Piaget dévoile 65 pièces de haute joaillerie pour clore ses 150 ans

Piaget dévoile 65 pièces de haute joaillerie pour clore ses 150 ans
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Soixante-cinq pièces, des pierres ornementales en vedette et une trilogie qui se referme : Piaget clôt en 2026 un cycle anniversaire avec Colours of Extraleganza, dévoilée mi-juin à la Villa Cypris. Ce dernier volet marque l’aboutissement d’un projet entamé en 2024 pour célébrer les 150 ans de la maison.

La couleur comme matière première, selon la vision de Piaget

Stéphanie Sivrière, directrice artistique, pose d’emblée le cadre : ce qui compte ici, ce n’est pas la valeur intrinsèque d’une pierre, mais l’énergie qu’elle produit au contact d’une autre. C’est une logique de coloriste, pas de gemmologue. Cette approche distingue Colours of Extraleganza des collections de haute joaillerie classiques, où la rareté de la gemme prime sur tout le reste.

La collection s’inscrit dans une trilogie dont chaque volet a exploré un territoire différent. Essence of Extraleganza, en 2024, revisitait la période créative où Yves Piaget côtoyait Dalí et Warhol, et où les ateliers produisaient des pièces que le marché n’attendait pas. Shapes of Extraleganza, l’année suivante, poussait le curseur vers le design pur, avec des matériaux comme le jaspe, la chrysoprase ou la sodalite, que la haute joaillerie regarde d’habitude avec condescendance. Colours of Extraleganza referme ce cycle en plaçant la couleur au centre de chaque décision créative.

Un héritage horloger au service de la pierre

Tout remonte à 1957. Cette année-là, la maison introduit le calibre 9P, un mouvement de seulement deux millimètres d’épaisseur. Cette finesse libère de l’espace sur le cadran et permet d’y enchâsser des pierres ornementales : lapis-lazuli, malachite, turquoise, œil-de-tigre. Ce qui relevait alors d’une audace technique isolée est devenu, soixante-dix ans plus tard, le fil conducteur d’une trilogie entière.

Ce lien entre horlogerie et joaillerie reste vivant dans Colours of Extraleganza. Plusieurs pièces de la collection se portent en montre-bracelet ou en sautoir-montre, une convertibilité que la maison présente non comme un argument commercial, mais comme un principe de construction hérité des ateliers d’époque.

Les pièces phares de la collection

Blue Illusions : 900 heures et un effet optique

Le collier Blue Illusions concentre la philosophie coloriste de la collection. Il réunit un saphir coussin de Madagascar de 8,52 carats, une tourmaline Paraíba de 3,30 carats et une opale noire australienne de 13,98 carats. C’est cette dernière qui joue le rôle de liant : ses éclats bleu-vert absorbent et redistribuent les tonalités des deux autres pierres. Un treillis géométrique en or blanc, composé de saphirs taillés sur mesure et de tourmalines baguette, crée un effet presque liquide autour du pendentif. La pièce se décline en deux versions portables, et deux bagues ainsi que deux paires de boucles d’oreilles complètent l’ensemble.

Flamboyant Links : un sautoir de 1969 reconstruit

Flamboyant Links change de registre. La pièce s’inspire du sautoir-montre présenté par la maison en 1969 dans sa 21st Century Collection, mais le reconstruit autour de maillons en or rose et d’œil-de-tigre, une combinaison abandonnée depuis les années 1970. Un grenat mandarine coussin de 4,13 carats vient réchauffer l’ensemble. Le sautoir se porte aussi en ras-de-cou ou en montre-bracelet.

Gems Pop et Gold Swirl : deux partis pris distincts

Le set Gems Pop assume un ton plus frontal. Inspiré du collectif Memphis, il combine spessartite, aventurine, saphir rose et thulite dans une palette délibérément pop. Le cadran du sautoir-montre est en aventurine orange, et le pendentif se détache pour devenir pendulette de table.

Gold Swirl marque, de son côté, un précédent dans l’histoire de la maison : le motif godron, signature horlogère de Piaget, fait ici son entrée en haute joaillerie. Il structure un sautoir alternant cabochons d’opale de feu et tourmalines indicolites entre des maillons oblongs en or rose. Le bracelet manchette qui l’accompagne traite l’or comme une matière souple, presque textile.

  • Blue Illusions : opale noire australienne de 13,98 carats, saphir de 8,52 carats, tourmaline Paraíba de 3,30 carats
  • Flamboyant Links : maillons en or rose, œil-de-tigre et grenat mandarine de 4,13 carats, inspiré d’un sautoir de 1969
  • Gems Pop : palette pop inspirée du collectif Memphis, pendentif convertible en pendulette de table
  • Gold Swirl : première apparition du motif godron en haute joaillerie, opale de feu et tourmalines indicolites

Ce que cette trilogie révèle sur la maison

Colours of Extraleganza ne se lit pas comme une simple collection de fin d’anniversaire. Elle documente une cohérence créative sur trois ans, où chaque volet a poussé plus loin la même conviction : les pierres ornementales méritent autant d’attention que les gemmes précieuses traditionnelles. De plus, la convertibilité des pièces, présente dans chaque ensemble, rappelle que la maison a toujours conçu ses créations pour être portées de plusieurs façons. Ce principe, hérité des ateliers d’époque, traverse les 65 créations de ce dernier acte.

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