Au V&A, le trench Burberry devient icône de mode
Dès le 21 septembre 2026, le Victoria and Albert Museum de Londres consacre une exposition entière au trench Burberry, et l’entrée est libre. Ce n’est pas anodin : rarement deux collections patrimoniales d’une telle ampleur se retrouvent réunies sous un même toit pour raconter la trajectoire d’un seul vêtement.
Un manteau, deux collections, une histoire commune
Pour composer cette présentation, le V&A et Burberry ont mis en commun leurs fonds respectifs. D’un côté, les archives de la maison britannique, fondée en 1856 par Thomas Burberry et installée à Londres. De l’autre, les collections propres du musée, qui conserve depuis des décennies des pièces témoignant des grandes mutations de la mode mondiale. Ce croisement entre deux patrimoines distincts donne à l’exposition une densité qu’une seule source n’aurait pas pu produire.
Ce que le visiteur trouvera devant lui, ce sont des documents et des pièces rares, issus de ces deux fonds. Leur mise en regard permet de suivre, de façon concrète, comment un même vêtement a traversé les époques sans perdre sa forme centrale, tout en changeant profondément de statut.

C’est précisément ce paradoxe que l’exposition choisit d’explorer : un manteau conçu pour être utile, robuste, fonctionnel, et qui est devenu, au fil du temps, l’un des repères les plus identifiables du luxe d’origine britannique. La question n’est pas simplement esthétique. C’est une question de culture matérielle, et le V&A est l’un des rares endroits au monde où elle peut être posée avec cette profondeur.
Du vêtement pratique au symbole de la mode mondiale
Le propos de l’exposition part des origines du trench comme vêtement avant tout pratique. Conçu pour répondre à des exigences fonctionnelles précises, il n’avait pas vocation à devenir un objet de désir. C’est pourtant ce glissement progressif, du terrain à la rue, de l’usage à la représentation, que les pièces présentées s’emploient à documenter.
La trajectoire ainsi retracée dit quelque chose de fort sur la façon dont Burberry occupe une place particulière dans l’histoire de la mode. La maison, cotée à la Bourse de Londres et membre du FTSE 100, distribue aujourd’hui des vêtements prêt-à-porter, des accessoires en cuir et des chaussures. Mais c’est bien le trench qui reste le fil conducteur de son identité, et c’est ce fil que l’exposition prend le soin de dérouler.

Pour le visiteur, suivre cette évolution à travers des pièces originales, et non des reproductions, change l’expérience. On ne lit pas l’histoire du manteau, on se retrouve face à elle. Les textures, les coupes, les proportions des modèles anciens parlent d’eux-mêmes, sans que le cartel ait besoin de tout expliquer.
Ce que l’accès gratuit change réellement
L’exposition est gratuite, et ce détail mérite qu’on s’y arrête. Dans un contexte où les grandes rétrospectives de mode se monnayent souvent à prix élevé, cette décision ouvre la présentation à un public bien plus large que le cercle habituel des amateurs éclairés.
Cela signifie aussi que Burberry et le V&A ont fait le choix de traiter ce sujet comme un fait culturel accessible, et non comme un événement réservé. Pour un vêtement dont l’exposition retrace précisément le passage du statut fonctionnel au statut de symbole, cette ouverture a une cohérence certaine.

L’exposition se tient jusqu’au 3 janvier 2027, ce qui laisse plusieurs mois pour y aller sans précipitation. Le V&A reste l’un des musées les plus visités d’Europe, et une présentation de cette durée, adossée à deux fonds patrimoniaux solides, a toutes les conditions pour s’imposer comme l’un des rendez-vous culturels marquants de cette période. Pour qui s’intéresse à la mode, au design ou simplement à la façon dont les objets du quotidien finissent par changer de dimension, c’est un arrêt qui s’impose à Londres.
Source : la publication de Burberry sur Instagram