« Je n’ai pas pu m’en empêcher » : Anthony Vaccarello fait défiler ses mannequins Saint Laurent sans pantalon
Ce 24 juin 2026, la Bourse de Commerce de Paris a accueilli le défilé Saint Laurent homme printemps-été 2027. Anthony Vaccarello y a présenté une collection où classicisme bourgeois et tension érotique se mêlent avec subtilité. La journée la plus chaude jamais enregistrée dans la capitale offrait un décor parfait pour cette proposition vestimentaire axée sur la légèreté.
Un défilé enveloppé de brume à la Bourse de Commerce
Les mannequins avançaient à travers des nuages de vapeur d’eau. L’artiste japonaise Fujiko Nakaya avait installé un dispositif diffusant du brouillard par intermittence depuis une ouverture dans le sol. Cette mise en scène créait une atmosphère presque irréelle autour des silhouettes.
Avant même l’apparition du premier look, Madonna et Charli XCX avaient rejoint le premier rang. Toutes deux portaient des robes moulantes en dentelle de silicone rouge flamboyant et rose électrique. Ces pièces provenaient du défilé d’Anthony Vaccarello d’octobre dernier.
La brume persistante sur les images du show matérialisait la vision du créateur. Sa séduction repose sur la retenue, presque insaisissable. Cette idée se retrouvait dans la palette à peine perceptible qui traversait la collection.
« Je voulais épurer, rendre les choses plus légères. Avec cette chaleur estivale, on a envie de vêtements simples, faciles à porter, extrêmement légers. »
Des vestes épurées et des matières pensées pour le voyage
Anthony Vaccarello évoquait ses vestes non doublées, coupées plus près du corps et légèrement raccourcies. Les matières souples et fines se glissent dans une valise sans craindre qu’elles se froissent. Cette approche pratique n’enlève rien à l’élégance des pièces.
À travers la brume, la première impression évoquait presque Giorgio Armani. Costumes beige sable, nuances poudrées et pantalons fluides composaient une élégance discrète. Le créateur affirmait trouver cela bien plus fascinant que quelqu’un qui cherche à séduire à tout prix.
- Vestes non doublées et ajustées
- Costumes beige sable aux nuances poudrées
- Foulards de soie façon bandana noués serrés
- Derbies transparents
- Boutons bijoux sur les vestes
Des détails qui bousculent le classicisme chez Saint Laurent
Chez Saint Laurent, tout se joue dans les détails. Des foulards de soie façon bandana apparaissaient noués très serrés autour du cou. Portés comme des colliers ras-du-cou avec des vestes et gilets à même la peau, ils apportaient une dimension inattendue.
Aux pieds des mannequins, les derbies transparents venaient perturber toute idée de classicisme strict. Certains avançaient avec une décontraction absolue, simplement vêtus de slips en maille ou en cuir, sans pantalon. Le créateur s’amusait de cette audace qu’il n’avait pas pu retenir.
Cette tension presque fétichiste entre bourgeoisie française et érotisme appartient à l’ADN de la maison. Selon Vaccarello, c’est une maison qui ne doit pas être tendance, mais intemporelle. Tout se joue sur cette frontière entre le classique et le sulfureux.
L’opulence assumée des boutons bijoux
L’opulence scintillait dans les boutons bijoux des vestes à deux ou trois boutons. Le final spectaculaire voyait des silhouettes dorées émerger lentement de la brume. Cette richesse visuelle clôturait le défilé avec force.
L’idée des boutons bijoux est née de l’admiration du créateur pour Tina Chow. Elle était célèbre pour avoir transformé ses broches et boucles d’oreilles en boutons de smoking. Un superbe trench en tissu doré à l’aspect patiné s’inspirait d’une matière utilisée par Alber Elbaz pendant son passage chez Saint Laurent.
L’héritage d’Yves Saint Laurent relu par Vaccarello
Depuis plus d’une décennie à la tête de la maison, Anthony Vaccarello construit patiemment son langage. Son succès dans le vestiaire masculin repose sur sa capacité à transposer certains codes de ses collections féminines. Respecter l’héritage sans se laisser écraser par lui reste son équilibre.
Cette démarche puise largement dans les archives monumentales d’Yves Saint Laurent des années 1970 et 1980. Yves a été le premier à jouer avec les archétypes du vestiaire : le costume parfait, le trench parfait. Vaccarello ajoutait à plusieurs silhouettes des blousons en nylon aux épaules architecturées, très années 1980.
Ces pièces étaient associées à des pantalons de tailleur à taille extrêmement haute, ceinturés. Le créateur les décrivait comme inspirés de photographies de Jacques Chirac dans les années 1970 et 1980. Il résumait cela avec humour : un côté papa chic.
Aussi silencieuse et portable que puisse paraître cette collection au premier regard, ce sont précisément ces messages codés qui font monter la température. Les glissements subtils entre élégance bourgeoise et sensualité assumée définissent les défilés masculins de Saint Laurent.