Maison Margiela joue le dur contre le mou pour son défilé SS27

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Une semelle qui s’incurve comme un toboggan, une botte sans talon ni rigidité qui enveloppe la jambe masculine, des architectures de talons portées jusqu’au genou : la collection chaussures du défilé printemps-été 2027 de Maison Margiela pose une question radicale sur ce que signifie chausser un pied.

Maison Margiela joue le dur contre le mou pour son défilé SS27

La dualité comme fil conducteur

Ce qui structure l’ensemble de la sélection, c’est un principe de tension. Maison Margiela oppose systématiquement le dur et le mou, le construit et le souple, l’architecture et le drapé. Ce n’est pas un simple jeu de contrastes formels : c’est le moteur qui conditionne chaque nouveau modèle présenté lors de ce défilé SS27.

D’un côté, des constructions rigides qui sculptent le pied et la jambe sans concession. De l’autre, des matières qui s’affaissent, s’adaptent, épousent. Entre ces deux pôles, la maison ne choisit pas. Elle fait coexister les deux registres au sein d’une même collection, parfois au sein d’un même modèle.

C’est précisément cette coexistence qui rend l’exercice intéressant. Maison Margiela ne se contente pas de revisiter ses silhouettes habituelles : elle introduit des propositions entièrement nouvelles, tout en laissant une place aux pièces qui ont construit la reconnaissance de la maison.

Maison Margiela joue le dur contre le mou pour son défilé SS27

Les nouvelles silhouettes : entre absence de talon et courbe du toboggan

Le modèle Heel-less revient dans cette collection sous deux formes inédites. La première est une botte montant jusqu’au genou, qui prolonge la silhouette architecturale vers le haut. La seconde est une pump à bout ouvert, plus légère dans son rapport à la jambe, mais tout aussi radicale dans sa construction. Dans les deux cas, l’absence de talon visible redéfinit l’appui, la posture, la façon même de marcher.

Autre nouveauté présentée lors de ce défilé : le Slide heel. Sa particularité tient à sa semelle incurvée, dont la forme rappelle celle d’un toboggan. Ce détail n’est pas qu’un geste esthétique. Il modifie concrètement la relation entre le pied et le sol, en introduisant une courbure là où la semelle est traditionnellement plane. Pour qui le porte, cela change l’équilibre, la dynamique du pas, la manière dont le corps se tient.

Ces deux modèles partagent une même logique : partir d’une convention, la déplacer légèrement, et mesurer ce que ce déplacement produit sur le corps.

Le retour du Tabi et l’entrée du masculin dans la danse

À côté de ces nouvelles propositions, Maison Margiela réintroduit le sabot Tabi à talon. Le Tabi, avec sa forme fendue caractéristique à l’avant du pied, est l’une des pièces les plus associées à la maison. Son retour dans la collection SS27 sous la forme d’un sabot à talon constitue une réinterprétation, pas une simple répétition : la silhouette change, la hauteur intervient, la proposition se décale par rapport aux versions antérieures.

Maison Margiela joue le dur contre le mou pour son défilé SS27

Ce défilé marque par ailleurs une extension notable vers l’offre masculine. Maison Margiela présente pour la première fois une botte boxer souple sans talon destinée aux hommes. Souple dans sa matière, dépourvue de structure rigide, cette botte tranche avec les silhouettes architecturales qui dominent le reste de la sélection. Elle apporte au vestiaire masculin une proposition que la maison n’avait pas encore formulée sous cette forme, et elle le fait précisément avec le matériau le plus éloigné de la construction : le mou, l’enveloppant, le sans-talon.

C’est peut-être là que la collection dit quelque chose de plus large sur la direction que Maison Margiela explore pour cette saison : non pas choisir entre la rigueur et la souplesse, mais les laisser coexister, y compris là où on ne les attendait pas encore.

Source : la publication de Maison Margiela sur Instagram

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