Vacheron Constantin confie ses cadrans à des maîtres du micro-origami

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Imaginez un pli de papier aussi fin qu’un cheveu, replié avec une précision millimétrique sur une surface qui ne dépasse pas quelques centimètres carrés. C’est l’un des défis que Vacheron Constantin a soumis à des artisans extérieurs au monde horloger pour composer sa nouvelle série Métiers d’Art. Le résultat : six montres dont les cadrans deviennent de véritables terrains d’expérimentation artistique.

Quand le cadran cesse d’être un simple support

Dans l’histoire de la haute horlogerie, le cadran a longtemps oscillé entre deux fonctions : indiquer l’heure et orner le poignet. Vacheron Constantin choisit ici une troisième voie, en traitant ce disque de quelques centimètres comme un atelier en miniature. Chacune des six pièces de la série est confiée à un artisan dont la discipline n’a, au départ, aucun lien avec l’horlogerie.

C’est précisément là que réside le geste fort de cette initiative. La maison ne mobilise pas des techniques que ses propres ateliers maîtrisent déjà. Elle va chercher des savoir-faire ailleurs, puis pose à ces artisans une contrainte radicale : transposer leur pratique à une échelle miniature, celle d’un cadran de montre.

Le thème retenu pour fédérer ces six interprétations est le règne animal. Chaque pièce représente ainsi une forme du vivant, traitée selon la logique et la sensibilité propres à chaque discipline invitée.

Des techniques aussi inattendues que le micro-origami ou la sculpture sur verre

Parmi les techniques mobilisées, le micro-origami et la sculpture sur verre illustrent à elles seules l’amplitude du projet. Le micro-origami transpose sur une échelle infime un art du pli qui exige déjà, à taille normale, une précision extrême et une parfaite maîtrise des matières. Ramener ce geste aux dimensions d’un cadran de montre transforme chaque pli en un acte quasi chirurgical.

La sculpture sur verre, elle, convoque un tout autre rapport à la matière : là où l’origami travaille la souplesse, le verre oppose sa résistance et sa fragilité simultanées. Creuser, tailler ou graver ce matériau à l’échelle d’un cadran suppose une dextérité que peu de disciplines préparent. C’est pourtant ce que Vacheron Constantin a demandé à ces artisans de faire.

Ces deux exemples ne constituent pas une liste exhaustive des six techniques retenues : la maison n’en précise pas l’intégralité, mais chaque cadran engage une discipline distincte, portée par un artisan dont le parcours n’est pas celui d’un horloger.

Le One of Not Many Crafts Programme, un cadre délibéré

Cette démarche ne relève pas d’une commande ponctuelle. Vacheron Constantin l’inscrit dans un programme interne baptisé One of Not Many Crafts Programme, ce qui indique une intention structurée, pensée sur le long terme plutôt qu’opportuniste. Le programme constitue le cadre dans lequel la maison formalise cette ouverture vers des disciplines non horlogères.

Ce positionnement dit quelque chose de précis sur la manière dont Vacheron Constantin envisage son rapport à la création. Plutôt que de capitaliser uniquement sur des techniques que ses ateliers ont développées au fil des générations, la maison accepte d’inviter des regards extérieurs, avec tout ce que cela implique d’imprévisible et d’incontrôlable dans le résultat final.

Le cadran n’est plus seulement la face visible de la mécanique. Il devient le lieu d’un dialogue entre deux mondes qui, normalement, ne se croisent pas.

Ce que cette série révèle d’une certaine idée du luxe horloger

Fondée en 1755, Vacheron Constantin revendique une continuité de production ininterrompue depuis plus de deux siècles et demi. Cette profondeur historique aurait pu conduire la maison à se concentrer sur la maîtrise de ses propres traditions. Le choix inverse, celui d’aller chercher hors de ses murs des gestes qu’elle ne pratique pas, mérite d’être noté.

La série Métiers d’Art dont il est question ici ne propose pas six variations d’une même esthétique. Elle propose six points de vue différents sur un même sujet, le règne animal, portés par six artisans aux disciplines insolites, appliquées à un format qui les contraint toutes de la même façon : celui d’un cadran de montre. C’est dans cette tension entre liberté créative et contrainte dimensionnelle que chaque pièce trouve sa singularité, sans que la maison ait eu besoin d’en décider elle-même le résultat.

Source : la publication de Vacheron Constantin sur Instagram

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