Rami Malek et Jaafar Jackson en smoking Giorgio Armani au gala
Une robe puisée dans les archives d’atelier, deux smokings construits pour la lumière des projecteurs : Giorgio Armani s’est imposé comme l’une des présences les plus lisibles de l’Academy Museum Gala, à travers trois silhouettes qui illustrent chacune une facette distincte du vestiaire de soirée de la maison.
Le smoking, exercice de précision en noir profond
Rami Malek portait un smoking Giorgio Armani noir à col châle profond, accompagné d’une chemise de soirée à bout d’aile et d’un nœud papillon en satin noir. La construction de l’ensemble repose sur un équilibre de matières : le lainage du smoking face à la soie du satin, le col châle qui élargit l’épaule sans alourdir la silhouette. C’est ce type de jeu de proportions, discret mais précis, qui caractérise la tenue de soirée masculine telle que la conçoit la maison.
Pour Jaafar Jackson, Giorgio Armani a opté pour une proposition plus affirmée. Le smoking double boutonnage en velours associe le noir et le marron, deux teintes qui se répondent différemment selon la lumière. Le velours, par sa texture dense et sa façon d’absorber puis de renvoyer l’éclat, transforme un smoking en quelque chose de plus sourd, plus charnel qu’un lainage classique. La chemise de soirée et le nœud papillon complètent l’ensemble sans le surcharger.
Ces deux smokings, bien que distincts dans leur construction, partagent une logique commune : ni l’un ni l’autre ne cherche l’effet spectaculaire par l’ornement. C’est la matière et la coupe qui font le travail, ce qui reste cohérent avec la manière dont Giorgio Armani a toujours pensé le costume masculin, selon ce que rappelle le contexte de la maison : des silhouettes déconstruites qui redéfinissent l’élégance sans la théâtraliser.
Une robe de 2017 ressortie des archives
Le choix d’Odessa A’zion introduit une dimension différente dans la présence de Giorgio Armani au gala. Elle portait une robe Giorgio Armani Privé issue de la collection printemps-été 2017, une pièce référencée dans le fonds Armani/Archivio. Faire appel à une pièce d’archive de haute couture pour un événement de cette envergure n’est pas un geste anodin : c’est reconnaître qu’une robe de neuf ans peut encore occuper le devant de la scène sans avoir besoin d’être actualisée.
La collection printemps-été 2017 de Giorgio Armani Privé appartient à une période où la haute couture de la maison travaillait des volumes structurés et des matières à fort relief. Puiser dans ce fonds pour un gala en 2026, c’est aussi affirmer que certaines pièces ne sont pas liées à leur saison de création. L’archive, ici, n’est pas un exercice nostalgique : elle est choisie pour ce qu’elle dit aujourd’hui.
Ce que le gala révèle du vestiaire Armani
La présence de Giorgio Armani à l’Academy Museum Gala à travers ces trois silhouettes dessine un périmètre cohérent : du smoking masculin le plus épuré au velours bicolore, jusqu’à la robe de haute couture d’archive. La maison couvre, en un seul événement, plusieurs registres de l’élégance de soirée sans que l’un contredise l’autre.
Ce qui frappe, c’est la constance du geste. Chez Giorgio Armani, le fondateur a bâti sa réputation sur des silhouettes déconstruites qui réinterprètent l’élégance masculine et féminine dans une forme contemporaine, selon ce que la maison elle-même documente. Les trois tenues du gala s’inscrivent dans cette continuité : aucune recherche de rupture, mais une précision dans le choix des matières et des coupes qui rend chaque pièce lisible à distance.
Les photographies du gala sont signées Emma Eliza et Stefanie Keenan, avec Hunter Abrams pour certains clichés. C’est à travers ces images que les silhouettes Armani circuleront, confirmant que le gala de l’Academy Museum s’est imposé comme l’un des terrains où la maison choisit aujourd’hui d’exprimer sa vision du soir.
Source : la publication de Giorgio Armani sur Instagram