Mascara tubing : cette technique japonaise explose en France et séduit déjà 2 millions de Françaises
Le mascara tubing s’impose en 2026 comme l’une des innovations beauté les plus suivies. En France, les recherches Google ont bondi de 424 % en un an, et près de 347 000 requêtes ont été enregistrées dans le monde au mois de juin, selon une étude Glimpse pour Fresha. Pourtant, derrière ce regain d’intérêt se cache une technologie bien plus ancienne qu’il n’y paraît.
Un mascara gainant qui tient face à la chaleur et à l’eau
Son arrivée dans les rayons s’est faite si discrètement que beaucoup l’ont peut-être déjà utilisé sans le savoir. Plusieurs marques pionnières, comme Glossier, Hourglass, Clinique ou Tarte Cosmetics, l’ont adopté depuis plusieurs années. Elles ont été rejointes par de jeunes enseignes de la «clean beauty», comme Aime Skincare ou Merit Beauty, avant que le terme ne devienne viral sur les réseaux sociaux.
Contrairement aux mascaras classiques, formulés à partir de cires, de baumes et de pigments, le mascara tubing contient principalement des polymères. Ces molécules s’assemblent pour former un maillage qui enveloppe chaque cil individuellement. Les polymères, le plus souvent d’origine synthétique, se dissolvent dans l’eau plutôt que dans le gras. C’est ainsi que le produit se retire simplement à l’eau tiède, sans démaquillant.
Cette formule répond à des désagréments bien connus en été : bavures favorisées par la chaleur et le sébum, transferts de pigments après une baignade, ou démaquillage fastidieux des mascaras waterproof. De plus, il résiste, en théorie, aux larmes et à une baignade en mer ou en piscine non chauffée.
«Une fois qu’on l’a adopté, beaucoup de femmes ne reviennent plus en arrière, notamment parce que le démaquillage est beaucoup plus simple.», Carole Colombani, maquilleuse studio
Tubing ou waterproof : quelle différence concrète ?
Il ne faut pas confondre le mascara gainant avec le waterproof. Ce dernier utilise d’autres agents filmogènes, qui offrent une tenue encore plus forte mais sont aussi plus difficiles à retirer, avec davantage de frottements sur les yeux. Carole Colombani, maquilleuse studio et fondatrice de Colombani Beauty, ne le recommande pas forcément au quotidien, contrairement au tubing, qui peut s’utiliser tous les jours.
En revanche, mieux vaut éviter les environnements très chauds et humides, comme un jacuzzi, un hammam ou une piscine chauffée à plus de 28 °C. Dans ces situations, un mascara water-resistant sera plus adapté. Ainsi, le tubing se positionne comme un bon compromis entre tenue et douceur pour un usage courant.
Des cils définis, sans paquets ni transfert
Autre atout majeur du mascara tubing : sa capacité à étoffer visuellement les cils, même lorsqu’ils sont fins, courts ou clairsemés. Les polymères forment une petite gaine autour de chaque cil, ce que Sophie Strobel, ingénieure biologiste spécialisée en cosmétologie, compare à «une petite robe noire sur mesure». Chaque cil est ainsi enrobé séparément, ce qui évite les paquets.
À l’inverse, les mascaras plus riches en cires ou en baumes ont davantage tendance à agglomérer les cils. Dans ce cas, la qualité de la brosse devient essentielle pour retrouver de la définition. Avec le gainant, la formule fait déjà une grande partie du travail. C’est donc un avantage appréciable pour les personnes aux paupières grasses ou sujettes aux transferts en fin de journée.
Pour bien l’appliquer, il faut travailler rapidement : les mascaras tubing sèchent plus vite que les formules classiques. Carole Colombani conseille de commencer par une première couche avec la face creuse de la brosse, puis d’utiliser la face bombée pour apporter longueur et volume. Deux à trois couches suffisent, à condition de ne plus y toucher ensuite.
- Tenue toute la journée sans retouche, même par forte chaleur
- Retrait à l’eau tiède, sans démaquillant spécifique
- Cils séparés et définis grâce à l’enrobage polymère individuel
- Adapté aux femmes actives, sportives ou aux paupières grasses
- À éviter dans les environnements très chauds et humides (jacuzzi, hammam, piscine chauffée à plus de 28 °C)
Comment retirer le mascara gainant sans abîmer les cils
Le démaquillage est sans doute l’argument le plus convaincant du mascara tubing. Là où les mascaras waterproof nécessitent un démaquillant biphasé, une huile ou un baume, le gainant se retire simplement avec de l’eau tiède. Carole Colombani souligne que cela enlève «une vraie charge mentale», surtout en voyage ou en vacances.
Pour autant, le démaquillage est plus simple, mais pas forcément plus rapide. La maquilleuse conseille de terminer avec une lingette en microfibre, un coton-tige humidifié ou un peu d’eau micellaire. Par ailleurs, elle déconseille de le retirer sous la douche, au risque de retrouver davantage de résidus sur la peau.
Le mascara tubing, un basique durable dans nos trousses
Faut-il pour autant abandonner son mascara traditionnel ? Pas nécessairement. Les deux technologies vont continuer à cohabiter, selon Carole Colombani. Les mascaras tubing prennent progressivement de la place dans les rayons, mais l’essentiel reste de trouver la formule qui correspond à ses cils et à ses habitudes. Toutes les femmes n’ont pas les mêmes attentes.
Sophie Strobel partage ce constat nuancé. Pour elle, le mascara tubing est devenu un véritable basique, non pas un simple effet de mode, mais une vraie innovation de formulation qui a prouvé son efficacité. Elle rappelle pourtant qu’il n’existe pas de mascara universel : ce n’est pas parce qu’une formule est plus récente qu’elle est forcément meilleure pour tout le monde.
Plus qu’un remplacement du mascara classique, le gainant illustre ainsi l’évolution des attentes des consommatrices : des produits capables de conjuguer performance, confort et simplicité. Cette innovation a toutes les chances de s’installer durablement dans nos trousses de maquillage.