« Je payais 50€ pour la même coupe que mon voisin à 25€ » : la taxe rose au salon de coiffure et comment y échapper
Le coiffeur pour femme reste un poste de dépense bien plus élevé que pour les hommes. En 2026, cette réalité agace encore des milliers de clientes à travers la France. Pourtant, des alternatives existent pour contourner ce système tarifaire genré.
Un écart de prix qui atteint 46 % entre hommes et femmes
L’écart de prix moyen entre une coupe homme et une coupe femme s’élève à 46 %. Ce chiffre, loin d’être anodin, représente un vrai fossé économique. La facture dépasse souvent un euro la minute pour la gent féminine.
Du côté masculin, le plafond dépasse rarement cinquante euros. En moyenne, les tarifs restent bien inférieurs. L’association de consommateurs CLCV parle ainsi de « sur-facturation » concernant le coiffeur pour femme.
60 millions de consommateurs incite même à saisir le Défenseur des droits dans les cas les plus extrêmes. Ce sujet dépasse le simple cadre des loisirs pour devenir un enjeu de société.
« Quand on est une fille, la taxe rose commence dès le prix des jouets ! »
La taxe rose s’invite au salon de coiffure
Ce phénomène porte un nom : la taxe rose. Cet écart économique entre hommes et femmes concerne de nombreux produits du quotidien. Les rasoirs en constituent un exemple parlant.
L’autrice et journaliste Titiou Lecoq dénonce ce gender gap depuis plusieurs années. Selon elle, on pousse les femmes à consommer, mais jamais à s’enrichir. Cette pression sociale légitime des tarifs pourtant injustifiés.
- L’écart moyen atteint 46 % en défaveur des femmes
- Le forfait shampoing-coupe-coiffage coûte 20,46 € pour les hommes
- Ce même forfait s’élève à 30,07 € pour les femmes
- Sur 902 salons étudiés, un seul pratique des prix unisexes
- Le Défenseur des droits peut être saisi en cas d’abus
Une enquête du CLCV révèle des chiffres édifiants chez le coiffeur
L’enquête du CLCV a analysé 902 salons en France. Un seul d’entre eux pratiquait des prix unisexes basés sur le temps fourni. Cette différence de tarif peine à trouver une justification valable.
Le forfait « shampoing – coupe – coiffage » coûte en moyenne 20,46 € pour les hommes. Pour les femmes, ce même service atteint 30,07 €. L’écart frôle donc les 47 % selon cette étude.
François Lévêque, professeur d’économie, analyse ce phénomène dans une tribune aux Échos. Il souligne que le consentement à payer des femmes est perçu comme plus élevé. Cette injonction genrée bien implantée permet aux prix exorbitants de perdurer.
Nombreuses sont les clientes à protester contre cette situation. Certaines témoignent même se faire « jeter des salons » quand elles demandent un tarif homme malgré des cheveux courts.
Des témoignages qui illustrent le problème chez le coiffeur
Lucie Bouteila, coiffeuse à Bordeaux, connaît bien cette frustration. Elle raconte avoir payé entre 45 et 50 euros pour une coupe courte pendant des années. Le client d’à côté, avec la même coupe, payait entre 25 et 30 euros.
Cette différence de traitement au salon de coiffure touche toutes les villes de France. Les colorations et techniques ne suffisent pas à expliquer un tel fossé. Le coiffeur pour femme applique souvent des grilles tarifaires basées sur le genre plutôt que sur le service rendu.
Des salons non-genrés émergent en France
Face à ce constat, certains professionnels ont décidé d’agir. Des salons mixtes pratiquent désormais des prix basés sur la longueur des cheveux. Le temps dédié et l’expertise fournie déterminent la facture, pas le sexe du client.
Lucie Bouteila a ouvert son salon Holy Cut à Bordeaux avec cette philosophie. La seule différence de tarif se fait en fonction de la longueur du cheveu et de la technique. Hommes, femmes et personnes transgenres y sont accueillis sans discrimination.
D’autres établissements suivent cette voie à travers la France. Pigments dans l’Hair en Normandie, La baraque à cheveux à Nantes ou La Cour par Clément à Annecy proposent cette approche. Le salon Alexandre Henry à Paris et la chaîne Toni & Guy pratiquent aussi des tarifs non-genrés.
Le coiffeur pour femme nouvelle génération base sa fourchette tarifaire sur des critères objectifs. Plus on coupe, plus on paie : cette logique simple remet l’équité au cœur du métier. Ces initiatives restent minoritaires dans un milieu encore très attaché aux grilles traditionnelles.
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