Fête de la Science 2026 à Paris au Musée de la Préfecture de Police : crimes, cannibales et morgue au programme
Quand la Fête de la Science 2026 à Paris convoque des enquêteurs, des historiens et des chercheurs sous le même toit, l’événement prend une tournure franchement inattendue. Le Musée de la Préfecture de Police, installé dans l’hôtel de police du 5e arrondissement, devient pour l’occasion un lieu de conférences consacrées aux affaires criminelles les plus déroutantes de l’histoire judiciaire française.
Un musée du 5e arrondissement au cœur du dispositif scientifique
Fondé en 1909 par le préfet Louis Lépine, le Musée de la Préfecture de Police retrace l’histoire de la police parisienne du XVIIe siècle à nos jours. Plus de 2 000 œuvres y documentent les métiers et les missions de la préfecture, des enquêteurs à la police scientifique.
Cette édition de la Fête de la Science 2026 à Paris s’appuie sur ce patrimoine rare. Le musée propose ainsi une programmation résolument adulte, articulée autour de trois rendez-vous, les 8, 15 et 17 octobre 2026.
La réservation est obligatoire pour chacune des séances. Ce programme s’adresse exclusivement aux 15 ans et plus, et ne convient pas aux plus jeunes visiteurs.
La Fête de la Science 2026 à Paris sous l’angle des crimes hors norme
Isseï Sagawa : le « cannibale japonais » au cœur d’une conférence
Le jeudi 8 octobre, de 17h30 à 19h00, Jacques Poinas prend la parole. Cet ancien commissaire divisionnaire a servi au sein de la brigade criminelle du 36, quai des Orfèvres.
Il revient sur l’affaire Isseï Sagawa, étudiant japonais qui, en 1981, tue une étudiante néerlandaise, Renée Hartevelt, avant de consommer une partie de son corps. Le retentissement de cette affaire dépasse les frontières françaises pour atteindre le Japon.
Poinas aborde les circonstances du crime, le déroulement de l’enquête et les investigations menées au 36. Il traite par ailleurs des interrogations soulevées par ce dossier, entre expertise psychiatrique et traitement médiatique d’un crime véritablement hors norme.
La Morgue de Paris : un voyage olfactif dans le XIXe siècle
Le jeudi 15 octobre, de 17h30 à 19h00, Bruno Bertherat propose une conférence intitulée Le miasme sans la jonquille. Maître de conférences en histoire contemporaine à Avignon, il est également membre du Centre Norbert Elias.
Sa thèse, soutenue en 2002 sous la direction d’Alain Corbin, portait sur La Morgue de Paris au XIXe siècle, de 1804 à 1907. Cette séance explore les odeurs de la Morgue, institution singulière à la croisée de la médecine, de l’enseignement, de la police et de la justice.
Entre préoccupations sanitaires, innovations techniques et sensibilités sociales, la conférence éclaire un aspect méconnu de l’histoire des sens et de l’hygiène au XIXe siècle. Morts et vivants y cohabitent dans une atmosphère que Bertherat restitue avec une précision documentaire rare.
Nécrophilie et justice au XIXe siècle
Le samedi 17 octobre, de 15h30 à 17h00, Amandine Malivin clôt le cycle. Docteure en histoire et civilisations, chercheuse indépendante, elle a consacré sa thèse à la nécrophilie en France au XIXe siècle.
Elle est notamment l’auteure de Thanatomanies. La mort, de la répulsion à l’addiction, publié en 2025. Sa conférence s’appuie sur l’affaire du « Vampire du Montparnasse », survenue entre 1848 et 1849, et sur d’autres cas moins connus.
Malivin interroge les difficultés rencontrées par la justice pour encadrer une transgression qui peinait à trouver sa place dans l’ordre habituel des crimes et des délits. La question posée reste vertigineuse : comment punir ce que la loi ne sait pas nommer ?
- 8 octobre – Conférence sur l’affaire Isseï Sagawa, par Jacques Poinas (17h30-19h00)
- 15 octobre – Les odeurs à la Morgue de Paris au XIXe siècle, par Bruno Bertherat (17h30-19h00)
- 17 octobre – Nécrophilie et justice au XIXe siècle, par Amandine Malivin (15h30-17h00)
- Public concerné : à partir de 15 ans
- Réservation obligatoire pour chaque séance
- Entrée gratuite, au 4 rue de la Montagne Sainte-Geneviève, Paris 5e
Une programmation qui dépasse les frontières habituelles de la vulgarisation
Ce qui distingue cette participation de la Fête de la Science 2026 à Paris, c’est l’exigence des intervenants. Chacun d’eux engage une véritable démarche de recherche, pas une simple mise en scène pédagogique.
Bertherat apporte son travail d’archive sur la Morgue parisienne. Malivin mobilise une thèse de fond et un ouvrage récent. Poinas, en praticien, restitue le quotidien d’une brigade criminelle d’élite.
Or, cette convergence entre terrain policier et recherche universitaire constitue précisément l’ADN de cet événement. La science éclaire le crime, et le crime révèle ses propres zones d’ombre scientifiques.
Par ailleurs, l’accès gratuit rend ce programme disponible pour tous les publics concernés, sans contrainte financière. La réservation reste cependant indispensable pour chaque séance.