Matthieu Blazy libère Chanel printemps-été 2027 en plumes et tweed
Pour sa première collection printemps-été 2027 chez Chanel, Matthieu Blazy choisit un point de départ aussi intime que radical : relire la vie de Gabrielle Chanel non comme une biographie, mais comme une succession de libertés conquises. Ce que cette lecture produit sur les silhouettes change profondément la manière dont la maison envisage le mouvement, la matière et la construction du vêtement.
Des vies multiples comme structure narrative
Le fil conducteur de la collection repose sur une idée précise : l’existence de Gabrielle Chanel comme une série de vies distinctes, chacune marquée par une forme nouvelle d’émancipation par la mode. Blazy ne commémore pas, il réinterprète. Chaque séquence de la collection traduit une étape de ce récit, sans jamais l’illustrer littéralement.
Ce choix narratif a des conséquences directes sur la construction des pièces. Les silhouettes ne s’inscrivent pas dans une continuité linéaire : elles avancent par ruptures, par reconfigurations. C’est précisément là que la proposition de Matthieu Blazy pour Chanel trouve sa cohérence, non dans la répétition d’un vocabulaire établi, mais dans sa remise en mouvement.
L’oiseau, figure structurante du vestiaire
La liberté, dans cette collection, ne reste pas au stade du concept. Elle prend une forme concrète : celle de l’oiseau. Cette figure traverse les vêtements au sens littéral, intégrée dans la construction même des pièces plutôt que posée en ornement. On la retrouve dans la manière dont certains corsages s’articulent, dans la dynamique des volumes, dans la façon dont une silhouette semble vouloir s’élever plutôt que s’alourdir.
Ce geste formel ancre le propos symbolique dans le vêtement lui-même. Chez Chanel printemps-été 2027, la liberté ne s’affiche pas : elle se coud, se structure, se déplie à chaque mouvement de celle qui porte la pièce.
Des constructions qui réinventent la silhouette
Sur le plan technique, les silhouettes intègrent plusieurs partis pris forts. Les baleines d’ombre travaillent la forme sans la rigidifier, suggérant une architecture interne que l’œil devine sans la voir. Les peplums et les corsages travaillés en courbe introduisent une tension entre le corps et le vêtement, entre ce qui tient et ce qui s’échappe.
Ces choix de construction racontent quelque chose de précis : une silhouette qui n’enferme plus, qui accompagne le corps dans ses propres libérations. C’est une vision du vêtement où la rigueur de la coupe sert, paradoxalement, à produire du mouvement plutôt qu’à le contenir.
Les matières comme terrain d’expérimentation
Parallèlement au travail sur la forme, cette collection place les matières au centre de ses développements. Deux innovations méritent qu’on s’y arrête. Le tweed smocké transforme un tissu profondément associé à la maison en quelque chose de plus souple, de plus vivant, capable de se plier aux exigences d’une silhouette en mouvement. Le tailleur assoupli suit la même logique : il conserve la structure du costume, mais lui retire sa rigidité.
Ces recherches ne sont pas conduites en vase clos. Plusieurs ateliers contribuent directement à leur mise en œuvre : Le 19M, Maison Lemarié, Lesage, Goossens Paris et l’Atelier Montex sont chacun associés à la collection. Leur participation dit quelque chose de la manière dont Chanel conçoit ce travail de réinvention : non comme un exercice solitaire, mais comme une mise en réseau de compétences très spécifiques, au service d’un même geste.
Ce que Blazy construit pour le printemps-été 2027, c’est ainsi une collection où la technique et le récit avancent ensemble. Le tweed se plisse, la baleine disparaît dans l’ombre, l’oiseau prend forme dans une couture : autant de manières de faire parler le vêtement sans le transformer en manifeste.
Source : la publication de Chanel sur Instagram