce que ça va tellement vite, il a une idée à la minute. Donc oui, Starck.

PS : Avez-vous des rituels ou une méthode pour rester créative et productive ?

SP :J’essaie toujours d’être dans un système de pensée positive. J’en parle d’ailleurs dans mon livre. C’est très important de reprogrammer son cerveau pour garder de bonnes énergies, ce qui n’est pas toujours évident dans un environnement anxiogène. L’information est souvent sombre. Pour rester créatif, il faut garder le positif. En tout cas pour moi. Je pense que tous les entrepreneurs en ont besoin.

PS : Si vous deviez transmettre un conseil à un jeune créatif, quel serait-il ?

SP :Je lui dirais de croire en ses rêves, d’oser, d’essayer de faire un maximum de choses. Mais aussi de prendre son temps. Et… d’acheter mon livre (rires). Plus sérieusement, je trouve que ce sujet est important : il faut croire en soi tout en restant patient.

PS : Qu’est-ce que l’écriture de votre livre “Rêver, oser, créer et recommencer” vous a apporté ?

SP :On me demande souvent d’intervenir dans des forums ou des conférences, souvent auprès de femmes, pour raconter mon parcours. Beaucoup n’osent pas, ne savent pas par où commencer. Je me suis dit que j’avais l’âge et l’expérience pour transmettre. C’était important pour moi de partager cela.

PS : À quoi ressemble pour vous un futur parfait ?

SP :Un futur parfait, c’est le juste équilibre entre mon travail, ma famille, les voyages, mon amoureux… tout ça. Avec un peu plus de soleil, peut-être ailleurs. Et la mer.

PS : Avez-vous déjà ressenti le syndrome de l’imposteur ?

SP :Oui, je l’ai eu et je l’ai encore. Parce que j’apprends tous les jours. Je n’ai pas un ego énorme, donc je continue à me nourrir de tout ce qui se passe. Je n’ai pas fait d’école, donc j’ai forcément des lacunes. Mais j’ai la chance d’être bien entourée, ce qui me permet de progresser en permanence.

PS : Être bien entouré est-il essentiel pour un entrepreneur ?

SP :Pour moi, ça aurait été impossible de faire tout ce que j’ai fait seule. J’ai des équipes formidables. On s’entraide, on se nourrit les uns des autres. Ce sont des vases communicants. C’est fondamental.

PS : Quelle est la qualité première que vous attendez de vos collaborateurs ?

SP :Le même élan de désir, de découverte, l’envie de comprendre ce qui nous entoure. Nous travaillons dans l’univers du beau, de l’esthétique. Il faut être extrêmement curieux. À Paris, on a la chance d’avoir des expositions, une énergie culturelle permanente. Il faut s’en nourrir pour enrichir notre travail.

PS : Vous lancez un podcast. Pouvez-vous nous en parler ?

SP :Oui, je travaille sur un podcast qui devrait sortir début mars, normalement le jour de mon anniversaire. Ce sera une chronique, un peu comme un journal de bord à voix haute. Je parlerai de sujets qui m’intéressent, que l’on retrouve dans mes livres : entrepreneuriat, élévation personnelle, décoration, vie… Ça s’appellera Ainsi soit-il.

PS : Vous avez du respect pour ceux qui entreprennent ?

SP :Énormément. C’est une grosse épreuve. On pense souvent que c’est facile, que tout a l’air fluide ou que la notoriété simplifie tout. En réalité, il y a un vrai décalage entre l’image et la réalité. Ce n’est pas facile du tout!

PS : Quels sont vos grands projets actuels ?

SP :Nous avons de très beaux projets en architecture : des hôtels à Paris, notamment un gros projet sur l’Île Seguin. Et l’idée est aussi d’emmener la Maison Sarah Lavoine encore plus loin à l’international.

PS : Où êtes-vous présents aujourd’hui ?

SP :Nous sommes présents un peu partout dans le monde en wholesale, mais pas encore en maison en propre. Et pas encore en Asie. L’objectif est d’aller plus loin…

PS : Vos enfants sont-ils fiers de votre parcours ?

SP :Je crois qu’ils le sont. Nous sommes très proches. J’essaie toujours de les privilégier malgré le rythme. Bien sûr, il y a des regrets, le temps passe trop vite, ils ont grandi très vite. Mais on se crée de beaux moments ensemble.

PS : Ont-ils un regard sur votre travail ?

SP :Ma fille est photographe, actrice, jeune réalisatrice, donc très artistique. Mon fils Roman me conseille depuis qu’il est petit, il donne son avis sur les produits, ce qu’on doit faire ou non. Il est très créatif et en même temps très business. Le troisième, on ne sait pas encore.

PS : Y a-t-il un projet personnel que vous rêvez encore de développer ?

SP :Oui. J’aimerais créer mes propres hôtels. Des boutique-hôtels. Une petite chaîne d’hôtels “comme à la maison”. La Maison Sarah Lavoine, version hôtelière.

Où trouver les boutiques Maison Sarah Lavoine à Paris ?

Paris – 16 Passy 25 Rue de l’Annonciation 75016 Paris

Paris – 07 Bac 28 Rue du Bac 75007 Paris

Paris – 02 Victoires 6 place des Victoires 75002 Paris

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