« Pictogramme 12M » : ce repère sur le tube indique si votre crème solaire de l’été dernier est encore utilisable

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Chaque début d’été, le même doute surgit au fond du sac de plage : ce tube de crème solaire retrouvé depuis l’été dernier est-il encore efficace ? La réponse dépend de plusieurs indices concrets, et un signe en particulier, directement lisible sur l’emballage, change tout.

Le signe à repérer en premier sur le tube de crème solaire

Sur tout produit solaire, un pictogramme discret mérite toute votre attention. Il s’agit de la Période Après Ouverture (PAO), représentée par un petit pot ouvert suivi d’un chiffre : « 12M » ou « 18M ». La majorité des tubes indiquent 12M, ce qui signifie que le produit doit être utilisé dans l’année suivant sa première ouverture.

Ainsi, si vous avez ouvert votre flacon en juin dernier, la limite théorique tombe en juin de cette année. Passé ce délai, les filtres UV se dégradent et le SPF réel chute, sans que rien ne le signale visuellement.

En revanche, la mention « à utiliser de préférence avant » concerne uniquement les tubes jamais ouverts. Tant que cette date de durabilité minimale (DDM) n’est pas dépassée, un solaire fermé reste en principe utilisable.

Ce que dit l’étude UFC-Que Choisir sur la durée de vie réelle

Pour aller plus loin, l’UFC-Que Choisir a conduit une étude sur huit crèmes solaires pendant 14 mois. Les produits ont été soumis à des alternances de froid, de forte chaleur et d’UV artificiels. Au terme du protocole, six références sur huit étaient restées stables.

« On peut donc se servir d’une crème qui a l’air normale un an après. Par contre, s’en servir trois étés de suite serait probablement exagéré. » – UFC-Que Choisir

Ces résultats rassurants ont pourtant une limite importante. Les crèmes solaires bio à filtres minéraux n’ont pas été incluses dans l’étude, ce qui invite à rester vigilante pour ces formules.

L’exception qui impose la plus grande prudence pour sa crème solaire

Certains produits solaires contiennent de l’octocrylène, un filtre UV chimique présent dans de nombreuses formules classiques. Ce filtre pose un problème particulier avec le temps.

Selon Laurence Coiffard, enseignante chercheuse en formulation cosmétique à l’Université de Nantes, ce filtre « devient cancérigène quand il se décompose sur le long terme ». De plus, elle précise que « cette altération est complètement invisible et le consommateur n’a aucun indice pour s’en rendre compte ».

Par conséquent, pour les produits contenant de l’octocrylène, vérifier la PAO ne suffit pas. Mieux vaut renouveler le tube chaque saison, sans exception.

Les indices visuels et olfactifs qui signalent un produit dégradé

Au-delà des dates, l’aspect du produit lui-même fournit des indices précieux. Une protection solaire saine présente une texture homogène, sans séparation entre les phases. Si de l’huile sort avant la crème, ou si des grumeaux apparaissent, le produit est altéré.

L’odeur constitue aussi un signal fiable. L’UFC-Que Choisir est clair à ce sujet : « Si le produit sent le rance ou toute autre odeur suspecte : à la poubelle ! » Inutile de chercher à tester sur la peau dans ce cas.

  • Vérifier la Période Après Ouverture (PAO) : « 12M » signifie 12 mois après ouverture.
  • Contrôler la date de durabilité minimale (DDM) sur les tubes jamais ouverts.
  • Inspecter la texture : une crème qui se déphase ou fait des grumeaux est à jeter.
  • Sentir le produit : une odeur rance ou suspecte indique une dégradation.
  • Repérer tout changement de couleur : un jaunissement ou brunissement inhabituel traduit une altération chimique des filtres.

Quand la couleur du produit devient un signal d’alarme

Un autre indice visuel mérite attention : la couleur. Un jaunissement ou un brunissement inhabituel, notamment dans les formules blanches, traduit une altération chimique des filtres UV. Ce changement peut paraître bénin, mais il signale une dégradation réelle.

Dans ce cas, la protection solaire devient imprévisible. La peau peut alors recevoir bien plus d’UVA et d’UVB qu’attendu, sans s’en rendre compte sur le moment. Or, l’OMS souligne que les coups de soleil répétés augmentent fortement le risque de mélanome.

Ainsi, même un tube d’apparence normale mérite un examen attentif avant d’être remis en service. Date, texture, odeur et couleur forment ensemble les quatre garde-fous à vérifier avant chaque saison estivale.

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