Hermès dévoile sa Maison Bond Street à Londres : 17 ans d’attente, 55 pièces et un village signé Foster + Partners

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Le 16 juin 2026, une adresse londonienne longtemps attendue a ouvert ses portes sur l’une des artères les plus prestigieuses du commerce mondial. La maison du Faubourg Saint-Honoré vient de poser un jalon majeur dans le luxe européen, avec une ouverture qui dépasse largement le cadre d’un simple point de vente. Ce projet, mûri sur près de deux décennies, signe une nouvelle étape dans l’histoire de Hermès à Londres.

Dix-sept ans pour bâtir la Maison Bond Street

En 2009, la maison achetait le freehold du 166 New Bond Street pour 73 millions de livres sterling, à l’époque l’un des prix les plus élevés jamais payés pour une propriété sur Bond Street. Il a fallu dix-sept ans pour que ce pari immobilier se transforme en réalité architecturale. Pourtant, chaque année écoulée semble avoir nourri l’ambition du projet.

La Maison Bond Street est désormais le plus grand magasin de la maison en Europe et la sixième Hermès Maison au monde. Ce statut la place dans une catégorie à part, aux côtés des rares adresses qui ne se définissent pas comme des boutiques, mais comme des lieux de vie.

L’ensemble occupe six bâtiments géorgiens classés Grade II : les 165, 166 et 167 New Bond Street, le 16 Grafton Street, ainsi que les 22 et 23 Albemarle Street. Ces bâtiments ont été construits en 1769 par les architectes néoclassiques Sir Robert Taylor et RJ Worley. Pendant plus d’un siècle, ce fut le domaine de la maison Asprey.

« Ce n’est pas un magasin. C’est un village. » – Pierre-Alexis Dumas

Un programme architectural d’exception

L’espace déploie 2 000 mètres carrés sur cinq niveaux, avec 55 pièces aux identités distinctes, quatre escaliers, quatre ascenseurs et deux terrasses en toiture. Ainsi, chaque recoin offre une atmosphère propre, loin de l’uniformité des grands espaces commerciaux. L’architecture intérieure a été confiée à RDAI, Rena Dumas Architecture Intérieure, sous la direction de Denis Montel, partenaire historique de la maison, impliqué sur ce projet depuis 2021.

L’intervention la plus marquante est un atrium central restauré, coiffé d’une verrière en acier et verre conçue par Foster + Partners. Au centre se dresse un escalier en colimaçon en calcaire et verre, dont la main courante est finie en veau. Les visiteurs passent sous une façade de sept mètres de haut, sous une voûte en écho aux six arches des fenêtres. Le sol de l’entrée reprend le motif Faubourg avec l’ex-libris de la maison incrusté.

  • 55 pièces aux identités distinctes réparties sur cinq niveaux
  • 16 métiers représentés : maroquinerie, prêt-à-porter femme et homme, bijouterie, beauté, arts de la table, équitation
  • Un atrium central coiffé d’une verrière signée Foster + Partners
  • Un café et des salons VIP privés accessibles aux clients
  • Plus de 500 œuvres d’art sélectionnées avec l’implication de Pierre-Alexis Dumas

Un village artistique, pas un temple commercial

Ce qui distingue cette Maison des autres grandes ouvertures du luxe mondial, c’est son refus du spectacle commercial. Plus de 500 œuvres d’art ont été sélectionnées avec l’implication de Pierre-Alexis Dumas, dispersées à travers les 55 pièces comme dans une résidence privée. De plus, chaque salle possède son propre caractère, formant une succession de découvertes plutôt qu’un défilé de collections.

Les détails artisanaux sont présents partout : boiseries, cuirs, marbres, tissages, verreries. Ces matières rappellent que la maison au cheval ne vend pas des produits, mais des savoir-faire transmis de génération en génération. Ainsi, la visite s’apparente davantage à un parcours dans une demeure privée qu’à une session de shopping.

Les 16 métiers de la maison sont représentés dans cet espace : maroquinerie, prêt-à-porter femme et homme, bijouterie, beauté, arts de la table et équitation. Un café accueille aussi les visiteurs, tandis que des salons VIP privés sont réservés aux profils clients les plus fidèles.

Continuité pour les clients londoniens

La Maison Bond Street remplace deux adresses existantes : l’ancien magasin du 155 New Bond Street, fermé deux semaines avant l’ouverture, ainsi que la concession Selfridges. Les profils clients des deux adresses ont été transférés automatiquement. Par conséquent, aucun client fidèle ne perd le fil de sa relation avec la maison.

Hermès compte désormais quatre adresses à Londres : la Maison Bond Street, la boutique Sloane Street, la boutique Bluewater et une adresse Edinburgh. Cette présence renforcée dessine une carte londonienne cohérente, au service d’une clientèle aussi locale qu’internationale.

Une ouverture qui marque le retail de luxe en 2026

Dans un secteur où les ouvertures de flagship se multiplient, celle-ci se distingue par sa durée de gestation et son soin du détail. Dix-sept ans de préparation, six bâtiments classés assemblés en un seul lieu, une verrière Foster + Partners, un escalier dont la main courante est finie en veau : chaque choix témoigne d’une exigence rare. En revanche, aucune concession n’a été faite à la rapidité ou à l’effet de mode.

La maison du Faubourg a ainsi construit, au sens propre comme au sens figuré, bien plus qu’un point de vente. L’adresse du 166 New Bond Street, acquise en 2009, est devenue le symbole d’une vision du luxe qui préfère la permanence à l’éphémère. Aussi, cette Maison Bond Street s’impose dès son ouverture comme l’une des références du retail haut de gamme en Europe.

Pour les amateurs de savoir-faire et d’architecture, la Maison Bond Street propose une expérience rare : celle de circuler dans 55 pièces chargées d’art et de matière, au cœur d’un bâtiment géorgien du XVIIIe siècle réinventé pour le XXIe. Par sa seule existence, elle pose une question simple aux autres acteurs du luxe mondial : combien de temps êtes-vous prêts à attendre pour bien faire ?

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