Loewe transforme le Château de Vincennes en arène pour son défilé SS27

ParisSelectBook - Loewe transforme le Château de Vincennes en arène pour son défilé SS27
ParisSelectBook - Loewe transforme le Château de Vincennes en arène pour son défilé SS27
Suivre Paris Select Book sur Nous suivre

Au Château de Vincennes, Loewe n’a pas simplement choisi un lieu pour son défilé printemps-été 2027 : la maison y a fait construire une structure entière, pensée pour transformer le spectacle de mode en quelque chose qui ressemble davantage à une arène qu’à un podium.

Une construction pensée pour le collectif

Au cœur du Château de Vincennes, une structure circulaire à deux niveaux a été édifiée pour l’occasion. Sa forme n’est pas anodine : elle convoque directement les amphithéâtres de l’Antiquité, les stades modernes et les arènes, ces espaces conçus depuis des siècles pour rassembler des foules autour d’un événement partagé. Ce n’est pas un décor de défilé au sens classique du terme. C’est un dispositif scénographique qui place le regard collectif au centre.

Ce choix formel dit quelque chose de précis sur ce que Loewe cherche à produire ici. L’énergie d’une salle pleine, la tension propre à un événement qui se déroule en direct et ne se répètera pas : c’est cette qualité-là que la scénographie est conçue pour restituer. La mode, dans cet espace, devient un phénomène vivant plutôt qu’un objet à photographier.

Quatre références, un même principe

Pour nourrir la conception de cette structure, la maison a puisé dans un ensemble de références aussi diverses que cohérentes entre elles. Le Théâtre anatomique de Padoue et ses gradins en bois serrés autour d’un espace central. Le Globe Theatre de Londres, où le théâtre élisabéthain se jouait dans une ronde ouverte au ciel. Un gazomètre de Detroit, vestige industriel transformé en espace de rassemblement. La Scala de Milan, enfin, qui incarne une autre forme de rituel collectif, plus formel et plus solennel.

Ces quatre références ne partagent ni la même époque, ni la même fonction, ni la même géographie. Ce qu’elles ont en commun, c’est une architecture pensée pour que le spectateur vive quelque chose plutôt qu’il ne le consomme. Loewe les a réunies pour construire un espace qui hérite de toutes ces traditions à la fois.

Loewe transforme le Château de Vincennes en arène pour son défilé SS27

Le sport, le drame, la performance

La scénographie convoque trois univers distincts : le sport de spectacle, le drame rituel et la performance. Ces trois registres ont en commun d’exiger une présence physique pour être pleinement vécus. On ne regarde pas un match, une tragédie ou un concert de la même façon selon qu’on est dans la salle ou derrière un écran. C’est exactement cette différence que la structure circulaire cherche à produire.

Placés sur deux niveaux, les spectateurs entourent l’espace central de toutes parts. Personne n’est face à un podium ; tout le monde est face à tout le monde. Cette disposition modifie profondément la dynamique d’un défilé : elle supprime la frontière entre ceux qui regardent et ceux qui sont regardés, et fabrique une expérience commune plutôt qu’une succession de regards individuels.

Loewe et l’art : une constante mise en espace

Ce geste scénographique s’inscrit dans une démarche plus large. Depuis près de deux siècles, Loewe articule son travail autour d’un dialogue constant entre artisanat et art, entre techniques transmises de génération en génération et formes d’expression contemporaines. La maison a traversé des références aussi éloignées que le mouvement Arts & Crafts britannique et le monde de Studio Ghibli, toujours avec la même conviction : que l’art est une source de travail, pas un simple habillage.

Faire du lieu de défilé lui-même un objet architectural pensé et référencé prolonge cette logique. La scénographie ne sert pas la collection ; elle en fait partie. Ce que Loewe met en scène au Château de Vincennes, c’est l’idée que la mode existe pleinement dans l’instant où elle est vécue, dans l’espace physique partagé entre ceux qui la font et ceux qui la reçoivent. L’énergie collective n’est pas un effet secondaire du défilé : elle en est la matière première.

Source : la publication de Loewe sur Instagram

Rédigé par , le
Partager sur
Suivre Paris Select Book sur Nous suivre