Kenzo plante 11 000 coraux en Polynésie pour son nouveau parfum
Au large de Moorea, en Polynésie française, des coraux repoussent sur des structures sous-marines financées par Kenzo Parfums : c’est dans cet écrin que la maison a choisi de poser la caméra pour présenter L’Eau Ambrée, sa nouvelle interprétation de L’Eau Kenzo. Ce choix n’est pas purement esthétique, et c’est précisément ce qui le rend intéressant.
Un parfum construit sur une même logique, du fond du flacon au fond de l’océan
L’Eau Ambrée s’éloigne de la fraîcheur attendue d’une eau de Kenzo pour se diriger vers des tonalités plus chaudes et plus sensuelles. La reformulation garde l’ADN de la famille L’Eau Kenzo, mais bascule vers quelque chose de plus enveloppant. Ce glissement sensoriel vers l’ambre donne au jus une densité nouvelle, comme si la lumière dorée de la Polynésie avait infiltré la composition elle-même.
La formule intègre 90 % d’ingrédients d’origine naturelle. Parmi eux, l’ylang-ylang occupe une place particulière : il est extrait sans solvant, par extraction à l’eau, ce qui distingue le procédé des méthodes plus courantes dans la parfumerie industrielle. D’autres ingrédients proviennent du recyclage ou de filières agricoles engagées dans une transition vers des pratiques régénératives. Ce n’est pas seulement une question de pourcentage : la manière dont chaque matière est obtenue fait partie du projet.
Le parfum est fabriqué intégralement en France. Ce point, souvent relégué à la mention légale, prend ici une autre signification : il s’inscrit dans une démarche de traçabilité qui court de la récolte des matières premières jusqu’à la mise en flacon.
Un flacon pensé dans le même esprit
Le contenant répond à la même intention. Le flacon de L’Eau Ambrée intègre 15 % de verre recyclé, et l’étui qui l’entoure est réalisé en papier issu de sources responsables. Ces choix ne transforment pas l’objet en un geste militant, mais ils témoignent d’une cohérence appliquée jusque dans les composants les plus discrets du packaging.
Ce type de détail compte, car il évite la dissociation fréquente entre un discours engagé et un produit dont la fabrication contredit ce discours. Ici, la formulation, la production et le conditionnement suivent une même direction.
Un partenariat ancré dans le territoire qui a inspiré la campagne
La campagne publicitaire du parfum a été tournée à Moorea, aux côtés des Coral Gardeners, une organisation dédiée à la restauration des récifs coralliens en Polynésie française. Ce n’est pas un simple décor emprunté : Kenzo Parfums a financé un jardin sous-marin de 11 000 coraux dans ce même territoire. Les images du film et l’action concrète sur le terrain partagent donc le même lieu, ce qui donne à la campagne une cohérence que les décors exotiques de commande n’ont pas toujours.
Le partenariat avec les Coral Gardeners comprend aussi un volet éducatif. 520 enfants des communautés locales ont bénéficié d’une formation à la préservation des récifs dans le cadre de cette collaboration. C’est une dimension moins visible que le jardin de coraux, mais elle ancre l’engagement dans la durée, au-delà du lancement d’un produit.
Ce que cette démarche dit de la maison aujourd’hui
Fondée à Paris en 1970 par Kenzo Takada, la maison a toujours revendiqué une relation à la nature et à la diversité culturelle comme éléments constitutifs de son identité. Depuis septembre 2021, c’est Nigo qui occupe le poste de Directeur Artistique. Dans ce contexte, L’Eau Ambrée ne se pose pas comme un lancement isolé, mais comme une façon de prolonger une certaine vision de Kenzo, celle d’une création qui regarde le monde au-delà de ses propres frontières.
Ce qui retient l’attention dans ce projet, c’est l’absence de rupture entre les différentes strates du produit. L’inspiration vient de la Polynésie française, la campagne y a été tournée, les coraux y ont été plantés, les enfants y ont été formés, et le parfum lui-même porte dans sa composition une exigence de traçabilité cohérente avec cet ancrage. Rarement un lancement de parfum réunit aussi clairement la source d’inspiration et le terrain d’action dans un même geste.