5 adresses culturelles à découvrir dans le 17e arrondissement de Paris
Le 17e arrondissement de Paris cache bien son jeu. Entre les façades haussmanniennes et les grandes avenues qui filent vers la Porte Maillot, cinq adresses culturelles du 17e arrondissement de Paris méritent qu’on s’y arrête vraiment. Théâtre d’avant-garde, église aux couleurs insoupçonnées, espace de débat citoyen, musée intimiste et hommage familial sculpté dans le bronze : chaque lieu raconte une histoire distincte, et aucune ne ressemble à la précédente.
Un théâtre né dans les coulisses de l’Opéra
Derrière la rue André Suarès se trouve l’une des scènes les plus atypiques de la capitale. Les Ateliers Berthier, bâtis en 1895 par Charles Garnier, n’étaient pas une salle de spectacle à l’origine. L’architecte de l’Opéra de Paris les avait conçus comme un espace technique, un lieu de fabrication et de stockage.
Leur destin bascule en 2002, quand l’Odéon-Théâtre de l’Europe y installe une salle provisoire le temps de rénover son bâtiment historique. L’expérience convainc. En mai 2005, les Ateliers Berthier deviennent officiellement la deuxième scène de l’Odéon, avec une capacité de 390 spectateurs. Ce chiffre dit quelque chose d’essentiel sur l’ambiance du lieu : assez grand pour accueillir un vrai public, assez intime pour que la scène reste proche.
5 adresses culturelles du 17e arrondissement de Paris, des visages très différents
Pour saisir la diversité de ce que le 17e propose, voici ce qui distingue chacune de ces cinq étapes culturelles :
- Les Ateliers Berthier – Deuxième salle de l’Odéon, construite par Charles Garnier, 390 places, rue André Suarès
- Notre-Dame de la Compassion – Église néo-byzantine et gothique, fresques, vitraux colorés et mobilier sculpté, place du Général Kœnig
- Le musée national Jean-Jacques Henner – Musée récemment rénové consacré au peintre Henner (1829-1905), au 43 avenue de Villiers
- La Maison de l’Europe à Paris – Centre d’information Europe Direct, conférences et formations, 29 avenue de Villiers
- Les statues des trois Dumas – Trois générations d’une même famille sculptées en bronze, en pierre et en fer, place du Général Catroux
L’église qu’on ne s’attend pas à trouver ici
À deux pas du Palais des Congrès, Notre-Dame de la Compassion surprend par son mélange de styles. L’édifice, construit au XIXe siècle, associe le registre néo-byzantin et l’architecture gothique dans une même façade. Ce mariage peu courant produit un espace intérieur d’une densité visuelle réelle.
Les fresques bibliques qui habillent les murs, les vitraux aux teintes soutenues et le mobilier sculpté témoignent chacun du travail d’artistes dont la maîtrise du détail reste lisible aujourd’hui. Le lieu attire autant les amateurs d’histoire de l’art que ceux qui cherchent un moment de calme dans un quartier très animé.
Avenue de Villiers, deux adresses pour deux expériences radicalement opposées
L’avenue de Villiers concentre deux lieux qui, côte à côte sur le même tronçon, n’ont presque rien en commun. Au 43, le musée national Jean-Jacques Henner invite à redécouvrir l’œuvre d’un peintre français trop souvent méconnu. Jean-Jacques Henner, né en 1829 et mort en 1905, a laissé une production picturale que le musée, récemment rénové, présente dans un cadre soigné. La rénovation récente du lieu se ressent dans la qualité de la mise en espace et dans la lisibilité du parcours.
Quelques numéros plus loin, au 29, la Maison de l’Europe à Paris fonctionne sur un tout autre registre. Association d’utilité publique et centre d’information Europe Direct, elle propose des conférences, des formations et des événements ouverts à tous sur les enjeux de l’Union européenne. Ce n’est pas un musée, ni une galerie. C’est un espace de débat et d’information, rare dans un arrondissement plutôt résidentiel.
Place du Général Catroux, trois générations face à face
La place du Général Catroux abrite l’un des ensembles sculpturaux les plus singuliers de Paris. Trois générations de la famille Dumas y coexistent sous des formes, des matières et des regards d’artistes entièrement différents.
Gustave Doré a signé la statue en bronze d’Alexandre Dumas père, figure littéraire dont la stature monumentale impose une présence immédiate. En pierre, Alexandre Dumas fils prend forme sous le ciseau de René de Saint-Marceaux, dans un registre plus sobre. Mais c’est peut-être l’hommage au général Dumas qui retient le regard le plus longtemps. Driss Sans-Arcidet a choisi le fer pour représenter des fers brisés, symbole du statut d’ancien esclave du général, dans un geste sculptural à la fois simple et très fort.
Ces trois œuvres, matériaux différents, artistes différents, époques différentes, forment ensemble un dialogue visuel qu’on ne traverse pas indifférent. La place du Général Catroux reste l’une des rares places parisiennes où l’histoire d’une famille entière se lit à ciel ouvert, dans le bronze, la pierre et le métal forgé.