«Le dermaplaning est dangereux» : une dermatologue tranche sur ces routines tendances qui font débat
En 2026, les gestes beauté du quotidien font plus parler qu’jamais. Entre réseaux sociaux, créatrices de contenu et professionnels aux avis partagés, difficile de savoir quelles routines tendances adopter vraiment. Certains débats concernent la peau, d’autres les cheveux, et les experts eux-mêmes ne s’accordent pas toujours.
Double shampooing, SPF quotidien : ces gestes qui divisent les pros
Le double shampooing est l’une des routines tendances les plus débattues chez les coiffeurs. Beaucoup en recommandent deux : le premier pour retirer les impuretés comme le sébum, la pollution ou les résidus de produits coiffants, et le second pour nettoyer le cuir chevelu en profondeur. Pourtant, d’autres experts estiment qu’un seul suffit, car des nettoyages trop fréquents peuvent irriter le cuir chevelu.
En pratique, il n’existe aucune recommandation formelle. Un seul shampooing bien réalisé suffit dans la plupart des cas : dose adaptée, massage de quelques minutes et rinçage soigneux. On passe à deux uniquement si l’on se lave les cheveux une seule fois par semaine ou si l’on utilise beaucoup de produits coiffants comme la mousse, le gel ou la laque.
La question du SPF quotidien divise aussi. Pour certains professionnels, les conditions météo en France ne justifient pas une protection solaire chaque jour. Pour d’autres, en revanche, le sujet va bien au-delà des coups de soleil : il s’agit aussi de prévenir le vieillissement cutané et de protéger les peaux fragilisées par la rosacée ou l’acné. De plus, les UVA sont présents même en hiver.
Ainsi, dès que l’indice UV dépasse 3 et que l’on prévoit de passer du temps dehors – jardinage, sport ou terrasse – la protection solaire s’impose. Les formules légères d’aujourd’hui, souvent hydratantes ou correctrices, se fondent très bien sous le maquillage.
« Tout d’abord les pathologies qui n’existent pas comme l’acné fongique, les boutons seraient liés à des champignons, je ne connais pas cette pathologie ! Ensuite, il y a la mise en avant de bénéfices improbables. On le voit avec les masques au collagène par exemple. Cette molécule est trop grosse pour pénétrer dans le derme, se substituer à notre propre collagène et le densifier comme on peut l’entendre. C’est un très bon hydratant, ça fait une belle peau au réveil mais c’est tout. Enfin les rituels à la mode inutiles voire dangereux. Je pense par exemple au dermaplaning. Le duvet du visage est là pour protéger la peau, le raser est délétère pour la barrière cutanée. » – Dr Marina Alexandre, dermatologue, consultante scientifique La Roche-Posay
Eau micellaire : faut-il vraiment rincer ?
L’eau micellaire fait partie des rituels beauté tendances les plus répandus, pourtant son usage exact prête à confusion. Ce démaquillant est conçu pour ne pas être rincé, mais de nombreux dermatologues rappellent qu’il peut laisser des résidus sur le visage. En effet, ses micelles – des tensio-actifs – capturent le maquillage, le sébum et les impuretés, mais ces résidus peuvent perturber la barrière cutanée à long terme ou provoquer des irritations sur les peaux sensibles.
En revanche, si l’on a la peau normale, ne pas rincer l’eau micellaire de temps en temps ne pose pas de souci majeur. Au quotidien, surtout avec des formules de maquillage résistantes, mieux vaut doubler le démaquillage avec un gel moussant ou, au minimum, rincer avec un spray d’eau thermale.
Crèmes anti-âge chez les adolescentes et sérums sourcils : attention aux risques
Parmi les routines tendances qui inquiètent le plus les dermatologues, l’usage de crèmes anti-âge par les jeunes filles arrive en tête. Ces soins stimulent la synthèse de collagène et le renouvellement cellulaire, deux actions dont la peau adolescente n’a pas besoin. De plus, en appliquant ces formules, elles risquent d’altérer la barrière cutanée et de favoriser l’apparition de boutons d’acné sur un épiderme déjà souvent déséquilibré.
Par ailleurs, en suivant des créatrices de contenu souvent plus âgées qu’elles, les adolescentes peuvent utiliser des actifs photosensibilisants sans le savoir. Le meilleur réflexe reste une routine simple en 3 étapes : un nettoyage doux le matin, une hydratation adaptée en journée et une protection solaire si nécessaire.
Les sérums pour stimuler la pousse des sourcils sont eux aussi au cœur des débats. Certaines formules contiennent des dérivés de prostaglandines, comme l’isopropyl cloprostenate. Si ces actifs sont efficaces, ils sont aussi associés à des effets secondaires sérieux : assombrissement irréversible de la couleur de l’iris ou perte de graisse accentuant l’apparence des cernes. L’ANSES a publié une mise en garde sur ces risques, soulignant qu’ils ne sont pas toujours clairement mentionnés sur les emballages.
Depuis cette mise en garde, certaines marques ont retiré ces actifs de leurs produits. On reste donc vigilante et on étudie la composition avant tout achat. On peut ainsi se tourner vers des ingrédients reconnus pour leur efficacité, comme les peptides.
- Un seul shampooing suffit dans la majorité des cas, s’il est bien dosé et massé.
- Le SPF s’applique dès que l’indice UV dépasse 3 et qu’on sort à l’extérieur.
- L’eau micellaire gagne à être rincée au quotidien, surtout sur les peaux sensibles.
- Les crèmes anti-âge sont déconseillées aux adolescentes, qui n’ont besoin que d’une routine simple.
- Les sérums sourcils contenant de l’isopropyl cloprostenate présentent des risques signalés par l’ANSES.
La peau s’habitue-t-elle vraiment aux crèmes ?
Cette idée reçue circule beaucoup, pourtant la réponse est claire : faux. La peau se renouvelle tous les 28 jours et ne s’habitue donc pas à un soin. L’impression de moindre efficacité vient de ce que l’on appelle l’effet plateau : on atteint généralement le bénéfice maximal d’un soin au bout de 3 mois. Pour le faire perdurer, il faut simplement continuer à l’utiliser.
Fake news beauté : comment garder un esprit critique face aux gestes à la mode
Les fausses informations beauté se multiplient, portées par des gestes et routines tendances relayés en masse sur les réseaux sociaux. Le Dr Marina Alexandre, dermatologue et consultante scientifique La Roche-Posay, distingue trois grandes catégories : les pathologies qui n’existent pas, les bénéfices improbables et les rituels inutiles voire dangereux. L’acné fongique, par exemple, est une pathologie qu’elle dit ne pas reconnaître.
De même, les masques au collagène sont souvent survalorisés. La molécule de collagène est trop grosse pour pénétrer dans le derme. Elle hydrate bien, mais elle ne peut pas densifier la peau comme certains contenus le laissent entendre. En revanche, cela reste un bon produit hydratant.
Le dermaplaning illustre aussi ces pratiques beauté tendances à risque. Raser le duvet du visage est délétère pour la barrière cutanée, selon la dermatologue. Pourtant, elle ne rejette pas tous les contenus en bloc : elle aide ses patientes à développer leur esprit critique pour mieux les choisir. Des comptes spécialisés existent d’ailleurs pour démentir ces fausses informations et orienter vers des soins adaptés et fondés.
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