Le regard au coeur du défilé printemps-été 2027 de Louis Vuitton
Un regard qui concentre toute l’intention d’une collection : c’est le pari que Louis Vuitton défend pour son défilé printemps-été 2027, où la beauté cesse d’être un accessoire pour devenir un véritable prolongement de la vision créative. Sous la direction de Nicolas Ghesquière, la maison confie la proposition beauté à damepat, directrice artistique maquillage, qui construit un langage du regard fondé sur deux forces en apparence contraires : la profondeur et la transparence.
Le regard comme territoire créatif
Dans les collections de Louis Vuitton, chaque détail répond à une logique d’ensemble. Pour ce défilé, c’est le regard qui porte cette logique. La décision de placer les yeux au centre de la proposition beauté n’est pas anodine : elle signale que le maquillage n’illustre pas la mode, il la traduit.
Ce que cherche damepat, c’est un équilibre précis entre ce qui marque et ce qui s’efface. La couleur doit peser, mais sans jamais écraser. La peau doit rester visible, même là où le pigment s’installe. Cet équilibre entre profondeur et transparence donne au regard une intensité qui n’a rien de bruyant.

Un produit, une palette de tensions
Pour matérialiser cette vision, damepat s’appuie sur un fard à paupières précis : le LV Ombres 250 Nude Mirage. Sa composition chromatique réunit des tons satin rosés, un prune profond et un champagne rosé métallique. Ces trois registres de couleur ne s’opposent pas : ils organisent une gradation entre ombre dense et lumière dorée.
Ce que cette palette permet, c’est de travailler simultanément la gravité et l’éclat. Le prune ancre, le champagne relève, les tons rosés servent de transition. Ensemble, ils produisent exactement ce que la direction artistique recherche : un œil habité, sans que l’on puisse dire où commence le maquillage et où finit la peau.

La technique au service de la dissolution
Le résultat que l’on voit sur le défilé Louis Vuitton doit beaucoup à la gestuelle employée. La couleur ne s’applique pas en à-plat : elle se dissout vers les bords de la paupière, créant un dégradé progressif entre la zone pigmentée et la peau nue. C’est ce mouvement de dissolution qui donne l’impression que l’ombre appartient au regard plutôt qu’à son maquillage.
Pour obtenir ce fondu, damepat utilise des pinceaux à poils ronds, dont la forme favorise une diffusion homogène du pigment. Le geste consiste à étirer la matière colorée plutôt qu’à la poser, pour que les contours n’existent plus vraiment. Ce travail de fondu est au fond ce qui rend la technique cohérente avec l’ambition générale : une intensité qui se révèle par degrés, jamais d’un coup.
Une beauté qui prolonge Nicolas Ghesquière
Ce que cette proposition beauté dit de Louis Vuitton sous la direction de Nicolas Ghesquière, c’est que la maison pense ses collections comme des systèmes complets. La beauté ne commente pas les vêtements : elle partage avec eux les mêmes tensions, les mêmes matières fondues, le même rapport entre ce qui s’affirme et ce qui se retient.

Dans cette collection printemps-été 2027, transparence et profondeur ne s’excluent pas. Elles coexistent sur la paupière comme elles coexistent, sans doute, dans le vestiaire que Nicolas Ghesquière a imaginé. C’est en ce sens que le regard devient une pièce à part entière de la collection Louis Vuitton : non pas un ornement ajouté en bout de chaîne, mais une réponse au même questionnement sur ce qui mérite d’être vu, et sur la façon dont on choisit de le montrer.
Source : la publication de Louis Vuitton sur Instagram