Quiet luxury : trois hôtels anti-palace à Rome, Bali et au Mexique pour voyager autrement
Le quiet luxury a d’abord conquis la mode en rangeant les logos au placard. Cette tendance célèbre le luxe discret, les savoir-faire et les matières nobles. Désormais, l’hôtellerie haut de gamme adopte ce silence tant apprécié.
Fini les lobbys à lustres clinquants et les marbres veinés d’or. Une nouvelle vague d’adresses ultra-luxe joue une partition radicale : brut, local, authentique. Ces hôtels comptent parmi les plus convoités du moment.
L’anti-palace : quand le luxe renonce aux codes traditionnels
Moins de strass, plus de sens. Moins de spectacle, plus de territoire. Voilà la promesse de ces établissements qui réinventent l’expérience du voyage. Paradoxalement, renoncer aux codes du luxe semble être la chose la plus luxueuse qui soit.
Des murs de plâtre travaillés à la main à Rome. Des briques d’argile fabriquées dans le village voisin à Bali. Des villas de béton solaire surgies du sol au Mexique. Trois hôtels, trois continents, une même conviction : le vrai luxe n’a plus rien à prouver.
« Le Nomos ne cherche pas à épater, il cherche à rester. Dans la mémoire, dans les sens, dans cette impression rare d’avoir séjourné quelque part de vrai. »
Nomos Hotel à Rome : l’austérité comme forme de grâce
Dans une ruelle du centre historique de Rome, à deux pas du Campo de Fiori, pas d’enseigne tape à l’œil. Juste une façade de pierre et une porte discrète. Le Nomos Hotel occupe un ancien monastère franciscain du XVIIIe siècle.
Henry Timi, designer-artisan romain, signe ici son premier hôtel. Il n’a gardé de l’esprit monastique que l’austérité comme forme de grâce. Du plâtre travaillé à la main orne les murs. Au sol, du terrazzo coulé sur place et de la terracotta faite à Rome.
- Plâtre brut et travertin : des matériaux locaux travaillés à la main
- Briques d’argile : produites dans les villages voisins
- Béton solaire : une construction qui s’inscrit dans le paysage
- Lin tissé et bois simple : une décoration sans artifice
- Énergie solaire à 100 % : un engagement environnemental concret
Further Hotel à Bali : vivre au cœur du village
À Pererenan, personne ne vous dira où se trouve l’hôtel. Le Further Hotel n’existe pas comme un hôtel classique. Il existe comme un quartier. Quatre bâtiments distincts se dispersent dans les ruelles du village.
L’architecture ne cherche pas à s’imposer dans le paysage. Elle cherche à lui ressembler. Les façades sont recouvertes de briques d’argile faites à la main, produites à Tabanan. Posées en quinconce, elles créent un claustra naturel qui filtre la lumière.
À l’intérieur, la décoration intègre une « retenue luxueuse » : lin sombre, cuir patiné, travertin et bois brut. Les lits sont encastrés dans le sol. Les salles de bain s’ouvrent sur des patios plantés. Le Further Hotel illustre parfaitement l’esprit quiet luxury appliqué à l’hôtellerie.
Des récompenses prestigieuses pour un concept novateur
Le Further Hotel a été récompensé par Condé Nast Traveler en 2024. Il a aussi été élu Meilleur nouvel hôtel du monde par Elle Decor en 2023. Pourtant, cette adresse ne ressemble en rien à un palace traditionnel.
On y vient pour traverser Pererenan comme un local. On prend son café au ST. Ali. On salue les voisins avant de rentrer à pied dans sa suite. C’est l’anti-resort dans toute sa splendeur.
Hôtel Terrestre au Mexique : les villas surgies de la terre
À vingt-cinq kilomètres au nord de Puerto Escondido, sur la côte oaxacane, s’élèvent quatorze villas de béton et de brique. Elles semblent avoir toujours été là. L’architecte mexicain Alberto Kalach a posé une règle simple et radicale.
Tout ce qui construit l’hôtel doit venir dans un rayon d’un kilomètre. Ou bien être fabriqué sur place. Béton, brique de boue, bois, terre : rien n’a été importé. Les villas fonctionnent à l’énergie solaire à 100 %.
Pas de climatisation non plus. La conception des bâtiments régule la température naturellement. Le mobilier intérieur est signé Oscar Hagerman, un designer mexicain qui travaille depuis cinquante ans avec les artisans locaux. Ce lieu incarne le quiet luxury dans sa forme la plus pure.
Chaque villa possède son propre jardin au rez-de-chaussée. Une douche en plein air complète l’expérience. Sur le toit, une terrasse avec piscine privée fait face à l’océan Pacifique et à la Sierra Madre. Le soir, il n’y a pas de bar animé ni de DJ set. Il y a le bruit de la jungle et un ciel sans pollution lumineuse.
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