Mugler fait revivre son fondateur en chair et en os pour son défilé

ParisSelectBook - Mugler fait revivre son fondateur en chair et en os pour son défilé
ParisSelectBook - Mugler fait revivre son fondateur en chair et en os pour son défilé
Suivre Paris Select Book sur Nous suivre

Pour le défilé Naturalia X, Mugler a fait le choix de ne pas convoquer le souvenir de son fondateur par une photographie ou une projection : c’est un corps vivant, celui d’un artiste de performance, qui a pris sa place le temps d’un show. Un geste rare, conduit avec la bénédiction de ceux qui ont côtoyé Manfred Thierry Mugler de son vivant.

Une trilogie qui s’achève par une présence

Naturalia X est la collection printemps-été 2027 signée Miguel Castro Freitas. Elle constitue le troisième et dernier volet d’une trilogie, ce qui lui confère d’emblée un poids particulier : les fins de cycle appellent les bilans, les retours, parfois les fantômes. Ici, la maison a choisi une forme d’hommage qui n’a rien d’archivistique.

C’est à l’artiste de performance thealexisstone, connu sous le nom d’Alexis Stone, qu’a été confiée la mission d’incarner le fondateur. Non pas de le citer, ni de le mimer à distance, mais de le rendre physiquement présent, au milieu du public, lors du défilé. La différence entre ces trois options n’est pas anodine : elle dit tout de l’intention de la maison.

Mugler fait revivre son fondateur en chair et en os pour son défilé

Plus d’un mois pour devenir quelqu’un d’autre

La transformation d’Alexis Stone en Manfred Thierry Mugler n’a pas été improvisée. Elle a demandé plus d’un mois de préparation, ce qui donne la mesure du soin apporté à cet hommage. Le travail de métamorphose propre à cet artiste, dont la pratique repose précisément sur la reconfiguration du visage et du corps, a donc été mis entièrement au service d’une figure précise, avec une exigence de ressemblance assumée.

Ce qui rend la démarche encore plus concrète, c’est le choix du vêtement. Alexis Stone ne portait pas un costume d’évocation ni une pièce de la collection en cours : la tenue provenait directement de la garde-robe personnelle de Manfred Thierry Mugler. Une broche ayant appartenu au fondateur complétait l’ensemble. Le passage du temps entre ces deux corps, celui du créateur et celui de l’artiste, était ainsi matériellement annulé par le tissu lui-même.

Mugler fait revivre son fondateur en chair et en os pour son défilé

La caution de ceux qui l’ont connu

Ce type de geste peut facilement basculer dans l’instrumentalisation. Ce qui lui donne ici un autre caractère, c’est son ancrage intime. La collaboration a reçu l’accord de Leon leondziemaszkiewicz, compagnon de longue date de Manfred Thierry Mugler. Ce n’est pas une validation protocolaire : c’est une forme de transmission consentie, venue de l’intérieur du cercle proche.

Pendant le défilé, Alexis Stone était assis aux côtés de Leon et d’autres proches du fondateur. La performance ne se déroulait donc pas face à un public anonyme : elle se jouait devant des gens capables de mesurer l’écart, ou au contraire la justesse, de cette incarnation. Cette configuration transforme le moment en quelque chose de plus fragile et de plus chargé qu’un simple coup de théâtre.

Mugler fait revivre son fondateur en chair et en os pour son défilé

Ce que ce choix dit de Mugler aujourd’hui

Faire appel à un artiste spécialement invité pour cet événement, préparer sa transformation pendant plus d’un mois, habiller ce corps avec les vêtements réels du fondateur : chacun de ces choix est une prise de position sur la façon dont Mugler entend entretenir sa propre mémoire. Pas par la nostalgie figée d’une image d’archive, mais par une présence reconstruite, vivante, qui accepte le risque de l’interprétation.

Le fait que cette initiative clôture une trilogie lui donne encore un autre relief. Miguel Castro Freitas termine un cycle de trois collections en ramenant le fondateur dans la salle, non comme une référence abstraite mais comme une silhouette assise parmi les proches. C’est une façon de boucler quelque chose, sans prétendre que rien n’a changé.

Source : la publication de Mugler sur Instagram

Rédigé par , le
Partager sur
Suivre Paris Select Book sur Nous suivre