McQueen et Mulberry font leur retour à la Fashion Week de Londres en 2026
Cinq créateurs, deux retours très attendus et une ville qui ne cesse de se réinventer : la Fashion Week de Londres pour le printemps/été 2027 s’annonce comme l’une des saisons les plus chargées en enjeux depuis longtemps. Entre le retour de maisons historiques et la montée en puissance de jeunes talents, le calendrier londonien offre cette saison une densité créative rare.
Des retours qui redessinent la Fashion Week de Londres
Le signal le plus fort de cette saison vient de McQueen. Pour la première fois depuis la nomination de Sean McGirr en 2024, et après plus de deux décennies d’absence, la maison réintègre officiellement le calendrier de la Fashion Week de Londres. Sous la direction de Sarah Burton, l’ancienne directrice créative, McQueen se limitait à des présentations ponctuelles dans la capitale britannique, sans y ancrer durablement son agenda. McGirr, lui, semble vouloir rompre avec cette logique parisienne et renouer avec les racines londoniennes de la maison de façon pérenne.
Dans une déclaration, le designer a affirmé que Londres a toujours été au cœur de McQueen, soulignant l’énergie viscérale de la ville et son lien profond avec l’histoire de la maison. Ce retour n’est donc pas un simple changement de décor : il traduit une volonté de s’ancrer dans la communauté créative qui a forgé l’identité de la griffe.
Mulberry opère, de son côté, un virage tout aussi marquant. Christopher Kane, dont la fermeture de sa ligne éponyme en 2023 avait porté un coup sévère à la scène londonienne, revient en tant que directeur créatif de la maison britannique. Sa nomination en mars fait suite à six années de design en interne chez Mulberry, ce qui lui confère une connaissance fine de la maison. Son style, reconnaissable entre tous, mêle néons fluorescents, caoutchouc et vichy, et devrait insuffler une énergie nouvelle à cette marque de patrimoine.
La nouvelle génération tient la Fashion Week de Londres en haleine
À côté de ces retours institutionnels, plusieurs créateurs émergents confirment leur place sur la scène londonienne. Aaron Esh, finaliste du Prix LVMH en 2023, s’impose comme l’un des noms les plus suivis du moment. Son approche mêle la rigueur de la taille sur mesure de Savile Row à l’énergie brute de la sous-culture britannique. Il arrive dans cette saison avec un double statut : celui d’un designer indépendant reconnu et celui de directeur créatif d’AllSaints, poste qu’il vient de prendre en main avec une première collection à la clé.
Petra Fagerström, diplômée de Central Saint Martins, présente quant à elle son tout premier défilé. Finaliste du Prix LVMH 2026, la designer suédoise travaille sur les contrastes entre le numérique et le fait main, notamment à travers des techniques de plissage lenticulaire cousus à la main qui créent des effets d’illusion optique. Ce premier défilé représente une étape décisive dans une trajectoire déjà remarquée.
- McQueen revient sur le calendrier officiel de la Fashion Week de Londres pour la première fois depuis plus de deux décennies.
- Christopher Kane prend la direction créative de Mulberry après la fermeture de sa propre ligne en 2023.
- Aaron Esh, finaliste du Prix LVMH 2023, cumule son label et son nouveau rôle chez AllSaints.
- Petra Fagerström, finaliste du Prix LVMH 2026, signe son premier défilé avec des techniques de plissage lenticulaire.
- Talia Byre élargit son audience grâce à des pièces portées par Harry Styles et Gracie Abrams.
Talia Byre, du cercle intérieur londonien aux garde-robes de célébrités
Talia Lipkin-Connor, qui signe ses créations sous le nom Talia Byre, a franchi un cap cette saison. Ses designs colorés et accessibles, qui dosent avec soin une touche d’originalité et beaucoup de praticité, ont séduit des personnalités comme Harry Styles et Gracie Abrams. Cette dernière a d’ailleurs arboré une tenue de la créatrice pour la pochette de son album Daughter from Hell : un ensemble rugby, brassière et legging en rayures biais violet et rouge, agrémenté d’une broche florale à franges.
Ce passage du cercle branché londonien aux vestiaires de célébrités illustre bien la trajectoire de Byre : une designer qui construit sa notoriété par la force de ses pièces, sans sacrifier la portabilité à l’originalité. Pour les observateurs de la Fashion Week de Londres, c’est précisément ce type de profil qui rend la scène britannique aussi vivante.
Ce que cette saison dit de Londres
La Fashion Week de Londres printemps/été 2027 dessine un paysage en mouvement. D’un côté, des maisons historiques qui cherchent à se réancrer dans leur ville d’origine ou à se réinventer avec un regard neuf. De l’autre, une génération de créateurs formés dans les meilleures écoles, reconnus par les instances internationales comme le Prix LVMH, et qui construisent des univers stylistiques immédiatement identifiables. Ces deux dynamiques, loin de s’opposer, se renforcent mutuellement et font de cette édition un moment à suivre de près pour quiconque s’intéresse à la mode britannique contemporaine.