5 lieux insolites du 20e arrondissement que les Parisiens gardent pour eux
Le 20e arrondissement cache bien son jeu. Entre Belleville et ses ruelles pentues, entre le périphérique et les hauteurs de Ménilmontant, se nichent des adresses que peu de Parisiens connaissent vraiment — des lieux où l’art, la mémoire et la création prennent des formes qu’on ne trouve nulle part ailleurs dans la capitale. Voici cinq lieux insolites du 20e arrondissement de Paris qui méritent largement le détour.
Un cinéma qui enjambe le périphérique
Le point de départ, c’est l’architecture elle-même. Le CGR Paris – Lilas, situé place du Marquis du Vercors, occupe un cube de 20 mètres de hauteur posé à cheval sur le périphérique parisien. Ce seul fait suffit à en faire l’un des lieux insolites du 20e arrondissement les plus singuliers à signaler.
À l’intérieur, 7 salles accessibles par ascenseur proposent une programmation « Art et Essai » variée. Le confort est pensé pour tous les profils de spectateurs. Mais la surprise vient aussi de l’extérieur : une terrasse arborée de 300 m² permet de prolonger le moment, entre Paris intra-muros et sa banlieue, dans un entre-deux géographique qui donne une saveur particulière à chaque séance.
Des ateliers d’artistes ouverts au public
Rue Francis Picabia, une autre logique s’impose. Les Ateliers d’artistes de Belleville rassemblent 250 artistes et 23 collectifs qui, certains régulièrement et d’autres lors de journées portes ouvertes, reçoivent le public dans leurs espaces de travail. Ce n’est pas une galerie, ce n’est pas un musée : c’est le processus créatif lui-même qui se donne à voir, dans le désordre et la matière brute des ateliers.
Pour le visiteur, cela change tout à l’expérience. On ne contemple pas une œuvre accrochée sur un mur blanc, on s’approche du geste, des outils, des tentatives. Au cœur de l’un des quartiers les plus vivants de la capitale, ce dispositif transforme une promenade dans Belleville en véritable immersion artistique.
5 lieux insolites du 20e arrondissement de Paris à ne pas chercher dans les guides classiques
Certains endroits résistent aux classements habituels. La Galerie 22,48m², installée 30 rue des Envierges, en est l’illustration la plus frappante. Fondée en 2010 par Rosario Caltabiano, cette galerie consacrée à la création contemporaine internationale tient dans une surface dont le nom dit tout. Sa taille n’a pas empêché sa reconnaissance : elle participe à des événements comme Nuit Blanche et Drawing Now.
Parmi les artistes qu’elle a mis en avant figurent Jean-Baptiste Caron, Cécile Beau et Thomas Tronel-Gauthier. Trois noms, trois pratiques distinctes, pour une galerie qui prouve que la surface n’est pas un critère de légitimité artistique.
- Un cinéma suspendu au-dessus du périphérique, avec terrasse arborée de 300 m²
- 250 artistes et 23 collectifs qui ouvrent leurs ateliers à Belleville
- Une galerie contemporaine internationale fondée en 2010, rue des Envierges
- Un cimetière historique ouvert en 1808, avec 3 200 sépultures et une ferme florale urbaine
- Un lieu associatif dédié à la marionnette et à l’oralité, rue des Prairies
Un cimetière qui abrite la première ferme florale urbaine de Paris
Le cimetière de Belleville, 40 rue du Télégraphe, date de 1808. Il est l’un des témoins de l’ancienne commune de Belleville, absorbée dans Paris en 1860. Ses 3 200 sépultures côtoient un mémorial dédié à la Commune de Paris et la tombe de Léon Gaumont, figure fondatrice du cinéma français.
Ce qui surprend davantage encore, c’est ce qu’on y trouve en dehors des allées funéraires. Un vestige du Télégraphe de Chappe, instrument de la Révolution française, s’y dresse toujours. Et surtout, Plein Air, présentée comme la première ferme florale urbaine de Paris, y a trouvé sa place. Un cimetière qui cultive des fleurs vivantes : difficile de trouver un lieu plus paradoxal dans cet arrondissement.
La marionnette et l’oralité au cœur d’un espace associatif
L’Ogresse, 4 rue des Prairies, occupe une position à part parmi les lieux insolites du 20e. Ce lieu associatif fondé par Mutata, originaire des montagnes de Kabylie, existe depuis 12 ans. Il réunit autour de l’oralité, de la musique et de la marionnette des profils très différents : musiciens, conteurs, marionnettistes, comédiens, réalisateurs, auteurs, clowns.
Ce qui distingue L’Ogresse, c’est sa fonction de soutien aux artistes émergents. Ces créateurs peuvent y présenter leur travail dans un cadre qui n’est pas celui du grand spectacle ni de la galerie commerciale. Pour les familles comme pour les curieux de formes scéniques moins connues, cette adresse du 20e ouvre une porte sur des pratiques artistiques qui existent loin des circuits habituels.
Le 20e arrondissement tient rarement les promesses qu’on lui imagine. Il les dépasse, souvent là où on ne cherchait pas.